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SII · C05 — Initiation au dessin technique

C05 — Initiation au dessin technique : lire une mise en plan

Comprendre les normes du dessin industriel : projections orthogonales et disposition des vues, types de traits, formats et cartouche ; vues particulières, coupes et sections, hachures, filetages ; terminologie des surfaces, formes techniques et éléments standards (assemblage, guidage, transmission…).

Sommaire du chapitre
📌 Fiche mémo — C05 Initiation au dessin technique
Projection européennevue de face au centre ; droite → à gauche, gauche → à droite, dessus → en dessous, dessous → au-dessus, arrière à droite ou à gauche
Échelle\(\text{échelle}=\dfrac{\text{dimension dessinée}}{\text{dimension réelle}}\) (1, 1/2, 1/5… réduction ; 2, 5, 10… agrandissement)
Continu fortarêtes et contours visibles — Interrompu fin : arêtes cachées — Mixte fort : plan de coupe
Continu fincotes, hachures, arêtes fictives, fonds de filets vus — Mixte fin : axes, cercle primitif
Priorité des traitscontinu fort > interrompu fin > mixte fin > continu fin ; espace ≥ 0,7 mm entre 2 traits
Formats ISO Arapport \(\sqrt2\) ; A0 = 1 m² (841×1189) ; A4 = 210×297 ; on plie en 2 → format inférieur
Cartoucheauteur, date, révision, normes, désignation, matière, nomenclature : le dessin est un document contractuel
Coupehachures en trait fin sur la surface touchée ; plan de coupe en trait fort + flèche + 2 lettres (A-A) ; les hachures ne coupent jamais un trait fort
Exceptions aux hachuresaxes dans un alésage, petites pièces (vis, clavette), pièces minces dans leur plus grande dimension (nervures)
Filetagetraits forts : sommet de filet ; trait fin : fond de filet ; cotation sur les traits extérieurs, M sans symbole Ø
Taraudage borgnefond de trou à 120° ; la convention de la vis l'emporte dans l'assemblage
Surfaces élémentairesplan, cylindre, cône, sphère, hélicoïde, tore
Lire une mise en plancartouche → échelle → vue de face → vues liées (flèches, traces de coupe) → hachures (matière) → formes techniques → éléments standards

1. Résumé de cours détaillé

1.1 Introduction : pourquoi un dessin normalisé ?

Le dessin technique vise à une représentation fidèle des objets, en forme et en dimension. Le support (papier puis écran) impose de déformer l'objet par un jeu de perspective. Gaspard Monge (1746-1818), ingénieur lyonnais, propose les premières formalisations de représentation (perspective conique, diédrique, triédrique…). La normalisation arrive au début du XXᵉ siècle (norme allemande DIN) en réponse aux exigences croissantes de l'industrie.

À retenir Le dessin industriel normalisé est lisible, condensé et commun à tous les acteurs de la conception et de la production d'un objet : un langage fondé sur des règles et conventions, qui « laisse peu de place à l'erreur » et favorise les échanges entre concepteurs.

1.2 Projections (norme NF E04-108-520)

Une seule projection ne suffit pas pour représenter un objet sans ambiguïté : on utilise un ensemble de projections qui sont des projections orthogonales. Leurs positions relatives et leurs directions sont normalisées dans un cube de projection.

Principes de projection 1. On choisit un trièdre orthogonal de projection.
2. On place l'objet au « centre » du trièdre de sorte que des directions privilégiées de l'objet soient parallèles aux faces du trièdre.
3. On représente sur les faces du trièdre les projections de l'objet suivant des directions orthogonales à chacun des plans.
Échelle de représentation = rapport \(\dfrac{\text{dimension dessinée}}{\text{dimension de l'objet réel}}\) (norme NF E04-506). On se limite, sauf besoin, aux échelles normalisées : réduction 1/2, 1/2,5, 1/5, 1/10, 1/20, 1/50… ; vraie grandeur 1 ; agrandissement 2, 2,5, 5, 10, 20, 50…

Projection dans le plan P1 = vue de face (observateur en face de l'objet) ; plan P2 = vue de dessus (observateur au-dessus) ; plan P3 = vue de droite (observateur à droite)…

