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Annales · AM2 Maths · DS blanc (créé)

DS blanc de maths — Ch1, Ch2, Ch3 (§1 à §3) + méthode de chaque exercice

DS blanc créé sur mesure pour ton DS : 2 h, sur 20 points, même structure que le DS1 de l'année dernière (QCM, restitution de cours, exercices). Programme couvert : Ch1 analyse asymptotique (équivalents, DL, asymptotes, suites implicites), Ch2 applications linéaires (sous-espaces, supplémentaires, projecteurs, bases, dimensions, noyau/image) et Ch3 jusqu'au §3 inclus (rang, théorème du rang, matrice d'une application linéaire) — le §4 (changement de base, matrices semblables, \(P^{-1}AP\)) est volontairement exclu. Les types d'exercices reprennent ceux des TD (TD1, TD2, TD3 exercices 1 à 5). Chaque correction est repliable (cherche d'abord, déplie ensuite) et tous les résultats ont été vérifiés par calcul formel. À la fin de chaque exercice : un encart ⚡ Méthode déduite ; tout est regroupé dans la fiche méthodes finale.

Sommaire

Consignes & barème

Consignes Durée : 2 h · ni document ni calculatrice · justifier toutes les réponses. Barème : QCM 4 pts (une seule bonne réponse par question) + cours 2 pts + Ex 1 (2,5) + Ex 2 (2,5) + Ex 3 (2,5) + Ex 4 (2,5) + Ex 5 (4) = 20 pts.
Conseil de méthode (gestion du temps) QCM 15 min · cours 10 min · Ex 1 et Ex 3 (rapides) 20 min chacun · Ex 4 15 min · Ex 2 20 min · Ex 5 20 min. Lire tout le sujet d'abord : les exercices d'algèbre linéaire rapportent des points « sûrs » si la méthode est connue.

QCM · 4 pts (1 pt par question, une seule bonne réponse)

✏️ QCM 1 — Équivalent d'une suite (différence de deux termes qui tendent vers 1) ♦♦

Un équivalent de \(U_n=e^{1/n}-\cos\!\Big(\dfrac1{\sqrt n}\Big)\) quand \(n\to+\infty\) est :
A : \(\frac1n\) · B : \(\frac1{2n}\) · C : \(\frac3{2n}\) · D : \(\frac1{\sqrt n}\) · E : \(\frac1{2\sqrt n}\) · F : \(0\).

✅ Correction QCM 1

Cadre. Les deux termes tendent vers \(1\) : \(U_n\to0\), mais on ne peut pas soustraire les équivalents \(e^{1/n}\sim1\) et \(\cos\sim1\) (cela donnerait « \(U_n\sim0\) », absurde). On fait des développements limités.

Premier terme. Avec \(u=\frac1n\to0\) : \(e^{u}=1+u+o(u)\), soit \(e^{1/n}=1+\dfrac1n+o\!\Big(\dfrac1n\Big)\).

Second terme. Avec \(v=\frac1{\sqrt n}\to0\) : \(\cos v=1-\dfrac{v^2}{2}+o(v^2)\), soit \(\cos\dfrac1{\sqrt n}=1-\dfrac1{2n}+o\!\Big(\dfrac1n\Big)\).

Différence. \(U_n=\dfrac1n+\dfrac1{2n}+o\!\Big(\dfrac1n\Big)=\dfrac3{2n}+o\!\Big(\dfrac1n\Big)\).

Réponse : C — \(U_n\sim\dfrac{3}{2n}\).
PiègeNe pas répondre A (en oubliant le terme du cosinus, d'ordre \(\frac1n\) lui aussi parce que \(v^2=\frac1n\)). On identifie l'ordre de chaque morceau avant de conclure.
⚡ Méthode déduiteDifférence \(f-g\) de deux termes de même limite ⇒ DL de chaque terme au même ordre (ici ordre 1 en \(\frac1n\)), on soustrait les DL, on lit le premier terme non nul. Jamais « équivalent − équivalent ».
✏️ QCM 2 — Limite en 0 d'un quotient (le premier ordre s'annule) ♦♦

La limite en \(0\) de \(\dfrac{\ln(1+x)-\sin x}{x\tan x}\) est :
A : \(0\) · B : \(-\frac12\) · C : \(\frac12\) · D : \(-1\) · E : \(1\) · F : n'existe pas.

✅ Correction QCM 2

Numérateur. \(\ln(1+x)=x-\dfrac{x^2}{2}+o(x^2)\) et \(\sin x=x+o(x^2)\) (le terme suivant est \(-\frac{x^3}{6}\)). Donc \[\ln(1+x)-\sin x=-\frac{x^2}{2}+o(x^2)\sim-\frac{x^2}{2}.\] Les termes d'ordre 1 se sont annulés : il a fallu aller à l'ordre 2.

Dénominateur. \(\tan x\sim x\), donc \(x\tan x\sim x^2\).

Quotient (les équivalents se divisent) : \(\dfrac{-x^2/2}{x^2}=-\dfrac12\).

