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Électronique AM2 (2ᵉ année) · Chapitre 2

Chapitre 2 — Filtrage d'un signal périodique & stabilité des SLCI

Décomposition en série de Fourier, action d'un filtre passif sur un signal périodique (méthode par superposition), et pourquoi un filtre analogique passif est toujours stable. Cours résumé + les 2 questions du CM résolues, spectre tracé. AM2 · P2030 · Semestre 3 — D. Courtois, 08/09/2026.

Sommaire du chapitre
Cours — Ch2 — Filtrage d'un signal périodique & stabilité des SLCI

1. Décomposition d'un signal périodique en série de Fourier

Tout signal \(u(t)\) périodique de fréquence \(f\) se décompose en une somme discrète de signaux harmoniques de fréquences multiples de \(f\) : c'est son développement en série de Fourier.

\[ u(t)=U_0+\sum_{n=1}^{\infty}C_n\cos(2\pi nft+\varphi_n) =U_0+\sum_{n=1}^{\infty}A_n\cos(2\pi nft)+\sum_{n=1}^{\infty}B_n\sin(2\pi nft) \]
Interprétation Les harmoniques de faible rang renseignent sur l'allure générale du signal ; ceux de rang élevé décrivent ses variations brutales (fronts, angles).

Spectre d'amplitude en fréquences

Il donne les amplitudes \(C_n\) des composantes en fonction de leur fréquence, sous forme d'un diagramme en bâtons : rang \(n\) (ou fréquence \(nf\)) en abscisse, \(|C_n|\) en ordonnée. Les phases \(\varphi_n\) n'y figurent pas (elles relèvent d'un spectre de phase, rarement tracé ici).

Oscilloscope — FFT Certains oscilloscopes numériques calculent le spectre via la Fast Fourier Transform. Les amplitudes affichées sont souvent en décibels : \(\;A_n=20\log_{10}(C_n)\).

Spectres des signaux périodiques usuels

En plus d'une éventuelle composante continue \(U_0\) (signaux non symétriques) :

SignalContenu harmoniqueLoi des amplitudes
Sinusoïdalfondamental seul\(C_1\) seul
Triangulaireharmoniques impairs\(C_n=\dfrac{C_1}{n^2}\)
Créneauharmoniques impairs\(C_n=\dfrac{C_1}{n}\)
À retenir Le triangle décroît en \(1/n^2\) (spectre qui s'éteint vite ⇒ signal « doux ») ; le créneau décroît en \(1/n\) (spectre riche ⇒ fronts raides). Signal non périodique ⇒ somme continue (intégrale) de sinusoïdes.

2. Action d'un filtre analogique passif sur un signal périodique

Méthode (superposition) — réponse d'un SLCI à un forçage périodique
  1. Décomposer le forçage en Fourier : \(\;e(t)=E_0+\displaystyle\sum_{n=1}^{\infty}E_n\cos(\omega_n t+\varphi_{en})\).
  2. Appliquer la FTH à chaque composante (même fréquence en sortie) : \[ S_n=|\underline H(\omega_n)|\,E_n\ ,\qquad \varphi_{sn}=\varphi_{en}+\arg\underline H(\omega_n). \]
  3. Recombiner : \(\;s(t)=S_0+\displaystyle\sum_{n=1}^{\infty}S_n\cos(\omega_n t+\varphi_{sn})\).
Possible grâce à la linéarité (principe de superposition) des filtres analogiques passifs.
Remarque importante Le spectre de \(s(t)\) peut « perdre » des harmoniques présentes dans \(e(t)\) là où \(|\underline H(\omega_n)|\to0\). En revanche il ne peut jamais en « gagner » de nouvelles… sauf si le système est non linéaire.

