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Électronique AM2 (2ᵉ année) · Chapitre 1

Chapitre 1 — Filtres analogiques passifs

Système Linéaire Continu Invariant (SLCI), description temporelle par équation différentielle et description fréquentielle par fonction de transfert harmonique (FTH). Cours complet, 5 questions résolues pas à pas, diagramme de Bode interactif (passe-bande RLC) et TP1 corrigé. AM2 · P2030 · Semestre 3 — cours de D. Courtois.

Sommaire du chapitre
Cours — Ch1 — Rappels sur les filtres analogiques passifs

1. Résumé de cours — le SLCI

1.1 Le filtre analogique passif, un exemple de SLCI

Un filtre est un système qui transforme un signal d'entrée (ou forçage) \(e(t)\) en un signal de sortie (ou réponse) \(s(t)\), cette transformation dépendant en général de la fréquence. En électronique, \(e\) et \(s\) sont le plus souvent des tensions \(u\) (en V), plus rarement des intensités \(i\) (en A).

Les filtres analogiques passifs sont des quadripôles constitués de dipôles linéaires passifs \(R,\,L,\,C\). Leurs lois de comportement \(u=f(i)\) sont régies par des équations différentielles linéaires à coefficients constants. « Passif » ⇒ la puissance moyenne en sortie est toujours \(\le\) la puissance moyenne en entrée (pas d'apport d'énergie).

À situer Plus tard : filtres actifs (avec ALI / ampli-op, composants alimentés) et filtres numériques (opérations mathématiques sur des signaux discrets, après conversion analogique→numérique).
Définition — les 3 propriétés d'un SLCI
  • Linéaire — vérifie le théorème de superposition : si \(e_1\!\to\!s_1\) et \(e_2\!\to\!s_2\), alors \(e=K_1e_1+K_2e_2 \;\to\; s=K_1s_1+K_2s_2\).
  • Continu — les grandeurs sont des fonctions continues du temps (= analogique).
  • Invariant — comportement inchangé dans le temps (\(\forall t\), même \(s(t)\) pour un même \(e(t)\)).

1.2 Description temporelle : une ED linéaire à coefficients constants

Un montage \(R,L,C\) est un SLCI décrit par l'équation différentielle générale :

\[ D_0\,s + D_1\frac{ds}{dt} + \cdots + D_n\frac{d^{\,n}s}{dt^{\,n}} \;=\; N_0\,e + N_1\frac{de}{dt} + \cdots + N_m\frac{d^{\,m}e}{dt^{\,m}} \]

\(n\) est l'ordre du filtre (ordre maximal des dérivées présentes).

Méthode — établir l'ED d'un montage Utiliser en alternance les lois de Kirchhoff (nœuds, mailles) et les lois de comportement des dipôles. À chaque étape, on remplace les grandeurs inconnues / sans intérêt par les grandeurs connues / intéressantes ; on dérive si besoin pour supprimer les intégrales.

1.3 Description fréquentielle : la fonction de transfert harmonique (FTH)

À un signal sinusoïdal \(u(t)=U_m\cos(\omega t+\varphi)\) on associe la notation complexe \(\underline{u}=U_m e^{\,j(\omega t+\varphi)}\), avec \(u(t)=\mathcal{R}e(\underline{u})\) et l'amplitude complexe \(\underline{U}=U_m e^{\,j\varphi}\).

Propriété — isomorphisme des systèmes linéaires Si l'entrée \(e(t)\) d'un SLCI est sinusoïdale, la sortie \(s(t)\) en régime permanent l'est aussi, de même pulsation \(\omega\), mais d'amplitude et de phase a priori différentes.

La réponse est entièrement décrite par la fonction de transfert harmonique :

\[ \underline H=\frac{\underline s}{\underline e}=\frac{\underline S}{\underline E} \qquad\Longrightarrow\qquad |\underline H|=\frac{S_m}{E_m}\ \text{(gain)}\ ,\qquad \arg(\underline H)=\Delta\varphi=\varphi_s-\varphi_e\ \text{(déphasage)} \]
Méthode — établir la FTH Exprimer les impédances (ou admittances) équivalentes des portions série / parallèle, puis appliquer un pont diviseur de tension.

Rappels : \(\ \underline Z_R=R\ ,\quad \underline Z_L=jL\omega\ ,\quad \underline Z_C=\dfrac{1}{jC\omega}\).

Formes canoniques à reconnaître

Avec la pulsation réduite \(x=\dfrac{\omega}{\omega_0}\), gain statique \(H_0\) et facteur de qualité \(Q\) :

Type de filtreFTH canonique
Passe-bas 1ᵉʳ ordre\(\displaystyle H_0\,\frac{1}{1+jx}\)
Passe-haut 1ᵉʳ ordre\(\displaystyle H_0\,\frac{jx}{1+jx}\)
Passe-bas 2ᵈ ordre\(\displaystyle H_0\,\frac{1}{1+j\frac{x}{Q}-x^2}\)
Passe-bande 2ᵈ ordre \(\displaystyle H_0\,\frac{j\frac{x}{Q}}{1+j\frac{x}{Q}-x^2} \;=\;H_0\,\frac{1}{1+jQ\!\left(x-\frac1x\right)}\)
Passe-haut 2ᵈ ordre \(\displaystyle H_0\,\frac{-x^2}{1+j\frac{x}{Q}-x^2} \;=\;H_0\,\frac{jQx}{1+jQ\!\left(x-\frac1x\right)}\)

Diagrammes de Bode

1.4 Passage temporel ↔ fréquentiel

En régime sinusoïdal, dériver revient à multiplier par \(j\omega\) : \(\ \dfrac{d}{dt}\leftrightarrow \times\, j\omega\). En posant \(p=j\omega\) on obtient la fonction de transfert opérationnelle. L'ED devient une équation polynomiale :

\[ D_0\,\underline s+(j\omega)D_1\underline s+\cdots+(j\omega)^nD_n\underline s =N_0\,\underline e+(j\omega)N_1\underline e+\cdots+(j\omega)^mN_m\underline e \] \[ \underline H=\frac{\underline s}{\underline e} =\frac{N_0+(j\omega)N_1+\cdots+(j\omega)^mN_m}{D_0+(j\omega)D_1+\cdots+(j\omega)^nD_n} \]
À retenir Un système dont la FTH est un quotient de deux polynômes en \(j\omega\) est un SLCI. Le numérateur ↔ termes en \(e\), le dénominateur ↔ termes en \(s\).

2. Questions du cours — résolues pas à pas

Toutes les questions portent sur le même montage : une résistance \(R\) en série, puis un condensateur \(C\) et une bobine \(L\) en parallèle (« bouchon » \(LC\)) reliés à la masse ; la sortie \(s\) est prise aux bornes de ce dipôle parallèle.