Réponse : B — la limite vaut \(-\dfrac12\).
Piège« \(\ln(1+x)\sim x\) et \(\sin x\sim x\) donc le numérateur est \(\sim0\) » est faux. Les équivalents ne se soustraient pas : il faut le DL jusqu'à l'ordre où il reste un terme non nul.
⚡ Méthode déduiteQuotient avec numérateur d'ordre \(p\) et dénominateur d'ordre \(q\) : DL du numérateur et du dénominateur jusqu'au premier terme non nul, puis équivalents et division (\(\to\) valeur de la limite ou \(x^{p-q}\) si \(p\neq q\)).
✏️ QCM 3 — Sous-espaces de \(\mathbb R^3\) ♦

Dans \(\mathbb R^3\), soit \(F=\{(x,y,z)\mid x+y-z=0\}\) et \(G=\mathrm{Vect}\big((1,2,3)\big)\). Alors :
A : \(F\oplus G=\mathbb R^3\) · B : \(G\subset F\), donc \(F+G=F\neq\mathbb R^3\) · C : \(F\cap G=\{0\}\) mais \(F+G\neq\mathbb R^3\) · D : \(\dim(F+G)=3\) · E : \(F=G\).

✅ Correction QCM 3

Test d'appartenance. \(u=(1,2,3)\) vérifie \(1+2-3=0\) : \(u\in F\). Comme \(G=\mathrm{Vect}(u)\) et que \(F\) est un sous-espace vectoriel, \(G\subset F\).

Conséquences. \(F+G=F\), \(\dim F=3-1=2\) (une équation non triviale en dimension 3) ; donc \(F+G\) est de dimension \(2\neq3\), et \(F\cap G=G\neq\{0\}\) (de dimension 1).

Réponse : B. (A, C, D sont fausses car \(F\cap G=G\neq\{0\}\) et \(\dim(F+G)=2\) ; E est fausse car \(\dim F=2\neq1=\dim G\).)
PiègePour que deux sous-espaces soient supplémentaires il faut à la fois \(F\cap G=\{0\}\) et \(F+G=E\). Avant de calculer, on teste toujours si le générateur de \(G\) vérifie l'équation de \(F\).
⚡ Méthode déduiteDroite \(G=\mathrm{Vect}(u)\) et plan \(F\) d'équation \(\varphi=0\) : supplémentaires \(\Leftrightarrow\varphi(u)\neq0\) (alors \(F\cap G=\{0\}\) et \(\dim F+\dim G=3\)).
✏️ QCM 4 — Rang d'une matrice à paramètre et bijectivité ♦♦

Pour \(a\in\mathbb R\), soit \(M(a)=\begin{pmatrix}1&1&1\\1&2&3\\1&3&a\end{pmatrix}\) et \(f_a\) l'endomorphisme de \(\mathbb R^3\) de matrice \(M(a)\) dans la base canonique. \(f_a\) n'est pas bijectif si et seulement si :
A : \(a=0\) · B : \(a=3\) · C : \(a=5\) · D : \(a=-5\) · E : jamais · F : pour tout \(a\).

✅ Correction QCM 4

Principe. Endomorphisme en dimension finie : \(f_a\) bijectif \(\Leftrightarrow\mathrm{rg}\,M(a)=3\).

Pivot de Gauss : \(L_2\leftarrow L_2-L_1\), \(L_3\leftarrow L_3-L_1\) : \(\begin{pmatrix}1&1&1\\0&1&2\\0&2&a-1\end{pmatrix}\), puis \(L_3\leftarrow L_3-2L_2\) : \(\begin{pmatrix}1&1&1\\0&1&2\\0&0&a-5\end{pmatrix}\).

Trois pivots \(\Leftrightarrow a-5\neq0\). Si \(a=5\), le rang est \(2\) et, par le théorème du rang, \(\dim\ker f_5=3-2=1\neq0\) : ni injectif, ni surjectif.

Réponse : C — \(f_a\) n'est pas bijectif \(\Leftrightarrow a=5\) (on retrouve \(\det M(a)=a-5\)).
PiègeOn n'échange pas lignes et colonnes en cours de route ; on n'a le droit de multiplier une ligne que par un scalaire non nul (ici on n'a fait que des « ajouts de combinaison », donc rien à discuter sur le paramètre avant l'étape finale).
⚡ Méthode déduiteEndomorphisme de matrice \(M\) : bijectif \(\Leftrightarrow\mathrm{rg}\,M=\dim\). Rang par Gauss (opérations sans diviser par le paramètre) ; le paramètre apparaît dans le dernier pivot ⇒ valeurs exclues = racines de ce pivot.

Restitution de cours · 2 pts

✏️ Projecteur et sous-espaces supplémentaires ♦♦

Soit \(E\) un \(\mathbb R\)-espace vectoriel et \(p\in\mathcal L(E)\) tel que \(p\circ p=p\) (« projecteur »). Démontrer que \(E=\ker p\oplus\mathrm{Im}\,p\).

✅ Correction

Étape 1 : \(E=\ker p+\mathrm{Im}\,p\) (analyse–synthèse). Soit \(x\in E\). On écrit \(x=\big(x-p(x)\big)+p(x)\). Le second terme est dans \(\mathrm{Im}\,p\). Pour le premier : \(p\big(x-p(x)\big)=p(x)-p(p(x))=p(x)-p(x)=0\) (car \(p\circ p=p\)), donc \(x-p(x)\in\ker p\).