3. Stabilité : un filtre analogique passif est toujours stable

3.1 · Définition

La solution générale de l'ED (réponse en régime transitoire) s'écrit \(\;s(t)=s_h(t)+s_p(t)\) :

Système stable Une entrée \(e(t)\) bornée donne une sortie \(s(t)\) bornée (qui ne diverge pas). Comme \(s_p\) est bornée dès que \(e\) l'est, la stabilité ne dépend que de \(s_h\) : les critères ne portent que sur le membre de gauche de l'ED (les coefficients de \(s\)). En pratique : \[ \text{stable}\ \Longleftrightarrow\ s_h\ \text{bornée}\ \Longleftrightarrow\ \lim_{t\to\infty}s_h(t)=0. \] C'est ce qui légitime la méthode du §2 (RSF) : au bout d'un temps assez long, \(s(t)=s_p(t)\).

3.2 · Conditions de stabilité

Règle. Un SLCI d'ordre 1 ou 2 est stable ssi ses coefficients \(D_i\) (du membre de gauche) sont de même signe.

Système du 1ᵉʳ ordre

\[ D_0 s_h+D_1\frac{ds_h}{dt}=0 \ \Longleftrightarrow\ s_h(t)=A\,e^{-D_0 t/D_1} \]

\(\displaystyle\lim_{t\to\infty}s_h=0\) ssi \(\dfrac{D_0}{D_1}>0\), c.-à-d. \(D_0\) et \(D_1\) de même signe.

Système du 2ᵈ ordre

\[ D_0 s_h+D_1\frac{ds_h}{dt}+D_2\frac{d^2s_h}{dt^2}=0 \ \to\ D_2r^2+D_1r+D_0=0\ ,\quad \Delta=D_1^2-4D_0D_2 \]
Cas\(s_h(t)\)\(\lim_{t\to\infty}s_h=0\) ssi
\(\Delta>0\) \(A e^{r_+t}+B e^{r_-t}\), \(r_\pm=\dfrac{-D_1\pm\sqrt\Delta}{2D_2}\) \(r_++r_-=-\tfrac{D_1}{D_2}<0\) et \(r_+r_-=+\tfrac{D_0}{D_2}>0\)
\(\Delta=0\) \((At+B)e^{rt}\), \(r=\dfrac{-D_1}{2D_2}\) \(r<0\) (et \(D_1^2=4D_0D_2\))
\(\Delta<0\) \(\big[A\cos(\tfrac{\sqrt{-\Delta}}{2D_2}t)+B\sin(\cdots)\big]e^{-D_1 t/2D_2}\) \(-\tfrac{D_1}{2D_2}<0\) et \(\tfrac{D_0}{D_2}>0\)

Dans les trois cas, la condition revient à : \(D_2,\ D_1,\ D_0\) de même signe.

Conclusion. Pour un filtre analogique passif, tous les \(D_i>0\) (issus de \(R,L,C\) positifs) : ils sont donc toujours de même signe. Un filtre analogique passif est toujours stable.

4. Questions du cours — résolues

✏️ Q1 — Spectre d'un créneau symétrique (\(f=100\) Hz, \(U_{max}=12\) V, \(C_1=15\) V) sur \([0-1\ \text{kHz}]\)

Créneau symétrique ⇒ pas de composante continue (\(U_0=0\)) et uniquement des harmoniques impairs avec \(C_n=\dfrac{C_1}{n}\). (Rappel : pour un créneau d'amplitude \(U_{max}\), \(C_1=\dfrac{4U_{max}}{\pi}=\dfrac{4\times12}{\pi}\approx15\) V.)

Sur \([0-1\ \text{kHz}]\), les rangs impairs sont \(n=1,3,5,7,9\) (soit \(100,300,500,700,900\) Hz) :

rang \(n\)13579
\(f=nf_0\) (Hz)100300500700900
\(C_n=15/n\) (V)1553≈2,14≈1,67
f (Hz)Cₙ (V)0510150200400600800100015V5V3V2.14V1.67VSpectre du créneau symétrique — f=100 Hz, C₁=15 V
Spectre d'amplitude en bâtons : décroissance en \(1/n\), harmoniques pairs absents.
✏️ Q2 — Modification du spectre pour chaque sortie (passe-bas / passe-haut)

D'après le §2, chaque raie est multipliée par \(|\underline H(nf)|\). Le filtre ne peut qu'atténuer des raies existantes, jamais en créer.