En « dépliant » le cube de projection autour de la vue de face :

VUE DE FACEvue de dessousvue de dessusvue de droitevue de gauchevue d'arrièreDisposition normalisée des vues (projection européenne)on place la vue de face puis on « déplie » le cube de projection autour d'elleLa vue de droite est À GAUCHE de la face ; la vue de dessus est EN DESSOUS.
Disposition des 6 vues autour de la vue de face (projection européenne). Un tronc de cône vu de côté à gauche puis deux cercles concentriques à droite est le symbole qui spécifie ce type de représentation.
Cube de projection déplié et premiers traits (extrait du CM)
Extrait du CM (p. 5) — cube déplié : vue de face, de dessus, de dessous, de droite, de gauche, d'arrière.
Piège Dans la projection européenne, la vue de droite se place à gauche de la vue de face et la vue de dessus en dessous : c'est « l'inverse de l'intuition ». En projection américaine, c'est l'inverse : d'où l'importance du symbole dans le cartouche.

1.3 Les types de traits

Un trait est caractérisé par sa nature (continue, interrompue, mixte) et sa largeur (fort E ou fin E/2). Pour la reprographie, la distance entre deux traits ne doit jamais être inférieure à 0,7 mm (portemines recommandés en 0,5 ou 0,7 mm).

1Continu fortarêtes et contours vus, flèches de sens d'observation2Interrompu finarêtes et contours cachés3Continu fincotes, lignes d'attache, hachures, axes courts4Mixte fin (1 point, 1 tiret long)axes de révolution et de symétrie, cercle primitif6Mixte fort (1 point, 1 tiret long)plan de coupe, surfaces à spécification7Mixte fin (2 points, 1 tiret long)pièces voisines, positions extrêmes
Les principaux types de traits (numérotation du CM) et leurs usages.
N°TraitUtilisation
1Continu fort (E)arêtes visibles, contours vus, flèches de sens d'observation
2Interrompu fin (E/2)arêtes cachées, contours cachés, fonds de filets cachés
3Continu finlignes d'attache et de cote ; hachures ; axes courts ; fonds de filets vus ; cercles de pied des roues dentées ; contours de sections rabattues ; arêtes fictives ; constructions géométriques
4Mixte fin à point et un tiret longaxes de révolution, axes de symétrie, cercle primitif des engrenages
5Continu fin ondulé ou rectiligne en zigzaglimites de vues partielles, limites de coupes et sections locales
6Mixte fort à un point et un tiret longindication de plan de coupe et de section ; surfaces à spécification particulière ; traitement des surfaces ; partie restreinte d'un élément ; zone de mesure restreinte
7Mixte fin à deux points et un tiret longcontours de pièces voisines ; positions de pièces mobiles ; contours primitifs ; lignes de centre de gravité ; parties situées en avant d'un plan
Priorité des traits en cas de superposition Continu fort > Interrompu fin > Mixte fin > Continu fin.
Tableau des types de traits (extrait du CM)
Extrait du CM (p. 6) — tableau des types de traits.

1.4 Formats des dessins et cartouche

Le format et la présentation sont normalisés : réduction du nombre de formats, archivage et classement simplifiés, cohérence de présentation facilitant la consultation (cf. « Guide du dessinateur industriel », § 3).

Formats de feuilles (série A) En 1918, Walter Porstmann propose, d'après le rapport de Lichtenberg, les formats de papier de la norme DIN : chaque format plié en deux donne le format inférieur et reste homothétique, ce qui impose un rapport de \(\sqrt2\) entre la longueur et la largeur. Le format de référence est le A0, de surface 1 m² (841 × 1189 mm).
A4210×297A3297×420A2420×594A1594×841Ratio √2 ≈ 1,414 entre longueur et largeurA0 : 841 × 1189 mm → 1 m² ; plier en 2 → format inférieur
Formats A4 à A1 (échelle réduite) : chaque format a pour côtés \((l,\ l\sqrt2)\) ; plier en deux la grande longueur donne le format suivant.
Cartouche Le dessin technique est un document contractuel : il engage son auteur juridiquement. On y porte des informations non graphiques : auteur, date, révision, normes utilisées, nom et référence du produit, matières, nomenclature, échelle, symbole de projection… Elles sont intégrées au cartouche.