Étape 2 : \(\ker p\cap\mathrm{Im}\,p=\{0\}\). Soit \(y\in\ker p\cap\mathrm{Im}\,p\). Il existe \(z\in E\) tel que \(y=p(z)\). Alors \(p(y)=p(p(z))=p(z)=y\). Mais \(y\in\ker p\) donc \(p(y)=0\). D'où \(y=0\).

Les deux conditions étant vérifiées : \(E=\ker p\oplus\mathrm{Im}\,p\). De plus \(p\) est la projection sur \(\mathrm{Im}\,p\) parallèlement à \(\ker p\), et \(\mathrm{Im}\,p=\ker(p-\mathrm{id})\).
PiègeNe pas oublier la deuxième condition (intersection réduite à \(\{0\}\)) : la décomposition \(x=(x-p(x))+p(x)\) seule ne prouve que \(E=\ker p+\mathrm{Im}\,p\).
⚡ Méthode déduiteProuver \(E=F\oplus G\) = deux inclusions : (i) existence d'une décomposition de tout \(x\) (ici \(x=(x-p(x))+p(x)\)), (ii) \(F\cap G=\{0\}\) en partant de \(y\in F\cap G\) et en appliquant la propriété (\(p\circ p=p\)).

Exercice 1 — Étude locale en 0 et asymptote en +∞ · 2,5 pts (Ch1)

✏️ DL, prolongement, tangente, position, asymptote ♦♦

On considère \(f(x)=\dfrac{x}{\ln(1+x)}\) pour \(x\in\,]-1,+\infty[\setminus\{0\}\) et \(g(x)=\sqrt{x^2+2x}\) pour \(x\geqslant0\).

1) (1,5 pt) Donner le développement limité de \(f\) en \(0\) à l'ordre 3. En déduire que \(f\) se prolonge par continuité en \(0\), que le prolongement est dérivable en \(0\), puis l'équation de la tangente en \(0\) et la position de la courbe par rapport à cette tangente.

✅ Correction Q1

Cadre. On met \(x\) en facteur pour se ramener à \(\dfrac1{1+u}\) avec \(u\to0\) : \[f(x)=\frac{1}{\dfrac{\ln(1+x)}{x}}.\]

DL de \(\dfrac{\ln(1+x)}{x}\) à l'ordre 3. \(\ln(1+x)=x-\dfrac{x^2}{2}+\dfrac{x^3}{3}-\dfrac{x^4}{4}+o(x^4)\), donc \[\frac{\ln(1+x)}{x}=1+u,\qquad u=-\frac x2+\frac{x^2}{3}-\frac{x^3}{4}+o(x^3).\]

Inverse. \(\dfrac1{1+u}=1-u+u^2-u^3+o(u^3)\) avec \(u\sim-\frac x2\) donc \(u^3=O(x^3)\), \(o(u^3)=o(x^3)\). Calcul des puissances à l'ordre 3 : \[u^2=\frac{x^2}{4}-\frac{x^3}{3}+o(x^3),\qquad u^3=-\frac{x^3}{8}+o(x^3).\] Donc \[\begin{aligned}\frac1{1+u}&=1-\Big(-\frac x2+\frac{x^2}{3}-\frac{x^3}{4}\Big)+\Big(\frac{x^2}{4}-\frac{x^3}{3}\Big)-\Big(-\frac{x^3}{8}\Big)+o(x^3)\\ &=1+\frac x2+\Big(-\frac13+\frac14\Big)x^2+\Big(\frac14-\frac13+\frac18\Big)x^3+o(x^3).\end{aligned}\] Avec \(-\frac13+\frac14=-\frac1{12}\) et \(\frac14-\frac13+\frac18=\frac{6-8+3}{24}=\frac1{24}\) : \[\boxed{f(x)=1+\frac x2-\frac{x^2}{12}+\frac{x^3}{24}+o(x^3)}.\]

Prolongement et dérivabilité. \(f(x)\to1\) quand \(x\to0\) : on pose \(f(0)=1\) (prolongement continu). Un DL à l'ordre 1 en \(0\) équivaut à la dérivabilité en \(0\) : \(f'(0)=\dfrac12\).

Tangente et position. Tangente en \(0\) : \(y=1+\dfrac x2\). Position : \(f(x)-\Big(1+\dfrac x2\Big)=-\dfrac{x^2}{12}+o(x^2)\sim-\dfrac{x^2}{12}\lt0\) au voisinage de \(0\) (\(x\neq0\)).

\(f(0)=1\), tangente \(y=1+\frac x2\), et la courbe est localement en dessous de sa tangente en \(0\).
PiègeLa position se lit sur le premier terme non nul après la droite (ici \(-\frac{x^2}{12}\)), pas sur le terme en \(x\). Il faut donc un DL d'ordre au moins 2.

2) (1 pt) Montrer que la courbe de \(g\) admet une asymptote oblique en \(+\infty\) et préciser la position de la courbe par rapport à elle.

✅ Correction Q2

Cadre. On factorise le terme dominant : pour \(x\gt0\), \(g(x)=x\sqrt{1+\dfrac2x}\). On pose \(u=\dfrac2x\to0\).