Entrée : créneau
Sortie passe-bas : arrondi
Sortie passe-haut : pics

Sortie d'un passe-bas

\(|\underline H|\) décroît avec la fréquence : les hautes harmoniques sont atténuées, le fondamental passe. Le signal temporel est arrondi (les fronts raides, portés par les rangs élevés, disparaissent).

f (Hz)Cₙ (V)05101502004006008001000|H(f)|13.93.21.30.70.4Sortie passe-bas : Sₙ=|H(nf)|·Cₙ (fc≈250 Hz)
Spectre de sortie passe-bas : bâtons d'origine (gris) rabotés côté HF ; \(S_n=|H(nf)|\,C_n\).

Sortie d'un passe-haut

\(|\underline H|\) croît depuis 0 : le fondamental et les bas rangs sont atténués, les hautes harmoniques ressortent. Il ne reste que les variations brutales : des pics aux transitions du créneau.

f (Hz)Cₙ (V)05101502004006008001000|H(f)|2.52.21.91.61.4Sortie passe-haut : Sₙ=|H(nf)|·Cₙ (fc≈600 Hz)
Spectre de sortie passe-haut : les basses raies s'effondrent, les hautes subsistent.
Idée clé Un filtre sculpte le spectre en multipliant chaque raie par \(|\underline H(nf)|\) : passe-bas ⇒ « lisse » (garde l'allure générale), passe-haut ⇒ « dérive » (garde les fronts).
TD2 corrigé — TD2 — filtrage d'un signal périodique, corrigé complet

Les 5 exercices du TD2 corrigés un par un. Pour chacun, l'énoncé (photo) est placé juste au-dessus de sa correction détaillée pas à pas : lecture de spectres, filtre linéaire vs non linéaire, dérivateur/intégrateur, passe-bande résonant (Q, H₀, ω₀) et réponse d'un circuit RC à un signal triangulaire. AM2 · P2030 · Semestre 3 — D. Courtois.

Outil clé de tout le TD Un filtre linéaire (passif ou actif linéaire) ne fait qu'atténuer ou garder les harmoniques déjà présents dans l'entrée : son spectre de sortie est un sous-ensemble du spectre d'entrée. Il peut perdre des raies mais jamais en créer de nouvelles. Créer de nouvelles fréquences ⟹ système non linéaire. (Cf. cours §2, « le spectre de s(t) ne peut pas gagner d'harmonique sauf si le système est non linéaire ».)
Ex 1 — Spectres de réponses de systèmes variés V : 19.1 · H : E1.4
Énoncé Exercice 1 — spectre d'entrée e(t) à x=1,2,3,4 et trois spectres de sortie
Énoncé (TD2, D. Courtois) — entrée e(t) : raies à x = 1,2,3,4 ; sorties (1), (2), (3)
Données \(x=f/f_1\), \(f_1=1\text{ kHz}\). Le spectre d'entrée \(e(t)\) a 4 raies en \(x=1,2,3,4\), de hauteurs décroissantes (≈ \(1\,;\,0{,}8\,;\,0{,}6\,;\,0{,}4\) en lecture sur l'énoncé). Les trois filtres reçoivent ce même \(e(t)\).
entrée e(t)sortie (1)sortie (3) 1234 23456 raies en 5 et 6 : absentes de e(t) ! 1234 (3) : x=4 coupé ⟹ passe-bas
Schéma de lecture : entrée (bleu), sortie (1) avec raies en x=5 et 6 (rouge), sortie (3) passe-bas (vert).