1.5 Exemple et applications du cours

Le CM propose trois applications graphiques à réaliser sur le dessin d'un bloc à rainure en V :

Méthode pour A1 et A2 (à faire sur papier) Une vue donne 2 des 3 coordonnées du point : vue de face → (abscisse, hauteur) ; vue de dessus → (abscisse, profondeur) ; vue de droite/gauche → (profondeur, hauteur).
1. Placer le point sur une vue, par exemple la vue de face ;
2. Le reporter sur la vue de dessus par une ligne de rappel verticale (même abscisse) puis la profondeur lue sur la perspective ;
3. Le reporter sur la vue de gauche/droite par une ligne de rappel horizontale (même hauteur) ;
4. Pour colorier une surface : l'identifier sur la perspective (plan incliné, plan de face…), puis la retrouver dans chaque vue (une surface plane inclinée apparaît déformée — en raccourci — dans les vues où elle n'est pas de bout ; un plan parallèle au plan de projection apparaît en vraie grandeur, un plan perpendiculaire apparaît en trait).
Remarque du CM Pour s'entraîner à voir dans l'espace, un test de vision dans l'espace est proposé en ligne (mon-qi.com). Les figures de A1-A3 sont des images : les réponses doivent être construites au crayon sur le sujet.

1.6 Représentations particulières

Ces représentations allègent le tracé, évitent des projections complexes et s'adaptent à la mise en page :

ReprésentationPrincipe
Vue déplacéeobservation suivant une direction oblique (flèche + lettre), la vue est placée là où la mise en page le permet ; évite des projections déformées
Vue interrompueon « raccourcit » une pièce trop longue en n'en représentant que les extrémités, avec un trait fin ondulé ou en zigzag (ex. arbre de moteur)
Demi-vue / quart de vue (vues partielles)pièce symétrique : on ne dessine qu'une moitié (ou un quart) ; indication d'une demi-vue par deux petits traits à l'axe de symétrie
Vue localereprésentation d'un détail extrait de la vue principale, relié par un trait mixte fin
Demi-vue rabattuela demi-face cachée est représentée par des traits mixtes fins à deux tirets, rattachée à la vue principale
Position extrême de pièces mobilesune position en traits normaux et l'autre en trait mixte fin à deux tirets
Méplat (surface plane de manœuvre)usiné sur des surfaces de révolution, indiqué par ses diagonales principales en trait fin
Détailgrossissement d'une partie peu visible à l'échelle du tracé ; indiquer le nom du détail (lettre) et l'échelle du détail
Arêtes fictivessur pièces moulées ou pliées, intersections masquées par un arrondi : génératrices fictives en traits continus fins, non reliées au bord de la pièce
Vues interrompues, partielles, locales (extrait du CM)
Extrait du CM (p. 10) — vues interrompues et vues partielles (demi-vue, quart de vue).
Vues locales, demi-vue rabattue, position extrême, méplat (extrait du CM)
Extrait du CM (p. 11) — vue locale, demi-vue rabattue, position extrême de pièces mobiles, méplat.

1.7 Coupes

Définition Les vues en coupe permettent de couper la pièce « par la pensée » : on enlève la partie située en avant du plan de coupe pour visualiser la partie en arrière. On doit faire apparaître ce qui est situé en arrière du plan de coupe.
Pour dessiner une coupe 1. Hachurer en traits fins la surface touchée par le « trait de scie » (la matière coupée) ;
2. Repérer en traits forts la trace du plan de coupe (mixte fort, extrémités) ;
3. Repérer le sens de projection par une flèche en traits forts ;
4. Repérer la coupe par deux lettres (A-A…), sur le plan de coupe et sur la vue coupée.
Définition d'une coupe (extrait du CM)
Extrait du CM (p. 13) — principe de la vue en coupe et indications A-A.