DL. \(\sqrt{1+u}=1+\dfrac u2-\dfrac{u^2}{8}+o(u^2)\) avec \(\dfrac u2=\dfrac1x\) et \(\dfrac{u^2}{8}=\dfrac4{8x^2}=\dfrac1{2x^2}\) : \[\sqrt{1+\frac2x}=1+\frac1x-\frac1{2x^2}+o\!\Big(\frac1{x^2}\Big).\] On multiplie par \(x\) : \[g(x)=x+1-\frac1{2x}+o\!\Big(\frac1x\Big).\]

Donc \(g(x)-(x+1)=-\dfrac1{2x}+o\big(\frac1x\big)\to0\) : la droite \(y=x+1\) est asymptote oblique en \(+\infty\). Position : \(g(x)-(x+1)\sim-\dfrac1{2x}\lt0\) : la courbe est en dessous de l'asymptote.

Asymptote en \(+\infty\) : \(y=x+1\), courbe en dessous.
PiègeIl faut un DL à un ordre suffisant pour faire apparaître le terme en \(\frac1x\) (c'est lui qui donne la position) : développer \(\sqrt{1+u}\) à l'ordre 2 et pas seulement à l'ordre 1, car on multiplie ensuite par \(x\).
⚡ Méthode déduite (Ex 1)
  • Étude locale d'une fonction en un point : mettre en facteur la partie qui s'annule (ici \(x\)) pour obtenir \(\frac1{1+u}\), \(\sqrt{1+u}\), \(\ln(1+u)\)… avec \(u\to0\), appliquer le DL usuel et composer ; DL à l'ordre \(\geqslant 2\) pour avoir la position. DL d'ordre 1 ⇒ prolongement, dérivabilité, tangente ; premier terme non nul suivant ⇒ position.
  • Asymptote en l'infini : factoriser le terme dominant (\(x\sqrt{1+2/x}\)), poser \(u=\frac1x\), DL de \(g(x)/x\) à l'ordre 2, remultiplier par \(x\) : \(g(x)=ax+b+\frac{c}{x}+o(\frac1x)\) ; asymptote \(y=ax+b\), position = signe de \(c\).

Exercice 2 — Suite définie par \(x+\ln x=n\) · 2,5 pts (Ch1)

✏️ Existence, limite, développement asymptotique ♦♦♦

Pour \(n\in\mathbb N^*\), on considère l'équation \((E_n)\) : \(x+\ln x=n\) d'inconnue \(x\in\,]0,+\infty[\).

1) (0,5 pt) Montrer que \((E_n)\) admet une unique solution, notée \(x_n\).

✅ Correction Q1

Soit \(h(x)=x+\ln x\) sur \(]0,+\infty[\). \(h\) est continue, strictement croissante (somme de deux fonctions strictement croissantes), avec \(\lim\limits_{x\to0^+}h(x)=-\infty\) et \(\lim\limits_{x\to+\infty}h(x)=+\infty\).

Par le théorème de la bijection, \(h\) réalise une bijection de \(]0,+\infty[\) sur \(\mathbb R\) : pour tout \(n\), l'équation \(h(x)=n\) a une unique solution \(x_n=h^{-1}(n)\).

2) (0,75 pt) Montrer que \(x_n\to+\infty\), puis que \(x_n\sim n\).

✅ Correction Q2

Limite. \(h^{-1}\) est strictement croissante (réciproque d'une bijection strictement croissante) et définie sur \(\mathbb R\) tout entier avec \(\lim\limits_{+\infty}h^{-1}=+\infty\) (car \(h\) prend des valeurs arbitrairement grandes). Donc \(x_n=h^{-1}(n)\to+\infty\).

Équivalent. De \(x_n+\ln x_n=n\) on tire \(n=x_n\Big(1+\dfrac{\ln x_n}{x_n}\Big)\). Comme \(x_n\to+\infty\), croissances comparées : \(\dfrac{\ln x_n}{x_n}\to0\). Donc \(n\sim x_n\).

\(x_n\to+\infty\) et \(x_n\sim n\).

3) (1,25 pt) Montrer que \(x_n=n-\ln n+o(1)\), puis que \(x_n=n-\ln n+\dfrac{\ln n}{n}+o\!\Big(\dfrac{\ln n}{n}\Big)\).

✅ Correction Q3

Réécriture. L'équation donne \(x_n=n-\ln x_n\). On réinjecte \(x_n\sim n\) dans le logarithme en écrivant \(x_n=n\cdot\dfrac{x_n}{n}\) : \[\ln x_n=\ln n+\ln\frac{x_n}{n}.\]

Premier ordre. Comme \(\dfrac{x_n}{n}\to1\), \(\ln\dfrac{x_n}{n}\to0\). Donc \[x_n=n-\ln n-\ln\frac{x_n}{n}=n-\ln n+o(1).\]