R C L e s
Montage étudié — \(R\) série + tank \(C\!\parallel\!L\), sortie \(s\) aux bornes du parallèle.
✏️ Q1 — Coefficients de l'ED \((D_0,D_1,D_2,N_0,N_1)\) ♦♦

Retrouver le jeu de coefficients de l'ED du montage ci-dessus.

1) Cadre et notations

On note \(s\) la tension de sortie (aux bornes du parallèle \(C\parallel L\), donc aussi la tension commune à \(C\) et \(L\)). Le courant qui sort de \(R\) se partage entre la branche capacitive \(i_C\) et la branche inductive \(i_L\).

2) Loi des nœuds

Le courant dans \(R\) vaut \(i_R=\dfrac{e-s}{R}\). Au nœud de sortie :

\[ i_R=i_C+i_L \qquad\Longrightarrow\qquad \frac{e-s}{R}=i_C+i_L \]

3) Lois de comportement des dipôles

On remplace les intensités par des tensions (la grandeur intéressante) :

\[ i_C=C\,\frac{ds}{dt}\ ,\qquad s=L\,\frac{di_L}{dt}\Rightarrow i_L=\frac1L\!\int s\,dt \] \[ \frac{e-s}{R}=C\frac{ds}{dt}+\frac1L\!\int s\,dt \]

4) Multiplication par \(R\) puis dérivation (pour supprimer l'intégrale)

\[ e-s=RC\frac{ds}{dt}+\frac{R}{L}\!\int s\,dt \] \[ \frac{de}{dt}-\frac{ds}{dt}=RC\frac{d^2s}{dt^2}+\frac{R}{L}\,s \]

5) Regroupement sous la forme \(D_0s+D_1\dot s+D_2\ddot s=N_0e+N_1\dot e\)

\[ \boxed{\,RC\,\frac{d^2s}{dt^2}+\frac{ds}{dt}+\frac{R}{L}\,s=\frac{de}{dt}\,} \]
Par identification : \[ D_0=\frac{R}{L}\ ,\quad D_1=1\ ,\quad D_2=RC\ ,\quad N_0=0\ ,\quad N_1=1. \] Filtre d'ordre 2 (\(D_2\neq0\)), avec un numérateur en \(\dot e\) seul ⇒ comportement de type passe-bande (confirmé en Q2).
✏️ Q2 — Fonction de transfert harmonique \(\underline H\) ♦♦

Retrouver la FTH et l'écrire sous la forme \(\displaystyle \underline H=\frac{1}{1+jQ\!\left(\frac{\omega}{\omega_0}-\frac{\omega_0}{\omega}\right)}\).

1) Impédance du parallèle \(C\parallel L\)

\[ \underline Z_{p}=\frac{\underline Z_C\,\underline Z_L}{\underline Z_C+\underline Z_L} =\frac{\frac{1}{jC\omega}\cdot jL\omega}{\frac{1}{jC\omega}+jL\omega} =\frac{\frac{L}{C}}{\frac{1-LC\omega^2}{jC\omega}} =\frac{jL\omega}{1-LC\omega^2} \]

2) Pont diviseur de tension

\[ \underline H=\frac{\underline Z_p}{R+\underline Z_p} =\frac{jL\omega}{R\left(1-LC\omega^2\right)+jL\omega} \]

3) Mise sous forme canonique — on divise haut et bas par \(jL\omega\)

\[ \underline H=\frac{1}{1+\dfrac{R(1-LC\omega^2)}{jL\omega}} =\frac{1}{1+jR\!\left(C\omega-\dfrac{1}{L\omega}\right)} \]

(on a utilisé \(\tfrac1j=-j\), d'où \(\tfrac{R}{jL\omega}=-j\tfrac{R}{L\omega}\) et \(-\tfrac{RC\omega}{j}=+jRC\omega\)).

4) Identification de \(\omega_0\) et \(Q\)

On veut faire apparaître \(\dfrac{\omega}{\omega_0}-\dfrac{\omega_0}{\omega}\). Avec \(\omega_0=\dfrac{1}{\sqrt{LC}}\) on a \(RC\omega_0=\dfrac{R}{L\omega_0}=R\sqrt{\tfrac{C}{L}}\), donc :

\[ R\!\left(C\omega-\frac{1}{L\omega}\right)=R\sqrt{\tfrac{C}{L}}\left(\frac{\omega}{\omega_0}-\frac{\omega_0}{\omega}\right) \]
Résultat. \[ \boxed{\ \underline H=\dfrac{1}{1+jQ\!\left(\dfrac{\omega}{\omega_0}-\dfrac{\omega_0}{\omega}\right)} \quad\text{avec}\quad \omega_0=\dfrac{1}{\sqrt{LC}}\ ,\quad Q=R\sqrt{\dfrac{C}{L}}=RC\omega_0=\dfrac{R}{L\omega_0}\ }\] C'est bien un passe-bande 2ᵈ ordre, de gain statique \(H_0=1\) (soit \(0\) dB au maximum).
Piège à ne pas confondre Pour ce tank parallèle, \(Q=R\sqrt{C/L}\) : un grand \(R\) ⇒ \(Q\) grand ⇒ filtre sélectif. Pour le RLC série du TP, c'est l'inverse : \(Q=\dfrac1R\sqrt{L/C}\) (un grand \(R\) amortit). Toujours vérifier la topologie avant d'écrire \(Q\).
✏️ Q3 — Identification + diagrammes de Bode (\(Q=5\) et \(Q=0{,}5\)) ♦♦

Identifier le filtre de Q2 et tracer ses diagrammes de Bode en gain et en phase pour \(Q=5\) et \(Q=0{,}5\).

Filtre : passe-bande 2ᵈ ordre, \(|\underline H|_{\max}=1\) en \(x=1\) (\(\omega=\omega_0\)). Avec \(x=\omega/\omega_0\) :

\[ G_{dB}(x)=20\log|\underline H|=-10\log\!\Big[1+Q^2\big(x-\tfrac1x\big)^2\Big]\ ,\qquad \varphi(x)=-\arctan\!\Big[Q\big(x-\tfrac1x\big)\Big] \]

Points remarquables

Régime\(x\to 0\) (BF)\(x=1\) (résonance)\(x\to\infty\) (HF)
Gain\(\approx x/Q\) → pente \(+20\) dB/déc\(0\) dB (max)\(\approx 1/(Qx)\) → pente \(-20\) dB/déc
Phase\(+90^\circ\)\(0^\circ\)\(-90^\circ\)
  • \(Q=5\) : résonance marquée et étroite (filtre sélectif), bande passante réduite \(\Delta x=1/Q=0{,}2\).
  • \(Q=0{,}5\) : résonance plate et large (peu sélectif), bande passante \(\Delta x=1/Q=2\).
Vois-le en direct Le widget interactif juste en dessous (§ Bode interactif) trace exactement ces deux courbes — bouge le curseur \(Q\) ou clique les préréglages Q = 5 / Q = 0,5.
✏️ Q4 — Logarithmes utiles & le « –3 dB » à la coupure ♦

Rappeler \(\log(1),\log(2),\log(5),\log(10)\), illustrer la correspondance axes \(x\) ↔ \(\log(x)\), puis montrer qu'à la coupure le gain vaut le gain max \(-3\) dB.