Remarques et hachures

Règles de hachurage • Les hachures ne coupent jamais un trait fort.
• Les hachures ne peuvent pas s'arrêter sur un trait interrompu.
• Dans certains cas (demi-coupe), les hachures s'arrêtent sur un trait mixte (axe de symétrie).
• L'intervalle entre les traits est fonction de la surface à hachurer ; l'orientation ne doit pas suivre les directions principales des contours.

Un type de hachure caractérise une famille de matériaux :

MatériauHachure
Acier et fontetraits fins parallèles inclinés à 45° (hachure de référence)
Aluminium et alliagestraits inclinés, motif propre à la famille (voir la figure ci-dessous)
Cuivre et alliagestraits inclinés plus rapprochés, motif propre à la famille (voir la figure)
Plastiques et isolantstraits fins horizontaux
Bétontrame pointillée (petits cercles et points)
Hachures et matériaux (extrait du CM)
Extrait du CM (p. 14) — règles de hachurage et hachures par famille de matériaux.

Coupes particulières

Demi-coupe et coupe par plans décalés (extrait du CM)
Extrait du CM (p. 16) — demi-coupe et coupe par plans décalés (changements de plan en trait fort, hachures décalées d'un demi-pas).
Coupe par plans concourants (extrait du CM)
Extrait du CM (p. 17) — coupe par plans concourants.

Sections

Section Une section représente uniquement la partie de la pièce située dans le plan sécant (alors que la coupe montre aussi ce qui est en arrière). Une section sortie se présente comme une coupe dans laquelle « on ne verrait pas l'arrière de la pièce » ; pour dissiper les ambiguïtés, on indique « Section » en toutes lettres. Une section rabattue est dessinée en surcharge sur une vue, avec le contour de la section en traits fins.
Sections sortie et rabattue (extrait du CM)
Extrait du CM (p. 18-19) — sections sorties et sections rabattues.

1.8 Filetages

Conventions de représentation Tige filetée : en traits forts, la forme qu'avait l'axe avant l'usinage de l'hélice (diamètre extérieur, sommet des filets) et le début du filetage ; en traits fins, le fond du filetage ; mêmes conventions en vue de côté et en coupe ; dans les vues cachées, toutes les arêtes en traits interrompus.
Trou taraudé borgne : en traits forts, le trou existant avant l'usinage de l'hélice ainsi que la fin du taraudage (fond du trou à 120° d'angle au sommet) ; en traits fins, le fond du taraudage.
Tige filetée dans trou taraudé : la convention de dessin de la vis l'emporte dans l'assemblage (la tige reste dessinée entière, le taraud n'apparaît pas à sa place).
Trou taraudé débouchant ; gorges sur l'arbre ou dans l'alésage : elles permettent de dégager la fin de l'usinage (sortie de l'outil).
Cotation : toujours sur les traits extérieurs ; ne pas mettre le symbole Ø ; la lettre M indique un filetage métrique normalisé (ex. M8).
Tige filetée (extrait du CM)
Extrait du CM (p. 19) — représentation d'une tige filetée.
Taraudage borgne et assemblage (extrait du CM)
Extrait du CM (p. 20) — trou taraudé borgne, tige filetée dans un trou taraudé, taraudage débouchant et gorges.

1.9 Terminologie

Les surfaces élémentaires

Surface plane (un plan), cylindrique (un cylindre), conique (un cône), sphérique (une sphère), hélicoïdale (un hélicoïde), torique (un tore).