1) Quel est le filtre non linéaire ?

Règle : un filtre linéaire ne peut sortir que des fréquences déjà présentes dans l'entrée, soit des raies en \(x=1,2,3,4\) uniquement.

  • Sortie (2) : raies en \(x=2,3,4\) ⟹ sous-ensemble de l'entrée ✔.
  • Sortie (3) : raies en \(x=1,2,3\) ⟹ sous-ensemble de l'entrée ✔.
  • Sortie (1) : raies en \(x=2,3,4,\mathbf{5,6}\) ⟹ les raies \(x=5\) et \(x=6\) n'existent pas dans \(e(t)\) ✘.
Le filtre (1) est non linéaire : il crée des fréquences (5 et 6 kHz) absentes de l'entrée.

2) Caractériser les filtres linéaires, ordre de grandeur de \(f_c\)

On compare, raie par raie, sortie / entrée : le gain \(|H(x)|\) est le rapport des hauteurs (l'entrée vaut \(1\,;0{,}8\,;0{,}6\,;0{,}4\)).

Filtre (2) : la raie \(x=1\) est supprimée, la raie \(x=2\) est nettement atténuée, puis le gain est maximal et ≈ constant en \(x=3\) et \(x=4\) (la raie en 4 n'est pas plus atténuée que celle en 3 alors que l'entrée décroît). Les basses fréquences sont coupées, les hautes passent.

(2) = passe-haut, \(f_c\) de l'ordre de 2 à 3 kHz (gain ≈ moitié du maximum en \(x=2\)).

Filtre (3) : la raie \(x=1\) est gardée à fort niveau, \(x=2\) un peu atténuée, \(x=3\) très atténuée et \(x=4\) éliminée : les hautes fréquences sont coupées.

(3) = passe-bas, \(f_c\) de l'ordre de 2 kHz (le gain passe vers 0,7 autour de \(x\approx2\)).
Piège Sur un spectre de raies on ne lit pas \(f_c\) précisément : on l'encadre entre la dernière raie transmise et la première coupée. Les hauteurs sont lues qualitativement.
Ex 2 — Détermination d'un filtre avec des e(t) différents d'après H : E1.6
Énoncé Exercice 2 — entrée triangulaire, sorties à 50 Hz (créneau) et 10 kHz (triangle)
Énoncé (TD2) — même filtre du 1ᵉʳ ordre, entrée triangulaire 1 V à 50 Hz puis 10 kHz
Lecture des oscillogrammes Entrée : triangle d'amplitude 1 V (crête), fréquence variable.
  • À 50 Hz : la sortie est un créneau (période 20 ms) d'amplitude ≈ 0,065 V (très faible).
  • À 10 kHz : la sortie est un triangle d'amplitude ≈ 1 V (≈ l'entrée).

1) Type de filtre

À basse fréquence (50 Hz) la sortie est très atténuée ; à haute fréquence (10 kHz) elle passe sans atténuation (\(s\approx e\)). Le gain croît avec la fréquence : c'est un passe-haut du 1ᵉʳ ordre.

Confirmation par la forme : à basse fréquence la sortie est la dérivée de l'entrée. Or la dérivée d'un triangle (pentes constantes ±) est un créneau — c'est exactement ce qu'on observe à 50 Hz. Un passe-haut du 1ᵉʳ ordre se comporte en dérivateur bien en dessous de sa coupure : \(s = \tau\,\dfrac{de}{dt}\) avec \(\tau=RC\).

entrée : triangle sortie BF (dérivée) : créneau →
Filtre passe-haut (CR, dérivateur) du 1ᵉʳ ordre.