1) Valeurs de référence (log décimal)

\(x\)12510
\(\log x\)0≈ 0,301≈ 0,6991

Astuce : \(\log5=\log\frac{10}{2}=1-\log2\), et \(\log2+\log5=1\). Une décade (\(\times10\)) correspond à \(+1\) sur l'axe \(\log\) ; le milieu géométrique visuel d'une décade tombe vers \(x\approx3{,}16\) (\(\log\approx0{,}5\)).

2) Le gain « –3 dB » à la pulsation de coupure

Par définition, aux pulsations de coupure le gain (linéaire) vaut \(\dfrac{1}{\sqrt2}\) du gain maximal. En décibels :

\[ 20\log\!\left(\frac{|\underline H|_{\max}}{\sqrt2}\right) =20\log|\underline H|_{\max}-20\log\sqrt2 =G_{\max}-20\times\frac{\log 2}{2} \] \[ 20\times\frac{0{,}301}{2}\approx 3{,}01\ \text{dB} \]
Conclusion. \(\ G_{dB}(\text{coupure})=G_{\max}-3\ \text{dB}\). Le « \(-3\) dB » n'est rien d'autre que le facteur \(1/\sqrt2\) en puissance : \(\left(\tfrac{1}{\sqrt2}\right)^2=\tfrac12\) ⇒ moitié de la puissance.
✏️ Q5 — Retrouver l'ED (Q1) à partir de la FTH (Q2) ♦

Retrouver l'équation différentielle de Q1 à partir de la FTH de Q2.

1) Repartir de la forme « impédances » de Q2

\[ \underline H=\frac{\underline s}{\underline e} =\frac{jL\omega}{R(1-LC\omega^2)+jL\omega} \]

On « croise » (produit en croix) :

\[ \underline s\Big[R+jL\omega-RLC\omega^2\Big]=jL\omega\,\underline e \]

2) Traduction \(j\omega\to \dfrac{d}{dt}\), \((j\omega)^2\to\dfrac{d^2}{dt^2}\)

\[ R\,s+L\frac{ds}{dt}+RLC\frac{d^2s}{dt^2}=L\frac{de}{dt} \]

3) Division par \(L\)

\[ \boxed{\,RC\frac{d^2s}{dt^2}+\frac{ds}{dt}+\frac{R}{L}s=\frac{de}{dt}\,} \]
On retrouve exactement l'ED de Q1 : la description temporelle (ED) et la description fréquentielle (FTH) sont deux visages du même SLCI, reliés par \(\dfrac{d}{dt}\leftrightarrow j\omega\).

3. Diagramme de Bode interactif

Tracé « live » du passe-bande \(\;\underline H=\dfrac{1}{1+jQ\left(x-\frac1x\right)}\;\) avec \(x=\omega/\omega_0\). Bouge \(Q\) pour voir la résonance s'affiner (grand \(Q\), sélectif) ou s'aplatir (petit \(Q\)). Les préréglages reproduisent la Q3.

Banc de tracé — passe-bande 2ᵈ ordre

1.0

4. TP1 — étude expérimentale de filtres, corrigé

Matériel & objectif GBF (tension alternative), oscilloscope numérique, bobine variable \(L=0{,}15\text{–}1{,}4\) H, résistance variable \(R=1\ \Omega\text{–}100\ \text{k}\Omega\), condensateur variable \(C=100\ \text{pF–}10\ \mu\text{F}\), 7 fils. But : concevoir et caractériser un passe-bande, puis un passe-bas.
Attention — ce n'est PAS le même montage que le cours Le TP utilise un RLC en série avec sortie aux bornes de \(R\) (résonance « en intensité »). Ici \(\ \omega_0=\dfrac{1}{\sqrt{LC}}\ \) (comme le cours) mais \(\ \boxed{Q=\dfrac{1}{R}\sqrt{\dfrac{L}{C}}=\dfrac{L\omega_0}{R}=\dfrac{1}{RC\omega_0}}\ \) — inverse du montage parallèle du cours.

Partie 1 — filtre passe-bande RLC série

P1.1 — Schéma, \(\omega_0\) et \(Q\)

Montage : GBF → \(R\), \(L\), \(C\) en série ; l'oscilloscope mesure \(e\) sur CH1 (aux bornes du GBF) et \(s\) sur CH2 aux bornes de \(R\) (masses communes).

La sortie aux bornes de \(R\) donne \(\underline H=\dfrac{R}{R+j(L\omega-\frac{1}{C\omega})}\), maximale quand la partie imaginaire s'annule ⇒ résonance d'intensité :

\[ L\omega_0=\frac{1}{C\omega_0}\ \Longrightarrow\ \boxed{\omega_0=\frac{1}{\sqrt{LC}}}\ ,\qquad \boxed{Q=\frac{1}{R}\sqrt{\frac{L}{C}}} \]
P1.2 — Calcul de \(C\) puis \(R\) (\(L=0{,}25\) H, \(f_0=2{,}0\) kHz, \(Q=0{,}5\))

1) Pulsation cible

\[ \omega_0=2\pi f_0=2\pi(2000)=1{,}257\times10^{4}\ \text{rad·s}^{-1} \]

2) Condensateur (depuis \(\omega_0=1/\sqrt{LC}\))

\[ C=\frac{1}{L\,\omega_0^{2}}=\frac{1}{0{,}25\times(1{,}257\times10^4)^2} \approx \boxed{2{,}53\times10^{-8}\ \text{F}=25{,}3\ \text{nF}} \]

3) Résistance (depuis \(Q=\frac1R\sqrt{L/C}\))

\[ \sqrt{\tfrac{L}{C}}=\sqrt{\tfrac{0{,}25}{2{,}53\times10^{-8}}}\approx 3{,}14\times10^3\ \Omega \quad(\,=L\omega_0\,) \] \[ R=\frac{1}{Q}\sqrt{\tfrac{L}{C}}=\frac{3{,}14\times10^3}{0{,}5} \approx \boxed{6{,}28\ \text{k}\Omega} \]
P1.3 — Gain et déphasage attendus à \(f=f_0\)

À la résonance, \(L\omega_0=1/C\omega_0\) : l'impédance série se réduit à \(R\), la tension de sortie \(=\) tension d'entrée.