Les formes techniques

FormeDéfinition
Fraisuresurface conique intérieure utilisée, en général, pour « noyer » une tête de vis (FS, FHC)
Épaulementcomposé en général d'une surface cylindrique et d'une surface plane, ou de deux surfaces planes implicitement perpendiculaires
Rainureentaille de différentes formes et dimensions selon le rôle fonctionnel ; généralement trois plans perpendiculaires (rainure de guidage, rainure de clavetage)
Chanfreinsurface de faible étendue obtenue par suppression d'une arête (sécurité) ; sur une pièce cylindrique, c'est une surface conique de révolution ; facilite aussi le montage des pièces
Arrondi (surface convexe)petite surface arrondie qui supprime une arête vive ou raccorde deux surfaces (pièces moulées en particulier)
Congé (surface concave)petite surface raccordant deux surfaces formant un angle rentrant (pièces moulées en particulier)
Méplatsurface plane coupant un cylindre droit parallèlement à son axe
Filetagesurface hélicoïdale extérieure taillée sur un cylindre, utilisée avec un taraudage
Gorgerainure circulaire sur un arbre : permet la mise en place d'un anneau élastique, d'un joint ; sert de dégagement pour éviter un contact
Tenon (languette)forme destinée à s'ajuster dans une rainure, en général pour assurer une liaison glissière ; « languette » = tenon de grande longueur
Trou oblong (lumière)trou plus long que large, terminé par deux demi-cylindres ; en général pour une fonction de réglage
Lumièreorifice de forme quelconque, généralement dans des pièces minces
Bossagevolume en saillie qui limite l'importance d'une surface usinée sur des pièces moulées
Nervurevolume de base en général triangulaire, rapporté ou moulé sur une pièce pour augmenter sa rigidité sans trop de poids
Évidement circulairedégagement permettant de réduire la longueur de portée d'un arbre
Évidement sur semelledégagement permettant de réduire l'étendue de la surface d'appui
Chambrageévidement intérieur qui réduit la longueur de portée d'un alésage
Surfaces élémentaires et formes techniques (extrait du CM)
Extrait du CM (p. 22) — surfaces élémentaires, fraisure, épaulement, rainure.
Chanfrein, arrondi, congé, méplat, filetage (extrait du CM)
Extrait du CM (p. 23) — chanfrein, arrondi, congé, méplat, filetage (représentation réelle et normalisée).
Gorge, tenon, trou oblong, lumière, bossage, nervure (extrait du CM)
Extrait du CM (p. 24) — gorge, tenon, trou oblong, lumière, bossage, nervure.

Éléments standards et éléments normalisés

CatégorieÉléments
Profilés / produits semi-finistube carré, tube rond, barre ronde, barre carrée, tôle, plaque, plat, cornière
Assemblagevis à tête hexagonale (vis H), vis à tête cylindrique à six pans creux (vis CHC), rondelle, écrou, goujon, anneau élastique d'extérieur (circlips pour arbre) et d'intérieur (circlips pour alésage), goupille élastique (goupille Mécanindus)
Guidage en rotationbague autolubrifiée (coussinet), roulement rigide à une rangée de billes
Transmission de mouvementtrain d'engrenages, pignons et chaîne, poulies et courroie, pignon-crémaillère
Autresjoint torique (fonction étanchéité, matière caoutchouc) ; ressort (restitution d'effort, matière acier) ; clavette (liaison complète démontable)
Lien avec les autres chapitres Ces éléments sont les « briques » des mécanismes étudiés ailleurs : guidages (pivot, glissière) → C10 Liaisons usuelles ; transmetteurs → C04 ; la lecture d'un dessin sert à construire le schéma cinématique.
Éléments d'assemblage et de guidage (extrait du CM)
Extrait du CM (p. 26) — éléments d'assemblage (vis H, CHC, rondelle, écrou, goujon, circlips, goupille) et de guidage en rotation.
Transmission de mouvement et autres éléments (extrait du CM)
Extrait du CM (p. 27) — transmission de mouvement, joint torique, ressort, clavette.

1.10 Savoirs et savoir-faire (bilan du CM)

Je connais les vues principales associées à une pièce ; comment disposer ces vues sur un plan ; la signification des traits ; toutes les vues utilisables dans une mise en plan.
Je sais lire une mise en plan ; reconnaître les matériaux usuels ; identifier les surfaces élémentaires ; identifier les formes techniques usuelles ; les éléments techniques usuels ; faire une mise en plan d'une pièce 3D.

2. Exercices d'entraînement (créés) avec corrections

Seul le CM de C05 a été fourni (pas de TD) : exercices créés à partir du cours (questions de lecture de dessin, de normes et de vocabulaire).