Second ordre. On réinjecte ce résultat : \(\dfrac{x_n}{n}=1-\dfrac{\ln x_n}{n}\) et \(\ln x_n=\ln n+o(1)\), donc \[\frac{x_n}{n}=1-\frac{\ln n}{n}+o\!\Big(\frac1n\Big).\] Posons \(v_n=-\dfrac{\ln n}{n}+o\big(\frac1n\big)\to0\), \(v_n\sim-\dfrac{\ln n}{n}\). Alors \(\ln\dfrac{x_n}{n}=\ln(1+v_n)=v_n+o(v_n)=-\dfrac{\ln n}{n}+o\!\Big(\dfrac{\ln n}{n}\Big)\) (car \(\frac1n=o(\frac{\ln n}{n})\)). Donc \[x_n=n-\ln n-\ln\frac{x_n}{n}=n-\ln n+\frac{\ln n}{n}+o\!\Big(\frac{\ln n}{n}\Big).\]

\(\boxed{x_n=n-\ln n+\dfrac{\ln n}{n}+o\!\Big(\dfrac{\ln n}{n}\Big)}\)
Vérification numériquePour \(n=1000\) : \(x_n\approx993{,}099169\) ; la formule donne \(1000-6{,}907755+0{,}006908=993{,}099152\). L'écart est \(\approx1{,}7\times10^{-5}\), bien plus petit que \(\frac{\ln n}{n}\approx7\times10^{-3}\).
PiègeJamais « \(x_n\sim n\) donc \(x_n-n\to0\) » : un équivalent ne se soustrait pas. La correction \(-\ln n\) est trouvée en écrivant exactement \(x_n=n-\ln x_n\) puis en ré-injectant successivement les approximations dans le seul terme correctif.
⚡ Méthode déduite (Ex 2)
  • Existence et unicité de la solution de \(h(x)=n\) : \(h\) continue, strictement monotone, limites aux bornes ⇒ bijection ⇒ \(x_n=h^{-1}(n)\) ; limite de \(x_n\) = limite de \(h^{-1}\) (même monotonie).
  • Développement asymptotique par ré-injection : isoler \(x_n=n-\ln x_n\) ; écrire \(\ln x_n=\ln n+\ln\frac{x_n}{n}\) ; chaque tour améliore d'un cran (\(x_n\sim n\Rightarrow\) ordre 1 \(\Rightarrow\) ordre 2). Le terme à contrôler est toujours \(\frac{x_n}{n}=1+\) (petit), ce qui permet d'utiliser \(\ln(1+v)=v+o(v)\).

Exercice 3 — Sous-espaces de \(\mathbb R^4\) et formule de Grassmann · 2,5 pts (Ch2)

✏️ Bases, intersection, somme, supplémentaire ♦♦

Dans \(\mathbb R^4\), on pose \(u_1=(1,1,0,0)\), \(u_2=(0,1,1,0)\), \(F=\mathrm{Vect}(u_1,u_2)\) et \(G=\{(x,y,z,t)\in\mathbb R^4\mid x-2y+z=0\ \text{et}\ t=0\}\).

1) (0,75 pt) Donner une base de \(F\) et une base de \(G\). Quelles sont leurs dimensions ?

✅ Correction Q1

\(F\). \(F\) est engendré par \((u_1,u_2)\). Cette famille est libre : si \(au_1+bu_2=0\), alors \((a,a+b,b,0)=0\), donc \(a=b=0\). C'est une base ; \(\dim F=2\).

\(G\). On résout le système : \(t=0\) et \(x=2y-z\). Avec \(y=s\), \(z=r\) libres : \((x,y,z,t)=(2s-r,\ s,\ r,\ 0)=s\,(2,1,0,0)+r\,(-1,0,1,0)\). La famille \(\big((2,1,0,0),(-1,0,1,0)\big)\) engendre \(G\) et est libre (les troisième et deuxième coordonnées isolent \(r\) et \(s\)) ; \(\dim G=2\) (4 inconnues − 2 équations indépendantes).

Base de \(F\) : \(\big((1,1,0,0),(0,1,1,0)\big)\), \(\dim F=2\). Base de \(G\) : \(\big((2,1,0,0),(-1,0,1,0)\big)\), \(\dim G=2\).

2) (0,75 pt) Déterminer \(F\cap G\) puis, avec la formule de Grassmann, \(\dim(F+G)\). Identifier \(F+G\).

✅ Correction Q2

Intersection. Un vecteur de \(F\) s'écrit \((a,\ a+b,\ b,\ 0)\). Il est dans \(G\) si et seulement si \(t=0\) (déjà vrai) et \(x-2y+z=0\) : \(a-2(a+b)+b=-a-b=0\), soit \(b=-a\). Alors le vecteur vaut \((a,0,-a,0)=a\,(1,0,-1,0)\). Donc \(F\cap G=\mathrm{Vect}\big((1,0,-1,0)\big)\), de dimension \(1\).

Grassmann. \(\dim(F+G)=\dim F+\dim G-\dim(F\cap G)=2+2-1=3\).

Identification. \(F\) et \(G\) sont tous deux inclus dans \(H=\{t=0\}\) (dimension 3), donc \(F+G\subset H\). Les dimensions étant égales (3), \(F+G=H=\{(x,y,z,t)\mid t=0\}\).

\(F\cap G=\mathrm{Vect}\big((1,0,-1,0)\big)\), \(\dim(F+G)=3\), \(F+G=\{t=0\}\).