Attendu : \(\;G=\dfrac{S_m}{E_m}=1\;\) et \(\;\Delta\varphi=\varphi_s-\varphi_e=0^\circ\). Avec \(E_m=3{,}0\) V ⇒ \(S_m\approx3{,}0\) V. On vérifie que les valeurs mesurées sont proches.
P1.4 — Affichage « XY » (Lissajous) & intensité à \(f_0\)

En mode XY l'oscilloscope trace \(s\) en fonction de \(e\). Le déphasage produit une ellipse ; à la résonance \(\Delta\varphi=0\) ⇒ l'ellipse dégénère en une droite. Repérer l'instant où la figure devient une droite parfaite localise \(f_0\) bien plus précisément que la lecture d'un maximum (plat près du sommet).

Intensité dans le circuit à \(f_0\)

À la résonance \(Z=R\), donc \(I_m=\dfrac{E_m}{R}\) :

\[ I_m=\frac{3{,}0}{6{,}28\times10^3}\approx \boxed{4{,}8\times10^{-4}\ \text{A}=0{,}48\ \text{mA}} \]
P1.5 — Fréquences de coupure & bande passante à \(-3\) dB

Aux coupures : \(G=\dfrac{1}{\sqrt2}\approx0{,}707\) et \(\Delta\varphi=\pm45^\circ\) (\(+45^\circ\) en \(f_{cB}\), \(-45^\circ\) en \(f_{cH}\)).

Bande passante

Propriété du 2ᵈ ordre passe-bande : \(\ \Delta f=\dfrac{f_0}{Q}\).

\[ \Delta f=\frac{2000}{0{,}5}=\boxed{4000\ \text{Hz}} \]

Avec \(f_{cB}\,f_{cH}=f_0^2\) et \(f_{cH}-f_{cB}=\Delta f\), on résout \(f_c=f_0\!\left(\mp\frac{1}{2Q}+\sqrt{1+\frac{1}{4Q^2}}\right)\) :

\[ f_{cB}\approx 0{,}83\ \text{kHz}\ ,\qquad f_{cH}\approx 4{,}83\ \text{kHz} \]
Vérification : \(f_{cH}-f_{cB}\approx4{,}0\) kHz \(=\Delta f\), et \(Q=\dfrac{f_0}{\Delta f}=\dfrac{2000}{4000}=0{,}5\) ✔. Protocole : balayer \(f\), lire \(G\) jusqu'à \(G_{\max}/\sqrt2\), confirmer par \(\Delta\varphi=\pm45^\circ\) (mode XY).
À savoir retrouver : les expressions de \(f_{cB}\) et \(f_{cH}\).
P1.6 — Mesures pour tracer \(G(x)\) et \(\varphi(x)\)

Relever plusieurs points pertinents autour de \(f_0\) (typiquement \(f_{cB}\), \(f_0/2\), \(f_0\), \(2f_0\), \(f_{cH}\)…), avec \(x=f/f_0\), et reporter dans un tableur (fichier TP1.xlsx fourni). Astuce oscillo : menu Measure / CH2 / maximum et phase pour lire directement \(S_m\) et \(\Delta\varphi\) — beaucoup plus rapide qu'à la main.

Partie 2 — autres filtres

P2.1 — Refaire avec \(Q=5\) — sélectivité

On ne change que \(Q\) : \(R=\dfrac1Q\sqrt{L/C}=\dfrac{3{,}14\times10^3}{5}\approx \boxed{6{,}3\times10^2\ \Omega\ (\approx628\ \Omega)}\). Bande passante \(\Delta f=\dfrac{f_0}{Q}=\dfrac{2000}{5}=\boxed{400\ \text{Hz}}\) ⇒ coupures \(f_{cB}\approx1{,}81\) kHz, \(f_{cH}\approx2{,}21\) kHz.

Comparaison. \(Q=5\) donne une bande 10× plus étroite que \(Q=0{,}5\) (\(400\) Hz contre \(4000\) Hz) : le filtre à \(Q=5\) est nettement plus sélectif (résonance pointue). Un \(Q\) élevé ⇒ meilleure sélectivité en fréquence.
P2.2 — Transformer en passe-bas 1ᵉʳ ordre

Modification : retirer la bobine \(L\) (on garde \(R\) et \(C\) en série) et prendre la sortie aux bornes de \(C\). On obtient un passe-bas du 1ᵉʳ ordre \(\underline H=\dfrac{1}{1+jRC\omega}\), de pulsation de coupure :

\[ \omega_c=\frac{1}{RC}\ \Longrightarrow\ f_c=\frac{1}{2\pi RC} \]

Grandeur à modifier pour \(f_c=2\) kHz (à \(C=25{,}3\) nF fixé)

\[ R=\frac{1}{2\pi f_c\,C}=\frac{1}{2\pi(2000)(2{,}53\times10^{-8})} \approx \boxed{3{,}1\ \text{k}\Omega} \]

Mesures Bode : gain plat (\(0\) dB) en BF puis pente \(-20\) dB/déc ; phase \(0^\circ\to-90^\circ\) (passant par \(-45^\circ\) en \(f_c\)). Pour les déphasages en très basses / très hautes fréquences, exploiter la méthode de Lissajous (mode XY) si la lecture directe est difficile.

TD1 corrigé — TD1 — filtres analogiques passifs, corrigé complet

Les 6 exercices du TD1 corrigés un par un. Pour chacun, l'énoncé (photo) est placé juste au-dessus de sa correction détaillée pas à pas : régime transitoire 2ᵈ ordre, passe-haut, méthodes (Millman/diviseur), pont de Wien, filtre avance/retard — avec diagrammes de Bode tracés. AM2 · P2030 · Semestre 3 — D. Courtois.

Ex 1 — Étude temporelle d'un circuit V : 19.3
Énoncé — circuit R série + (L ∥ C ∥ r), réponse à un échelon
Énoncé (TD1, D. Courtois) — circuit R série + (L ∥ C ∥ r), réponse à un échelon
Le montage Source idéale \(E\) (continue) + interrupteur, en série avec \(R\). Elle alimente un dipôle parallèle \(L\parallel C\parallel r\) ; la sortie \(u(t)\) est la tension commune à ce parallèle. \(i(t)\) est le courant dans \(R\). À \(t<0\) tout est nul ; à \(t=0\) on ferme \(K\).

1) Générateur idéal de tension

Un générateur idéal de tension impose entre ses bornes une tension \(E\) indépendante du courant qu'il débite : sa résistance interne est nulle, sa caractéristique \(u=E\) est une droite horizontale. Ici \(E\) est continue (constante dans le temps).

2) Tensions et intensités à \(t=0^{+}\)

On utilise les continuités : le courant dans une bobine et la tension aux bornes d'un condensateur ne peuvent pas sauter.

\[ i_L(0^+)=i_L(0^-)=0 \qquad,\qquad u_C(0^+)=u_C(0^-)=0 \]

Or \(C\), \(L\) et \(r\) sont en parallèle : \(u=u_C\). Donc \(\;u(0^+)=0\).