Exercice A — Quel trait pour quoi ?♦◊◊

Associer chaque élément du dessin au type de trait normalisé

Élément à tracerTrait
Contour d'une pièce visiblecontinu fort
Alésage non visible (derrière une paroi)interrompu fin
Ligne de cote et ligne d'attachecontinu fin
Hachures d'une coupecontinu fin
Axe d'un arbre, axe de symétriemixte fin (1 point, 1 tiret long)
Extrémités du plan de coupe A-Amixte fort (1 point, 1 tiret long)
Position extrême d'une pièce mobile, contour d'une pièce voisinemixte fin à deux points
Limite d'une vue interrompuecontinu fin ondulé / zigzag

Si un trait continu fort et un trait interrompu se superposent, le continu fort l'emporte (priorité : fort > interrompu fin > mixte fin > continu fin).

Exercice B — Placer les vues♦◊◊
Projection européenne (NF E04-108-520). On a dessiné la vue de face d'une pièce.

Q1 — Où place-t-on la vue de droite ? la vue de dessus ? la vue de dessous ? la vue de gauche ?

Vue de droite : à gauche de la vue de face. Vue de dessus : en dessous. Vue de dessous : au-dessus. Vue de gauche : à droite. Vue d'arrière : à droite ou à gauche des autres vues (indifféremment).

Q2 — Combien de vues minimum faut-il pour représenter sans ambiguïté un cylindre plein ? Un bloc avec un trou borgne sur la face de dessus ?

Un cylindre plein : 2 vues suffisent (vue de côté : rectangle ; vue de face : cercle). Le bloc avec trou borgne : la vue de dessus (cercle) + une vue de côté avec le trou en interrompu fin (ou en coupe) pour donner la profondeur. Une seule projection ne suffit jamais.

PiègeEn projection européenne, une pièce vue « de dessus » est dessinée sous la vue de face, pas au-dessus ; ne pas confondre avec la projection américaine.
Exercice C — Échelles et formats♦◊◊

Q1 — Une pièce de 120 mm est représentée par un segment de 60 mm. Quelle est l'échelle ?

Échelle \(=\dfrac{\text{dessinée}}{\text{réelle}}=\dfrac{60}{120}=\dfrac12\) : 1/2 (réduction).

Q2 — Un détail de 4 mm est dessiné à l'échelle 5 : quelle longueur sur le dessin ?

\(4\times5=20\) mm (agrandissement).

Q3 — Retrouver les dimensions A3 à partir de l'A0 (841 × 1189 mm)

On plie en deux le grand côté à chaque fois : A1 : 594 × 841 ; A2 : 420 × 594 ; A3 : 297 × 420 ; A4 : 210 × 297. Vérification du rapport : \(\dfrac{1189}{841}\approx1{,}414=\sqrt2\) ✔ ; \(\dfrac{420}{297}\approx1{,}414\) ✔.

Q4 — Surface d'un A4 ?

\(210\times297=62\,370\) mm² \(=0{,}0624\) m² \(\approx\dfrac{1}{16}\) m² (l'A0 vaut ≈ 1 m² et on divise la surface par 2 quatre fois).

1/2 ; 20 mm ; A3 = 297 × 420 mm ; A4 ≈ 0,0624 m²

Exercice D — Hachures : justes ou fausses ?♦♦◊

Dire si chaque affirmation est vraie (V) ou fausse (F) et corriger

1) « Les hachures peuvent traverser un trait fort. » F — elles ne coupent jamais un trait fort.

2) « Les hachures s'arrêtent sur un trait interrompu fin. » F — elles ne s'arrêtent pas sur un interrompu ; elles s'arrêtent sur un trait fort (contour) ou, en demi-coupe, sur un trait mixte (axe de symétrie).

3) « On hachure les nervures coupées dans leur plus grande dimension. » F — on ne hachure pas les pièces minces dans leur plus grande dimension (nervures), ni les petites pièces (vis, clavette), ni un axe qui traverse un alésage.

4) « Deux pièces voisines coupées doivent avoir des hachures de même sens. » F — on change l'orientation ou l'espacement pour distinguer les pièces voisines ; les hachures d'une même pièce gardent la même orientation et le même pas (avec un décalage d'un demi-pas aux changements de plan d'une coupe à plans décalés).