2) Estimation de la fréquence caractéristique \(f_c=\dfrac{1}{2\pi RC}\)

En régime dérivateur (50 Hz), l'amplitude du créneau de sortie vaut \(RC\times\) la pente du triangle. Le triangle d'amplitude crête \(V_m=1\text{ V}\) balaie \(2V_m=2\text{ V}\) en une demi-période \(T/2\), d'où une pente

\[ \left|\frac{de}{dt}\right| = \frac{2V_m}{T/2}=4V_m f = 4\times 1\times 50 = 200\ \text{V/s}. \]

L'amplitude du créneau observé étant \(S\approx 0{,}065\text{ V}\) :

\[ S = RC\left|\frac{de}{dt}\right| \;\Rightarrow\; RC=\frac{0{,}065}{200}\approx3{,}3\times10^{-4}\ \text{s} \;\Rightarrow\; f_c=\frac{1}{2\pi RC}\approx 4{,}9\times10^{2}\ \text{Hz}. \]
\(f_c \approx 0{,}5\text{ kHz}\) (quelques centaines de Hz). Cohérent : 50 Hz \(\ll f_c\) (dérivateur, sortie minuscule) et 10 kHz \(\gg f_c\) (\(|H|\approx1\), la sortie recopie l'entrée).
Ex 3 — Détermination de filtres avec un même e(t) H : E1.5
Énoncé Exercice 3 — entrée rectangulaire et 5 signaux de sortie
Énoncé (TD2) — entrée rectangulaire (v_e) et 5 signaux de sortie (v_s1 … v_s5)
Décomposition de l'entrée \(e(t)\) est un signal rectangulaire : il contient une composante continue (BF), un fondamental à \(f_0\), et des harmoniques élevés responsables des fronts raides / discontinuités (HF). Chaque filtre agit sélectivement sur ces trois « zones ».

1) Tableau des effets généraux de chaque type de filtre

Type de filtreBF — composante continueautour de f₀ — fondamentalHF — discontinuités (fronts)
Passe-bastransmise ✔transmis ✔coupées ✘ (fronts arrondis)
Passe-hautcoupée ✘transmis ✔transmises ✔ (fronts raides)
Passe-bande bande largecoupée ✘transmis ✔transmises ✔ (large bande)
Passe-bande sélectifcoupée ✘transmis ✔ (seul)coupées ✘
Coupe-bande (réjecteur)transmise ✔coupé ✘transmises ✔

Lecture : passe-bas = garde le bas (DC + f₀), lisse ; passe-haut = enlève le DC, garde les fronts ; bande large = enlève DC et le tout-haut, garde une large plage ; sélectif = ne garde que f₀ (⟹ sinusoïde) ; coupe-bande = enlève seulement f₀, garde DC et fronts.

2) Signal 1 = passe-bande à bande large, et affectation des signaux 2 à 5

Signal 1 — passe-bande à bande large (à montrer)

Le signal 1 oscille autour de 0 (⟹ pas de composante continue : le DC est coupé) tout en gardant des fronts raides (⟹ HF transmises) et une allure globale de créneau (⟹ fondamental transmis). Le léger affaissement (droop) des plateaux traduit la perte des toutes basses fréquences. DC coupé + fondamental + large bande d'harmoniques ⟹ c'est bien la signature d'un passe-bande à bande large. ✔