On en déduit tout le reste à \(t=0^+\)

  • Tension de sortie : \(\;u(0^+)=0\).
  • Courant dans \(r\) : \(\;i_r=\dfrac{u}{r}=0\).
  • Courant dans \(L\) : \(\;i_L(0^+)=0\).
  • Maille d'entrée : \(E=R\,i+u \Rightarrow i(0^+)=\dfrac{E-0}{R}=\dfrac{E}{R}\).
  • Loi des nœuds \(i=i_L+i_C+i_r \Rightarrow i_C(0^+)=\dfrac{E}{R}\).
  • Tension aux bornes de \(R\) : \(u_R=R\,i=E\).
À \(t=0^+\) tout le courant \(E/R\) part dans le condensateur (\(i_C=E/R\)), la bobine ne conduit pas encore, \(u=0\).

3) Régime permanent \(t\to+\infty\)

En continu établi : le condensateur est ouvert (\(i_C=0\)), la bobine est un court-circuit (\(u_L=0\)). Comme \(u=u_L=0\) :

  • \(u(\infty)=0\), donc \(i_r=u/r=0\) et \(i_C=0\).
  • Maille : \(E=R\,i+u=R\,i \Rightarrow i(\infty)=\dfrac{E}{R}\).
  • Nœuds : \(i_L(\infty)=i=\dfrac{E}{R}\).
Même \(i=E/R\) et même \(u=0\) qu'à \(t=0^+\), mais le courant a migré du condensateur vers la bobine (\(i_C:E/R\to0\), \(i_L:0\to E/R\)).

4) Équation différentielle en \(u(t)\)

Loi des nœuds au nœud de sortie

\[ i=i_C+i_L+i_r \quad\text{avec}\quad i=\frac{E-u}{R} \]

Lois de comportement (on garde \(u\))

\[ i_C=C\frac{du}{dt}\ ,\quad i_r=\frac{u}{r}\ ,\quad i_L=\frac1L\!\int u\,dt \] \[ \frac{E-u}{R}=C\frac{du}{dt}+\frac{u}{r}+\frac1L\!\int u\,dt \]

On dérive (aide de l'énoncé) — \(E\) constante disparaît

\[ -\frac1R\frac{du}{dt}=C\frac{d^2u}{dt^2}+\frac1r\frac{du}{dt}+\frac1L\,u \]

On regroupe

\[ \boxed{\,C\frac{d^2u}{dt^2}+\Big(\frac1R+\frac1r\Big)\frac{du}{dt}+\frac1L\,u=0\,} \]

C'est une ED homogène du 2ᵈ ordre (le forçage a disparu : cohérent avec \(u(0^+)=u(\infty)=0\)). Forme canonique \(\ddot u+\dfrac{\omega_0}{Q}\dot u+\omega_0^2u=0\) avec

\[ \omega_0=\frac{1}{\sqrt{LC}}\ ,\qquad \frac{\omega_0}{Q}=\frac1C\Big(\frac1R+\frac1r\Big) \ \Rightarrow\ Q=\frac{1}{\frac1R+\frac1r}\sqrt{\frac{C}{L}} \]

5) Condition de régime pseudopériodique

Équation caractéristique \(C\,x^2+\big(\tfrac1R+\tfrac1r\big)x+\tfrac1L=0\), de discriminant

\[ \Delta=\Big(\frac1R+\frac1r\Big)^2-\frac{4C}{L} \]

Le régime est pseudopériodique (racines complexes, oscillations amorties) ssi \(\Delta<0\) :

Condition. \[ \boxed{\ \frac1R+\frac1r<2\sqrt{\frac{C}{L}}\ }\quad\Longleftrightarrow\quad Q>\frac12 \] Une conductance totale trop grande (\(R\) et/ou \(r\) faibles) amortit trop : régime apériodique.
tu(t)enveloppe e^(−t/2τ)régime pseudo-périodique (Q>½) — u(0⁺)=0, u(∞)=0
Allure de \(u(t)\) en régime pseudopériodique : oscillation amortie qui part de 0 et retourne à 0.
Ex 2 — Filtre passe-haut d'après T : 1.4
Énoncé — RLC série, sortie \(s\) aux bornes de la bobine \(L\)
Énoncé (TD1, D. Courtois) — RLC série, sortie \(s\) aux bornes de la bobine \(L\)
Le montage \(R\), \(C\) puis \(L\) en série (un seul courant), sortie \(s\) prise aux bornes de \(L\).

1) Analyse qualitative → passe-haut

  • BF (\(\omega\to0\)) : \(C\) se comporte comme un interrupteur ouvert (\(Z_C\to\infty\)) et \(L\) comme un fil (\(Z_L\to0\)). La sortie, prise sur \(L\) (fil), est \(\approx0\).
  • HF (\(\omega\to\infty\)) : \(C\) est un fil (\(Z_C\to0\)), \(L\) un interrupteur ouvert (\(Z_L\to\infty\)) : presque toute la tension se retrouve sur \(L\), \(s\approx e\).
Gain nul en BF, gain 1 en HF ⇒ filtre passe-haut (du 2ᵈ ordre).

2) Fonction de transfert

Diviseur de tension (série)

\[ \underline H=\frac{\underline Z_L}{\underline Z_R+\underline Z_C+\underline Z_L} =\frac{jL\omega}{R+\dfrac{1}{jC\omega}+jL\omega} \]

On multiplie haut et bas par \(jC\omega\)

\[ \underline H=\frac{-LC\omega^2}{1-LC\omega^2+jRC\omega} \]

Forme canonique — on pose \(\omega_0=\dfrac{1}{\sqrt{LC}}\), \(x=\dfrac{\omega}{\omega_0}\)

Alors \(LC\omega^2=x^2\) et \(RC\omega=RC\omega_0\,x=\dfrac{x}{Q}\) en posant \(\dfrac1Q=RC\omega_0=R\sqrt{\tfrac{C}{L}}\). En factorisant \( \tfrac{jx}{Q}\) au dénominateur on obtient exactement la forme demandée :

\[ \boxed{\ \underline H=H_0\,\frac{jQx}{1+jQ\!\left(x-\dfrac1x\right)}\ ,\quad H_0=1,\ \ \omega_0=\frac{1}{\sqrt{LC}},\ \ Q=\frac1R\sqrt{\frac{L}{C}}=\frac{L\omega_0}{R}\ }\]
RLC série Ici \(Q=\dfrac1R\sqrt{L/C}\) : un grand \(R\) amortit (contrairement au tank parallèle du cours où \(Q=R\sqrt{C/L}\)).