3) (1 pt) \(F\) et \(G\) sont-ils supplémentaires dans \(\mathbb R^4\) ? Trouver un sous-espace \(K\) de dimension 2 supplémentaire de \(F\).

✅ Correction Q3

\(F\) et \(G\). Non : \(F\cap G\neq\{0\}\) (et \(F+G\neq\mathbb R^4\), de dimension 3). Bien que \(\dim F+\dim G=4\), la somme n'est pas directe.

Supplémentaire de \(F\). On complète la base \((u_1,u_2)\) par deux vecteurs de la base canonique : essayons \(K=\mathrm{Vect}(e_1,e_4)\), avec \(e_1=(1,0,0,0)\), \(e_4=(0,0,0,1)\). Calculons \(F\cap K\) : \((a,a+b,b,0)=(c,0,0,d)\) impose \(b=0\), \(a+b=0\) donc \(a=0\), puis \(c=d=0\). Donc \(F\cap K=\{0\}\). Comme \(\dim F+\dim K=2+2=4=\dim\mathbb R^4\), \(F\oplus K=\mathbb R^4\). (Équivalent : la matrice dont les colonnes sont \(u_1,u_2,e_1,e_4\) est de rang \(4\).)

\(F\) et \(G\) ne sont pas supplémentaires. \(K=\mathrm{Vect}(e_1,e_4)\) est un supplémentaire de \(F\).
PiègeUn supplémentaire n'est pas unique (n'importe quel \(K\) convenable est accepté) mais il faut le justifier : intersection nulle + somme des dimensions \(=\dim E\).
⚡ Méthode déduite (Ex 3)
  • Sous-espace défini par équations : résoudre le système, paramétrer, lire les vecteurs générateurs, vérifier la liberté ⇒ base ; \(\dim=\) inconnues − équations indépendantes.
  • Intersection de \(\mathrm{Vect}(\dots)\) avec un sous-espace à équations : écrire le vecteur général \(\sum\lambda_iu_i\) dans la base de l'un, injecter dans les équations de l'autre.
  • Grassmann : \(\dim(F+G)=\dim F+\dim G-\dim(F\cap G)\) ; si \(F+G\subset H\) et même dimension, alors \(F+G=H\) (égalité par inclusion + dimension finie).
  • Supplémentaire : compléter une base de \(F\) par des vecteurs bien choisis (souvent de la base canonique) ; justifier par \(F\cap K=\{0\}\) et \(\dim F+\dim K=\dim E\), ou par le rang de la matrice des vecteurs (= \(\dim E\)).

Exercice 4 — Projection de \(\mathbb R^3\) · 2,5 pts (Ch2/Ch3)

✏️ Projection sur un plan parallèlement à une droite, matrice ♦♦

Dans \(\mathbb R^3\), soit \(F=\{(x,y,z)\mid2x+y-z=0\}\), \(w=(1,0,1)\) et \(G=\mathrm{Vect}(w)\).

1) (0,5 pt) Montrer que \(\mathbb R^3=F\oplus G\).

✅ Correction Q1

\(w\notin F\) car \(2\cdot1+0-1=1\neq0\). Un élément de \(G\) est \(\lambda w\) ; il est dans \(F\) si et seulement si \(\lambda\cdot1=0\), soit \(\lambda=0\). Donc \(F\cap G=\{0\}\). De plus \(\dim F=3-1=2\) (une équation non triviale), \(\dim G=1\), donc \(\dim F+\dim G=3=\dim\mathbb R^3\).

\(F\cap G=\{0\}\) et \(\dim F+\dim G=3\) ⇒ \(\mathbb R^3=F\oplus G\).

2) (1 pt) Déterminer l'expression de la projection \(p\) sur \(F\) parallèlement à \(G\).

✅ Correction Q2

Principe. Pour \(u=(x,y,z)\), la décomposition unique \(u=v+\lambda w\) avec \(v\in F\) donne \(p(u)=v\). On impose \(v=u-\lambda w\in F\).

\(v=(x-\lambda,\ y,\ z-\lambda)\). Condition \(v\in F\) : \(2(x-\lambda)+y-(z-\lambda)=0\), soit \(2x+y-z-2\lambda+\lambda=0\), donc \(\lambda=2x+y-z\).

Alors \(p(u)=u-\lambda w=\big(x-(2x+y-z),\ y,\ z-(2x+y-z)\big)\) :

\(p(x,y,z)=(-x-y+z,\ y,\ -2x-y+2z)\).

Vérifications. \(p(w)=p(1,0,1)=(0,0,0)\) ✓ (\(G=\ker p\)). Pour \(v=(1,0,2)\in F\) (\(2+0-2=0\)) : \(p(v)=(-1-0+2,\ 0,\ -2-0+4)=(1,0,2)\) ✓ (les vecteurs de \(F\) sont invariants).

3) (1 pt) Écrire la matrice \(A\) de \(p\) dans la base canonique, vérifier \(A^2=A\) et calculer \(\mathrm{rg}\,A\) et \(\mathrm{tr}\,A\). Que remarque-t-on ?