Signaux 2 à 5 — par élimination via le tableau

SignalCe qu'on observeDCf₀HF⟹ Filtre
Signal 2bosses arrondies, positives (0,2→1,8), aucun front✔✔✘Passe-bas
Signal 3sinusoïde propre centrée sur 0 (±0,8)✘✔ seul✘Passe-bande sélectif
Signal 4créneau centré sur 0, plateaux qui s'affaissent vers 0✘✔✔Passe-haut
Signal 5ligne de base ≈ 1 (DC gardé) + pics étroits aux fronts✔✘✔Coupe-bande
Signal 1 → passe-bande à bande large · Signal 2 → passe-bas · Signal 3 → passe-bande sélectif · Signal 4 → passe-haut · Signal 5 → coupe-bande.
Clés de lecture Une bosse arrondie sans front = passe-bas ; une sinusoïde pure = passe-bande sélectif ; des pics fins = dérivation = présence de HF ; une ligne de base ≠ 0 = le continu (DC) a été transmis (⟹ passe-bas ou coupe-bande, pas un passe-haut ni un passe-bande).
Ex 4 — Filtrage d'un signal sonore — passe-bande résonant V : 19.5 · H : E1.7
Énoncé Exercice 4 — passe-bande H0/(1+jQ(x-1/x)), deux oscillogrammes
Énoncé (TD2) — filtre passe-bande \(\underline H = H_0/(1+jQ(x-1/x))\), \(x=\omega/\omega_0\), deux expériences
Le filtre \[ \underline H = \frac{H_0}{1+jQ\left(x-\dfrac1x\right)}\ ,\qquad x=\frac{\omega}{\omega_0}. \] Passe-bande du 2ᵈ ordre : gain maximal \(H_0\) en \(x=1\), facteur de qualité \(Q\). Entrée : \(v_e(t)=V_0\!\left(\tfrac12+\tfrac{2}{\pi}\sum_k \tfrac{1}{2k+1}\sin((2k+1)\omega_1 t)\right)\) : continu \(V_0/2\), fondamental d'amplitude \(\tfrac{2V_0}{\pi}\), harmoniques impairs en \(\tfrac{2V_0}{(2k+1)\pi}\).

1) Pourquoi pas de composante continue en sortie ?

Le continu est à \(\omega=0\) (\(x=0\)) : \(\left|\underline H\right|=\dfrac{H_0}{\sqrt{1+Q^2(x-1/x)^2}}\to0\) quand \(x\to0\).

Gain nul en continu ⟹ la composante \(V_0/2\) est bloquée : \(v_s\) est centrée sur 0. (Vrai dans les 2 expériences, quelle que soit \(\omega_1\).)

2) 1ʳᵉ expérience : sortie quasi sinusoïdale, que prédire sur \(Q\) ?

Augmenter ou diminuer légèrement la fréquence fait baisser l'amplitude de \(v_s\) : on est au maximum de la courbe de résonance, donc le fondamental de \(v_e\) est à \(\omega_1=\omega_0\) (\(x=1\), gain \(H_0\)). Les harmoniques de rang 3, 5… sont à \(x=3,5,\dots\), loin de la résonance : leur gain est \(\dfrac{H_0}{\sqrt{1+Q^2(x-1/x)^2}}\) (en \(x=3\) : \(\approx\dfrac{H_0}{2{,}7\,Q}\)). Si \(Q\) est grand, ils sont fortement atténués ⟹ il ne reste que le fondamental : sinusoïde.

On prédit un filtre sélectif : \(Q\) grand (\(Q\gtrsim\) quelques unités).
|H| x=ω/ω₀ (échelle log) exp.1 : x=1, gain H₀ exp.2 : x=10, pente −1 ⟹ intégrateur
Gain du passe-bande : pic en x=1, décroissance en 1/x pour x≫1.

3) \(\omega_0\) et \(H_0\) (1ʳᵉ expérience)

Lecture de la période. Base de temps 50 µs/carreau. L'oscillogramme fait 10 carreaux de large et contient 2 périodes : les fronts montants du créneau sont aux carreaux 0 et 5, donc une période = 5 carreaux.

\[ T=5\times50\ \mu\text{s}=250\ \mu\text{s}\ \Rightarrow\ f_0=f_1=\frac1T=4\ \text{kHz} \ \Rightarrow\ \boxed{\ \omega_0=\frac{2\pi}{T}\approx 2{,}5\times10^{4}\ \text{rad/s}\ } \]