3) Équivalents BF / HF, valeur en \(x=1\), tableau (\(Q=\tfrac12\))

\[ |\underline H|=\frac{x^2}{\sqrt{(1-x^2)^2+(x/Q)^2}}\ ,\qquad \varphi=90^\circ-\arg\!\big(1-x^2+j\tfrac{x}{Q}\big) \]
Régime\(\underline H\) approché\(G_{dB}\)\(\Delta\varphi\)
BF \(x\ll1\)\(\underline H\approx -x^2=(jx)^2\)\(40\log x\) → pente +40 dB/déc\(+180^\circ\)
\(x=1\)\(\underline H=jQ=j/2\)\(20\log\tfrac12=\mathbf{-6\ dB}\)\(+90^\circ\)
HF \(x\gg1\)\(\underline H\approx 1\)\(0\ dB\)\(0^\circ\)
0.10.20.51251060-3-10-20-30-4090°45°0°-45°-90°GAIN 20·log|H| (passe-haut)PHASE arg(H)x = ω / ω₀ (échelle log)H(1)=jQ → −6 dB, +90°
Bode passe-haut 2ᵈ ordre, \(Q=1/2\). Asymptotes (tiret jaune) +40 dB/déc puis 0 dB, courbe réelle en vert.

4) Résonance ?

Un pic (gain > gain HF) n'apparaît que si \(Q>\dfrac{1}{\sqrt2}\approx0{,}707\). Ici on prend \(Q=\dfrac12<\dfrac{1}{\sqrt2}\).

Pas de résonance pour \(Q=1/2\) : la courbe monte de façon monotone vers 0 dB sans dépassement (à \(x=1\) elle vaut même \(-6\) dB, sous l'asymptote).

5) Comportement dérivateur / intégrateur ?

  • En BF : \(\underline H\approx(jx)^2\) ⇒ comportement doublement dérivateur (\(s\propto \mathrm d^2e/\mathrm dt^2\), pente +40 dB/déc, phase \(+180^\circ\)).
  • En HF : \(\underline H\to1\) ⇒ simple suiveur (gain unité), ni dérivateur ni intégrateur.
Ce passe-haut est dérivateur en basses fréquences et ne présente aucun comportement intégrateur.
Ex 3 — Les principales méthodes à connaître V : méth 19.1–5
Énoncé — pont en échelle \(R,\,nR,\,R,\,C\), sortie \(s\) aux bornes de \(C\)
Énoncé (TD1, D. Courtois) — pont en échelle \(R,\,nR,\,R,\,C\), sortie \(s\) aux bornes de \(C\)
Le montage Depuis \(e\) : une \(R\) vers le nœud \(A\) ; en \(A\), une résistance \(nR\) vers la masse ; de \(A\), une seconde \(R\) vers le nœud \(B\) ; en \(B\), un condensateur \(C\) vers la masse. Sortie \(s=v_B\) (aux bornes de \(C\), à vide).

1) Fonction de transfert (Millman + diviseur)

Millman au nœud \(B\) (relié à \(A\) par \(R\), à la masse par \(C\))

\[ \underline v_B=\frac{\underline v_A/R}{\,1/R+jC\omega\,}=\frac{\underline v_A}{1+jRC\omega} \]

Millman au nœud \(A\) (relié à \(e\) par \(R\), masse par \(nR\), à \(B\) par \(R\))

\[ \underline v_A=\frac{\dfrac{e}{R}+\dfrac{\underline v_B}{R}}{\dfrac1R+\dfrac{1}{nR}+\dfrac1R} =\frac{n\,(e+\underline v_B)}{2n+1} \]

On élimine \(\underline v_A\) avec \(\underline v_A=(1+jRC\omega)\,\underline v_B\)

\[ (2n+1)(1+jRC\omega)\underline v_B=n\,e+n\,\underline v_B \;\Rightarrow\; \big[(n+1)+(2n+1)jRC\omega\big]\underline v_B=n\,e \]
\[ \boxed{\ \underline H=\frac{\underline v_B}{e}=\frac{n}{(n+1)+(2n+1)\,jRC\omega} =\frac{H_0}{1+j\dfrac{\omega}{\omega_c}}\ } \] avec \(\;H_0=\dfrac{n}{n+1}\;\) et \(\;\omega_c=\dfrac{n+1}{(2n+1)RC}\;\) : passe-bas du 1ᵉʳ ordre.

2) Équation différentielle associée

\(\underline H=\dfrac{s}{e}=\dfrac{H_0}{1+j\tau\omega}\) avec \(\tau=\dfrac{(2n+1)RC}{n+1}\). On « croise » puis \(j\omega\to\dfrac{d}{dt}\) :

\[ \boxed{\ (2n+1)RC\,\frac{ds}{dt}+(n+1)\,s=n\,e\ } \]

3) Nature par schémas redessinés BF / HF

  • BF : \(C\) ouvert ⇒ aucun courant dans la 2ᵈ \(R\) ⇒ \(v_B=v_A\) ; \(A\) est un simple diviseur \(R/nR\) : \(s=\dfrac{nR}{R+nR}\,e=\dfrac{n}{n+1}\,e\). Gain \(=H_0\ne0\).
  • HF : \(C\) court-circuité ⇒ \(v_B=0\) ⇒ \(s=0\).
Gain \(H_0\) en BF, 0 en HF ⇒ confirme un passe-bas 1ᵉʳ ordre.

4) Cohérence

\(\underline H(\omega\!\to\!0)=\dfrac{n}{n+1}=H_0\) et \(\underline H(\omega\!\to\!\infty)\to0\) : identiques aux limites trouvées sur les schémas. Un seul pôle ⇒ pente unique \(-20\) dB/déc. Tout est cohérent.

Ex 4 — Question courte mais pas simple H : E1.1
Énoncé — source \(e\) + \(C\) série, puis \(L\parallel R\) — courant \(i\) dans \(R\)
Énoncé (TD1, D. Courtois) — source \(e\) + \(C\) série, puis \(L\parallel R\) — courant \(i\) dans \(R\)

Question : pour quelle pulsation \(\omega\) l'intensité \(i\) traversant \(R\) est-elle indépendante de \(R\) ?

Mise en équation

La source \(e\) alimente, à travers \(C\) (série), le parallèle \(L\parallel R\). Notons \(V\) la tension aux bornes du parallèle ; alors \(i=\dfrac{V}{R}\) et, par diviseur de tension, \(V=e\,\dfrac{\underline Z_p}{\underline Z_C+\underline Z_p}\) avec \(\underline Z_p=\dfrac{jL\omega\,R}{R+jL\omega}\).