✅ Correction Q3

Matrice. Les colonnes sont les images de \(e_1,e_2,e_3\) : \(p(e_1)=(-1,0,-2)\), \(p(e_2)=(-1,1,-1)\), \(p(e_3)=(1,0,2)\). \[A=\begin{pmatrix}-1&-1&1\\0&1&0\\-2&-1&2\end{pmatrix}.\]

\(A^2=A\). Produit ligne par colonne : ligne 1 : \((-1)(-1)+(-1)(0)+1(-2)=-1\) ; \((-1)(-1)+(-1)(1)+1(-1)=-1\) ; \((-1)(1)+(-1)(0)+1(2)=1\) → \((-1,-1,1)\) ✓. Ligne 2 : \((0,1,0)\) ✓. Ligne 3 : \((-2)(-1)+(-1)(0)+2(-2)=-2\) ; \((-2)(-1)+(-1)(1)+2(-1)=-1\) ; \((-2)(1)+(-1)(0)+2(2)=2\) → \((-2,-1,2)\) ✓.

Rang et trace. \(\mathrm{Im}\,p=F\) est de dimension 2 (donc \(\mathrm{rg}\,A=2\), cohérent avec \(\dim\ker p=1\) par le théorème du rang) et \(\mathrm{tr}\,A=-1+1+2=2\).

\(A^2=A\), \(\mathrm{rg}\,A=\mathrm{tr}\,A=2=\dim F\). Pour un projecteur, rang = trace (nombre de 1 sur la diagonale d'une matrice adaptée).
⚡ Méthode déduite (Ex 4)
  • Projection sur \(F\) parallèlement à \(G\) : décomposer \(u=v+\lambda w\) (\(w\) générateur de \(G\)), exprimer \(v=u-\lambda w\), imposer \(v\in F\) (équation de \(F\)) ⇒ \(\lambda\) en fonction de \(x,y,z\) ⇒ \(p(u)=u-\lambda w\).
  • Matrice dans la base canonique : colonne \(j\) = \(p(e_j)\) ; contrôles : \(p(w)=0\), \(p(v)=v\) pour \(v\in F\), \(A^2=A\), \(\mathrm{tr}\,A=\mathrm{rg}\,A=\dim F\).

Exercice 5 — Endomorphisme de \(\mathbb R_2[X]\) : rang, noyau, matrices · 4 pts (Ch3)

✏️ \(f(P)=(X-1)P'\), théorème du rang, matrice dans deux bases, composition ♦♦♦

Soit \(E=\mathbb R_2[X]\), de base canonique \(\mathcal B_0=(1,X,X^2)\), et \(f:E\to\mathbb R[X]\), \(f(P)=(X-1)\,P'\).

1) (0,5 pt) Montrer que \(f\) est un endomorphisme de \(E\).

✅ Correction Q1

Linéarité. Pour \(P,Q\in E\), \(\lambda\in\mathbb R\) : \(f(\lambda P+Q)=(X-1)(\lambda P+Q)'=(X-1)(\lambda P'+Q')=\lambda f(P)+f(Q)\) par linéarité de la dérivation.

Stabilité. Si \(\deg P\leqslant2\), alors \(\deg P'\leqslant1\) et \(\deg\big((X-1)P'\big)\leqslant2\) : \(f(P)\in E\).

\(f\in\mathcal L(E)\).
Piège« Endomorphisme » = linéaire et à valeurs dans le même espace : la stabilité (degré) n'est pas automatique, il faut l'écrire.

2) (0,5 pt) Écrire la matrice \(A\) de \(f\) dans \(\mathcal B_0\).

✅ Correction Q2

On calcule les images de la base : \(f(1)=0\) ; \(f(X)=(X-1)\cdot1=X-1\) ; \(f(X^2)=(X-1)\cdot2X=2X^2-2X\). Coordonnées dans \(\mathcal B_0=(1,X,X^2)\) (en colonnes) : \((0,0,0)\) ; \((-1,1,0)\) ; \((0,-2,2)\).

\(A=\begin{pmatrix}0&-1&0\\0&1&-2\\0&0&2\end{pmatrix}\).

3) (1 pt) Déterminer le rang de \(f\), puis \(\ker f\) et \(\mathrm{Im}\,f\). \(f\) est-il injectif, surjectif ?

✅ Correction Q3

Rang. La première colonne de \(A\) est nulle ; les deux autres \((-1,1,0)\) et \((0,-2,2)\) ne sont pas proportionnelles, donc libres. Donc \(\mathrm{rg}\,f=\mathrm{rg}\,A=2\).

Théorème du rang. \(\dim\ker f=\dim E-\mathrm{rg}\,f=3-2=1\). Comme \(f(1)=0\) avec \(1\neq0\), \(\ker f=\mathrm{Vect}(1)=\mathbb R_0[X]\) (polynômes constants ; on le retrouve par \(P'=0\)).

Image. \(\mathrm{Im}\,f=\mathrm{Vect}\big(f(1),f(X),f(X^2)\big)=\mathrm{Vect}(X-1,\ X^2-X)\), de dimension 2 (ces deux polynômes sont de degrés distincts donc libres). Caractérisation : les deux polynômes \(X-1\) et \(X^2-X\) s'annulent en \(1\), donc \(\mathrm{Im}\,f\subset\{Q\in E\mid Q(1)=0\}\), sous-espace de dimension \(3-1=2\) ; égalité des dimensions donc \(\mathrm{Im}\,f=\{Q\in E\mid Q(1)=0\}\).