Gain \(H_0\). Voie 1 (créneau, 0,5 V/carreau) : le créneau fait 2 carreaux de haut ⟹ \(V_0=1\ \text{V}\). Le fondamental de \(v_e\) a donc l'amplitude \(\dfrac{2V_0}{\pi}=0{,}64\ \text{V}\). Voie 2 (2 V/carreau) : la sinusoïde monte de 3 carreaux au-dessus de l'axe ⟹ amplitude \(S_1=6\ \text{V}\). À la résonance \(S_1=H_0\cdot\dfrac{2V_0}{\pi}\) :

\[ \boxed{\ H_0=\frac{S_1}{2V_0/\pi}=\frac{6}{0{,}64}=3\pi\approx 9{,}4\ } \]
Piège Ne pas lire \(H_0=S_1/V_0\) : à la résonance seul le fondamental du créneau (amplitude \(2V_0/\pi\), pas \(V_0\)) est transmis. \(H_0>1\) ⟹ filtre actif.

4) 2ᵉ expérience : dérivateur ou intégrateur ?

Base de temps 5 µs/carreau et une période = 5 carreaux ⟹ \(T=25\ \mu\text{s}\), \(f_1=40\text{ kHz}\), \(\omega_1=2{,}5\times10^5\text{ rad/s}=10\,\omega_0\) : \(x=10\gg1\), bien au-dessus de la résonance. La sortie est un triangle : sur l'oscillogramme elle monte quand le créneau est haut et descend quand il est bas, c'est l'intégrale du créneau.

Le filtre se comporte en intégrateur.

5) Expression approchée de \(\underline H\) pour \(x\gg1\)

\(x-1/x\approx x\) et \(Qx\gg1\) :

\[ \underline H\approx\frac{H_0}{jQx}=\frac{H_0\,\omega_0}{Q}\cdot\frac{1}{j\omega}. \]
C'est la FTH d'un intégrateur de constante \(K=\dfrac{H_0\omega_0}{Q}\) : \(v_s(t)=K\!\int v_e\,dt\) (gain en \(1/\omega\), phase −90°). ✔ cohérent avec la question 4.

6) Rapport \(\dfrac{\omega_0H_0}{Q}\) puis \(Q\)

Lectures : voie 1 (2 V/carreau) : créneau de 2 carreaux ⟹ \(V_0=4\ \text{V}\) ; sa partie alternative vaut \(\pm V_0/2=\pm2\ \text{V}\) (le continu est bloqué). Voie 2 (0,2 V/carreau) : triangle de 6 carreaux crête à crête ⟹ \(\Delta v_s=1{,}2\ \text{V}\) en une demi-période \(T/2=12{,}5\ \mu\text{s}\).

Intégrateur sur la demi-période où \(v_e^{AC}=+V_0/2\) :

\[ \Delta v_s = K\cdot\frac{V_0}{2}\cdot\frac T2 \ \Rightarrow\ K=\frac{\omega_0H_0}{Q}=\frac{1{,}2}{2\times12{,}5\times10^{-6}}=4{,}8\times10^{4}\ \text{s}^{-1}. \] \[ Q=\frac{\omega_0H_0}{K}=\frac{2{,}5\times10^{4}\times9{,}4}{4{,}8\times10^{4}}\ \Rightarrow\ \boxed{\ Q\approx 5\ } \]
\(\dfrac{\omega_0H_0}{Q}\approx4{,}8\times10^4\ \text{rad/s}\) et \(Q\approx5\) : filtre sélectif, ce qui confirme la prédiction de la question 2.
Ex 5 — Réponses en f d'un circuit RC H : E1.8
Énoncé Exercice 5 — entrée triangulaire, circuit RC (C série, R vers masse), sortie s
Énoncé (TD2) — entrée triangulaire \(e(t)\), circuit RC (C en série, R vers la masse), sortie \(s\)
Le circuit \(e\) → condensateur \(C\) en série → nœud de sortie → résistance \(R\) vers la masse, \(s\) pris aux bornes de \(R\) : c'est un passe-haut CR du 1ᵉʳ ordre. \[ \underline H=\frac{jRC\omega}{1+jRC\omega}\ ,\qquad \omega_c=\frac{1}{RC}. \] L'entrée triangulaire vaut \(e(t)=e_{moy}+E\!\left[\cos\omega t+\dfrac{\cos3\omega t}{3^2} +\dfrac{\cos5\omega t}{5^2}+\cdots\right]\) : continu \(e_{moy}\), fondamental \(E\), harmoniques impairs en \(E/n^2\).