On calcule \(i\) et on simplifie (multiplier par \(jC\omega\))

\[ i=\frac{V}{R}=\frac{e\;jL\omega}{\,\dfrac{R+jL\omega}{jC\omega}+jL\omega R\,} =\frac{-\,e\,LC\omega^2}{\,R\,(1-LC\omega^2)+jL\omega\,} \]

Rendre \(i\) indépendant de \(R\)

\(R\) n'apparaît qu'au dénominateur, dans le terme \(R\,(1-LC\omega^2)\). Il disparaît ssi ce facteur s'annule :

\[ 1-LC\omega^2=0 \quad\Longrightarrow\quad \boxed{\ \omega=\omega_0=\frac{1}{\sqrt{LC}}\ } \]
À cette pulsation \(\omega_0\), il reste \[ i=\frac{-e\,LC\omega_0^2}{jL\omega_0}=\frac{-e}{jL\omega_0}=j\,e\,C\omega_0 \quad\Rightarrow\quad |i|=e\,C\omega_0=e\sqrt{\frac{C}{L}} \] totalement indépendant de \(R\) (l'ensemble \(L\parallel R\) « antirésonne » : à \(\omega_0\) la branche \(L\) impose le courant, \(R\) ne joue plus).
Ex 5 — Filtre à pont de Wien d'après H : E1.3
Énoncé — \(R{=}50\,\text{k}\Omega\), \(C{=}3{,}2\,\text{nF}\) ; bras série \((R,C)\) + bras parallèle \((R\parallel C)\)
Énoncé (TD1, D. Courtois) — \(R{=}50\,\text{k}\Omega\), \(C{=}3{,}2\,\text{nF}\) ; bras série \((R,C)\) + bras parallèle \((R\parallel C)\)
Le montage Bras série \(\underline Z_1=R+\frac{1}{jC\omega}\) (un \(R\) et un \(C\) en série) et bras parallèle \(\underline Z_2=R\parallel\frac{1}{jC\omega}\) vers la masse ; sortie \(s=v_s\) aux bornes de \(\underline Z_2\).

1) Nature (analyse qualitative)

  • BF : le \(C\) du bras série bloque (\(Z\to\infty\)) ⇒ \(s\to0\).
  • HF : le \(C\) du bras parallèle court-circuite la sortie ⇒ \(s\to0\).
Nul aux deux bouts, non nul au milieu ⇒ passe-bande.

2) Fonction de transfert & forme canonique

\[ \underline H=\frac{\underline Z_2}{\underline Z_1+\underline Z_2} =\frac{jRC\omega}{1-(RC\omega)^2+3\,jRC\omega} \]

En posant \(\omega_0=\dfrac{1}{RC}\) et \(x=\dfrac{\omega}{\omega_0}=RC\omega\), on divise par \(3jRC\omega\) :

\[ \boxed{\ \underline H=\frac{1}{3+j\!\left(x-\dfrac1x\right)}=\frac{H_0}{1+jQ\!\left(x-\dfrac1x\right)} ,\quad H_0=\frac13,\ \ Q=\frac13,\ \ \omega_0=\frac{1}{RC}\ }\]

Au pont de Wien le maximum vaut \(H_0=\tfrac13\) (et non 1) : c'est un passe-bande peu sélectif (\(Q=1/3\)).

3) Fréquence de résonance

\[ f_0=\frac{\omega_0}{2\pi}=\frac{1}{2\pi RC}=\frac{1}{2\pi\times5\times10^4\times3{,}2\times10^{-9}} \approx \boxed{995\ \text{Hz}\ \approx1{,}0\ \text{kHz}} \]

4) Équation différentielle en \(v_s\)

À partir de \(\underline H=\dfrac{s}{e}=\dfrac{jRC\omega}{1-(RC\omega)^2+3jRC\omega}\), produit en croix puis \(j\omega\to\frac{d}{dt}\), \((j\omega)^2\to\frac{d^2}{dt^2}\) :

\[ \boxed{\ R^2C^2\,\frac{d^2v_s}{dt^2}+3RC\,\frac{dv_s}{dt}+v_s=RC\,\frac{de}{dt}\ } \]

5) Fréquences de coupure d'un passe-bande

Coupure : \(|\underline H|=\dfrac{H_0}{\sqrt2}\Rightarrow Q^2\!\left(x-\tfrac1x\right)^2=1\Rightarrow x-\dfrac1x=\pm\dfrac1Q\), soit \(x^2\mp\dfrac1Q x-1=0\). Racines positives :

\[ \boxed{\ f_c=\frac{f_0}{2}\left(\sqrt{\frac{1}{Q^2}+4}\ \pm\ \frac1Q\right)\ }\] Avec \(Q=\tfrac13\) : \(f_{cB}\approx0{,}30\ \text{kHz}\), \(f_{cH}\approx3{,}29\ \text{kHz}\).

6) Relation \(Q,\ f_0,\ \Delta f\)

\(\Delta f=f_{cH}-f_{cB}=f_0\!\left(\dfrac{\sqrt{\cdots}+1/Q}{2}-\dfrac{\sqrt{\cdots}-1/Q}{2}\right) =\dfrac{f_0}{Q}\). Donc

\[ \boxed{\ Q=\frac{f_0}{\Delta f}\ }\qquad\text{ici }\ \Delta f=\frac{f_0}{Q}=3f_0\approx2{,}99\ \text{kHz}. \]

7) Comportement asymptotique & Bode

  • BF \(x\ll1\) : \(|\underline H|\approx\dfrac{H_0}{Q}\,x\) ⇒ +20 dB/déc, \(\varphi\to+90^\circ\).
  • HF \(x\gg1\) : \(|\underline H|\approx\dfrac{H_0}{Qx}\) ⇒ −20 dB/déc, \(\varphi\to-90^\circ\).
  • \(x=1\) : \(|\underline H|=H_0=\tfrac13\) (\(-9{,}5\) dB), \(\varphi=0\).
0.10.20.5125100-3-9.5-20-30-4090°45°0°-45°-90°GAIN 20·log|H| (pont de Wien, passe-bande)PHASE arg(H)x = ω / ω₀ = f / f₀ (échelle log)f₀ : |H|=1/3 → −9,5 dB
Bode du pont de Wien (\(H_0=1/3\), \(Q=1/3\)). Sommet à \(-9{,}5\) dB en \(f_0\) : passe-bande large.

8) Sortie pour une sinusoïde d'entrée de 1 kHz

\(f=1\ \text{kHz}\approx f_0\) ⇒ \(x\approx1{,}005\approx1\) : on est au sommet de la bande.