5) « Le type de hachure renseigne sur la famille de matériau. » V — acier/fonte, aluminium, cuivre, plastiques, béton.

Règle de fond : la hachure représente la matière touchée par le plan de coupe, rien d'autre.

Exercice E — Quel type de coupe ?♦♦◊

Choisir la représentation la plus adaptée

1) Pièce de révolution symétrique dont on veut voir à la fois l'extérieur et l'intérieur : demi-coupe (demi-vue accolée à une demi-coupe, axe de symétrie en mixte fin).

2) Pièce avec plusieurs perçages parallèles non alignés : coupe par plans décalés (changements de plan en traits forts, hachures décalées d'un demi-pas).

3) Pièce avec des perçages à 120° autour d'un axe : coupe par plans concourants (plan oblique rabattu dans le prolongement de l'autre ; on ne dessine pas les parties cachées dans le plan rabattu).

4) On ne veut montrer que la forme du profil d'un bras sans le reste de la pièce : section (sortie ou rabattue).

5) Un détail trop petit pour être lu : vue en détail (nom et échelle du détail).

Différence coupe / sectionLa coupe montre la matière coupée et ce qui est en arrière du plan de coupe ; la section ne montre que la matière coupée.
Exercice F — Filetages♦◊◊

Q1 — Comment cote-t-on un filetage de diamètre 8 mm métrique ?

« M8 » (la lettre M indique un filetage métrique normalisé), sans symbole Ø, la cote étant portée sur les traits extérieurs (diamètre du filetage).

Q2 — Quels traits pour une tige filetée vue de côté ?

Trait fort pour le sommet des filets (forme avant usinage de l'hélice) et la limite de filetage ; trait fin pour le fond du filetage.

Q3 — Quel angle au fond d'un taraudage borgne et pourquoi une gorge ?

Fond de trou à 120° (pointe du foret). La gorge sert de dégagement à l'outil en fin de filetage.

Dans l'assemblage d'une vis dans un taraudage, la convention de la vis l'emporte : la vis est dessinée entière, sans interrompre ses filets par ceux du taraudage.

Exercice G — Vocabulaire des formes techniques♦◊◊

Nommer la forme technique décrite

1) « Surface conique intérieure pour noyer une tête de vis FHC » → fraisure.

2) « Raccordement concave entre deux surfaces formant un angle rentrant sur pièce moulée » → congé.

3) « Suppression d'une arête vive, en cône de révolution sur un arbre, facilite le montage » → chanfrein.

4) « Volume triangulaire ajouté pour rigidifier sans alourdir » → nervure.

5) « Trou plus long que large pour le réglage de position » → trou oblong (lumière).

6) « Rainure circulaire sur un arbre recevant un anneau élastique » → gorge.

7) « Surface plane usinée sur un cylindre, parallèle à son axe, pour une clé » → méplat.

8) « Évidement intérieur qui réduit la longueur de portée d'un alésage » → chambrage.

À ne pas confondre : arrondi (convexe, adoucit une arête) et congé (concave, angle rentrant) ; évidement circulaire (sur arbre) et chambrage (dans un alésage).

Exercice H — Méthode : lire une mise en plan♦♦◊

Quelle démarche suivre devant un dessin d'ensemble ?

1) Cartouche : nom du produit, échelle, format, symbole de projection (européen ?), matière, révision.
2) Vue principale (de face) : repérer l'objet global et son orientation.
3) Vues liées : flèches de sens d'observation, traces de plan de coupe (mixte fort) et lettres A-A, B-B ; positionner chaque vue par la règle de projection.
4) Hachures : identifier les pièces coupées (orientation et type → matériau) ; deux pièces voisines ont des hachures différentes.
5) Formes techniques de chaque pièce (alésages, rainures, congés, filetages).
6) Éléments standards (vis, rondelles, roulements, joints) via la nomenclature repérée par des numéros cerclés.

Objectif final : être capable de construire le schéma cinématique (identifier les pièces, les liaisons) et de comprendre le fonctionnement du mécanisme (voir C10).

📂 Documents donnés

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