1) Spectre d'amplitude de \(e(t)\) ; spectre de phase ?

Raies aux harmoniques impairs \(f_0,3f_0,5f_0,\dots\) de hauteurs \(E/n^2\) (\(E,\;E/9,\;E/25,\;E/49\dots\)), plus le continu \(e_{moy}\) à \(f=0\). Décroissance rapide en \(1/n^2\) (typique du triangle).

Cₙ f e_moy f₀ E 3f₀ E/9 5f₀ E/25 7f₀ décroissance en 1/n²
Spectre d'amplitude de l'entrée triangulaire (échelle : E = 190 px).
Spectre de phase : \(e(t)\) est pair (que des \(\cos\), tous en \(+\)), donc toutes les phases sont nulles : le spectre de phase est plat (φₙ = 0).

2) Allure de la sortie selon \(\omega\)

a) \(\omega \ll 1/RC\) (tous les harmoniques bien sous la coupure)

Le passe-haut se comporte en dérivateur : \(s\approx RC\,\dfrac{de}{dt}\). La dérivée d'un triangle est un créneau ; de plus le continu \(e_{moy}\) est bloqué.

Sortie ≈ créneau (rectangulaire) centré sur 0, de faible amplitude (\(\propto RC\omega\)).

b) \(\omega \gg 1/RC\) (tous les harmoniques bien au-dessus)

\(|\underline H|\to1\) et la phase → 0 : le filtre recopie l'entrée, sauf le continu qui reste coupé.

Sortie ≈ le triangle d'entrée, débarrassé de sa composante continue (centré sur 0), à pleine amplitude.

c) \(\omega = 1/2RC\) : amplitudes des harmoniques jusqu'au rang 5, spectre de \(s(t)\)

Ici \(RC\omega=\tfrac12\) pour le fondamental. Pour l'harmonique de rang \(n\), \(RC(n\omega)=n/2\), et le gain passe-haut vaut \(|\underline H_n|=\dfrac{n/2}{\sqrt{1+(n/2)^2}}\). L'amplitude de sortie est \(S_n=|\underline H_n|\times \dfrac{E}{n^2}\).

rang nRCnω = n/2gain |Hₙ|ampl. entréeampl. sortie Sₙ
0 (DC)00e_moy0 (bloqué)
10,50,447E0,447 E
31,50,832E/90,0924 E
52,50,928E/250,0371 E

Détail du fondamental : \(|\underline H_1|=\dfrac{0{,}5}{\sqrt{1+0{,}25}}=0{,}447\), donc \(S_1=0{,}447\,E\). De même \(S_3=0{,}832\cdot E/9=0{,}0924\,E\) et \(S_5=0{,}928\cdot E/25=0{,}0371\,E\).

Sₙ f ✘ DC=0 f₀ 0,447E 3f₀ 0,092E 5f₀ 0,037E le fondamental domine encore, mais les harmoniques sont relativement rehaussés
Spectre de sortie à ω = 1/2RC (même échelle E = 190 px que l'entrée).
Observation : le continu est supprimé (\(S_0=0\)) et le fondamental domine toujours (\(0{,}447E\)) : la sortie ressemble à une sinusoïde légèrement déformée, centrée sur 0. Par rapport à l'entrée triangulaire (rapports \(1:0{,}111:0{,}04\)), le passe-haut rehausse relativement les harmoniques (rapports de sortie \(1:0{,}207:0{,}083\)) — effet attendu d'un passe-haut.

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