Gain \(|\underline H|\approx H_0=\dfrac13\), déphasage \(\approx0\). Pour \(e(t)=E_m\cos(2\pi\,1000\,t)\) : \[ s(t)\approx\frac{E_m}{3}\cos(2\pi\,1000\,t) \] — même fréquence, amplitude divisée par 3, quasiment en phase.
Ex 6 — Filtre avec trois dipôles en série V : 19.2
Énoncé — \(C{=}10\,\text{nF}\), \(R_1{=}10\,\text{k}\Omega\), \(R_2{=}90\,\text{k}\Omega\) ; sortie sur \(\{C,R_1\}\)
Énoncé (TD1, D. Courtois) — \(C{=}10\,\text{nF}\), \(R_1{=}10\,\text{k}\Omega\), \(R_2{=}90\,\text{k}\Omega\) ; sortie sur \(\{C,R_1\}\)

1) Schéma du montage

Les trois dipôles en série ; \(e\) est appliquée aux bornes de l'ensemble, \(s\) est prise aux bornes du sous-ensemble \(\{R_1,C\}\) (donc \(R_2\) est exclu de la sortie) :

R2 = 90 kΩ R1 = 10 kΩ C = 10 nF e s (sur R1 + C)
\(e\) aux bornes de \(R_2\!+\!R_1\!+\!C\) (série) ; \(s\) aux bornes de \(R_1\!+\!C\).

2) Gains BF et HF (sur le schéma)

  • BF : \(C\) ouvert, aucun courant ⇒ pas de chute dans \(R_1,R_2\) ; toute \(e\) est sur \(C\) ⇒ \(s=e\), gain \(=1\).
  • HF : \(C\) court-circuité ⇒ diviseur résistif \(s=\dfrac{R_1}{R_1+R_2}\,e\), gain \(=\dfrac{10}{100}=0{,}1\) (\(-20\) dB).

3) Fonction de transfert

\[ \underline H=\frac{R_1+\frac{1}{jC\omega}}{R_1+R_2+\frac{1}{jC\omega}} \;\xrightarrow{\times\,jC\omega}\; \boxed{\ \underline H=H_0\,\frac{1+j\omega\tau_1}{1+j\omega\tau_2}\ } \]

4) Valeurs de \(H_0,\ \tau_1,\ \tau_2\)

\(H_0=1\) ; \(\ \tau_1=R_1C=10^4\times10^{-8}=\mathbf{10^{-4}\ s}\ (100\ \mu s,\ \omega_1=10^4\ \text{rad/s})\) ; \(\ \tau_2=(R_1+R_2)C=10^5\times10^{-8}=\mathbf{10^{-3}\ s}\ (1\ ms,\ \omega_2=10^3\ \text{rad/s})\).
Comme \(\tau_2>\tau_1\) : le pôle \(\omega_2\) agit avant le zéro \(\omega_1\).

5) Décomposition \(\underline H=\underline H_1\times\underline H_2\)

\[ \underline H_1=1+j\omega\tau_1\quad(\text{zéro / avance})\ ,\qquad \underline H_2=\frac{1}{1+j\omega\tau_2}\quad(\text{pôle / passe-bas}) \]

6) \(G_{dB}\) et \(\Delta\varphi\)

Un produit devient une somme en dB et en phase :

\[ G_{dB}=G_{dB1}+G_{dB2}\ ,\qquad \Delta\varphi=\Delta\varphi_1+\Delta\varphi_2 \]

7) Bode asymptotique en amplitude

  • \(\omega<\omega_2\) : plat à 0 dB.
  • \(\omega_2<\omega<\omega_1\) : pôle actif ⇒ −20 dB/déc.
  • \(\omega>\omega_1\) : zéro compense ⇒ plat à −20 dB (\(=R_1/(R_1+R_2)\)).
10010^310^410^510^60-3-10-200°-15°-30°-45°GAIN 20·log|H| (avance/retard 1er ordre)PHASE arg(H)ω (rad·s⁻¹, échelle log)ω₂=1/τ₂ω₁=1/τ₁
Bode « avance/retard » : plateau 0 dB, décroche à \(\omega_2=10^3\), replat à \(-20\) dB après \(\omega_1=10^4\) rad/s.

8) Pulsation de coupure à −3 dB

\(|\underline H|^2=\dfrac{1+\omega^2\tau_1^2}{1+\omega^2\tau_2^2}=\dfrac12\Rightarrow \omega_c=\dfrac{1}{\sqrt{\tau_2^2-2\tau_1^2}}\).

\[ \omega_c=\frac{1}{\sqrt{10^{-6}-2\times10^{-8}}}\approx \boxed{1{,}01\times10^{3}\ \text{rad/s}} \ (\approx\omega_2,\ f_c\approx161\ \text{Hz}) \]

9) Équation différentielle

\[ \boxed{\ (R_1+R_2)C\,\frac{ds}{dt}+s=R_1C\,\frac{de}{dt}+e\ } \quad\Longleftrightarrow\quad \tau_2\,\dot s+s=\tau_1\,\dot e+e \]

10) Réponse à un échelon \(e=A\) (\(t>0\))

Pour \(t>0\), \(\dot e=0\) : \(\tau_2\dot s+s=A\). Solution \(s(t)=A+K e^{-t/\tau_2}\). Le saut initial est réglé par le gain HF (\(C\) déchargé se comporte en court-circuit) : \(s(0^+)=\dfrac{R_1}{R_1+R_2}A=0{,}1A\). D'où \(K=-0{,}9A\) :

\[ \boxed{\ s(t)=A\Big(1-0{,}9\,e^{-t/\tau_2}\Big)\ ,\quad \tau_2=(R_1+R_2)C=1\ \text{ms}\ }\] Saut à \(0{,}1A\) en \(t=0^+\), puis montée exponentielle vers \(A\).
t (ms)s(t)A0,1Aτ₂=1mssaut à 0,1A
Réponse indicielle : saut à \(0{,}1A\) puis charge du condensateur vers \(A\) (\(\tau_2=1\) ms).

11) Entrée \(e(t)=A\cos^2(\omega t)\), \(A=1\) V, \(\omega=5\times10^4\) rad/s

Linéarisation : \(\cos^2(\omega t)=\dfrac{1+\cos(2\omega t)}{2}\) ⇒ une composante continue \(0{,}5\) V et une composante à \(\Omega=2\omega=10^5\) rad/s, d'amplitude \(0{,}5\) V.

  • Continu (\(\omega=0\)) : \(\underline H(0)=H_0=1\) ⇒ passe intégralement : \(0{,}5\) V.
  • \(\Omega=10^5\) rad/s : \(\omega\tau_1=10\), \(\omega\tau_2=100\) ⇒ \(\underline H=\dfrac{1+10j}{1+100j}\), \(|\underline H|\approx0{,}1005\), \(\arg\approx-5{,}1^\circ\).
\[ \boxed{\ s(t)\approx0{,}5+0{,}050\,\cos\!\big(2\omega t-5{,}1^\circ\big)\ \text{V}\ }\] La composante continue passe sans atténuation ; l'ondulation à \(2\omega\) (bien au-dessus de \(\omega_1\)) est atténuée d'un facteur 10.

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