\(\mathrm{rg}\,f=2\) ; \(\ker f=\mathbb R_0[X]\) ; \(\mathrm{Im}\,f=\{Q\in\mathbb R_2[X]\mid Q(1)=0\}\). \(f\) n'est ni injectif (\(\ker f\neq\{0\}\)) ni surjectif (\(\mathrm{rg}\,f=2\lt3\)), donc pas bijectif.

4) (0,5 pt) Montrer que \(E=\ker f\oplus\mathrm{Im}\,f\).

✅ Correction Q4

Soit \(Q\in\ker f\cap\mathrm{Im}\,f\) : \(Q\) est un polynôme constant \(c\) (c'est \(\ker f\)) et \(Q(1)=0\) (c'est \(\mathrm{Im}\,f\)) : \(c=Q(1)=0\). Donc \(\ker f\cap\mathrm{Im}\,f=\{0\}\). Et \(\dim\ker f+\dim\mathrm{Im}\,f=1+2=3=\dim E\).

\(E=\ker f\oplus\mathrm{Im}\,f\).
PiègeCe n'est pas automatique : pour un endomorphisme quelconque, \(\ker f\) et \(\mathrm{Im}\,f\) peuvent se rencontrer (exemple : \(f\) nilpotent avec \(f^2=0\)). Ici l'intersection est nulle car le noyau (constantes) n'est pas contenu dans l'image (\(Q(1)=0\)).

5) (0,75 pt) Montrer que \(\mathcal B_1=(1,\ X-1,\ (X-1)^2)\) est une base de \(E\) et écrire la matrice \(D\) de \(f\) dans \(\mathcal B_1\) (même base au départ et à l'arrivée).

✅ Correction Q5

Base. Les trois polynômes sont de degrés \(0,1,2\) (famille échelonnée en degrés) donc libres ; \(3=\dim E\) vecteurs libres forment une base.

Images. \(f(1)=0\). \(f(X-1)=(X-1)\cdot1=X-1\). \(f\big((X-1)^2\big)=(X-1)\cdot2(X-1)=2(X-1)^2\). Coordonnées dans \(\mathcal B_1\) (en colonnes) : \((0,0,0)\), \((0,1,0)\), \((0,0,2)\).

\(D=\begin{pmatrix}0&0&0\\0&1&0\\0&0&2\end{pmatrix}\) (diagonale) : \(\mathcal B_1\) est une base « adaptée » à \(f\).

Contrôle. \(\mathrm{rg}\,D=2=\mathrm{rg}\,A\) ✓ ; \(\mathrm{tr}\,D=3=\mathrm{tr}\,A\) (\(0+1+2\) contre \(0+1+2\)) ✓.

6) (0,5 pt) Résoudre \(f(P)=X^2-1\) d'inconnue \(P\in E\).

✅ Correction Q6

\(X^2-1\) s'annule en 1, donc \(X^2-1\in\mathrm{Im}\,f\) : il existe des solutions. Dans \(\mathcal B_1\) : \(X^2-1=(X-1)^2+2(X-1)\) (en effet \((X-1)^2+2(X-1)=X^2-2X+1+2X-2=X^2-1\)), de coordonnées \((0,2,1)\).

Pour \(P=a+b(X-1)+c(X-1)^2\) (coordonnées \((a,b,c)\)), \(f(P)=b(X-1)+2c(X-1)^2\) (coordonnées \((0,b,2c)\) : le \(D\) appliqué). On impose \((0,b,2c)=(0,2,1)\) : \(b=2\), \(c=\frac12\), \(a\) libre.

\(P=a+2(X-1)+\tfrac12(X-1)^2=\tfrac12X^2+X+\big(a-\tfrac32\big)\), \(a\in\mathbb R\).

Solutions : \(P=\tfrac12X^2+X+k\), \(k\in\mathbb R\) (droite affine dirigée par \(\ker f=\) constantes).

Vérification. \(P'=X+1\), \((X-1)(X+1)=X^2-1\) ✓.

7) (0,75 pt) Soit \(g:E\to\mathbb R_3[X]\), \(g(P)=XP\). Donner la matrice de \(g\) (dans les bases canoniques) puis celle de \(h=g\circ f\) de deux façons.

✅ Correction Q7

Matrice de \(g\) (taille \(4\times3\) : arrivée \(\dim\mathbb R_3[X]=4\), départ \(\dim E=3\)) : \(g(1)=X\), \(g(X)=X^2\), \(g(X^2)=X^3\). En coordonnées dans \((1,X,X^2,X^3)\) : \[\mathrm{Mat}(g)=\begin{pmatrix}0&0&0\\1&0&0\\0&1&0\\0&0&1\end{pmatrix}.\]

1ʳᵉ façon : produit matriciel (dans cet ordre, \(\mathrm{Mat}(g\circ f)=\mathrm{Mat}(g)\,A\), de taille \(4\times3\) fois \(3\times3\)) : \[\mathrm{Mat}(h)=\begin{pmatrix}0&0&0\\1&0&0\\0&1&0\\0&0&1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}0&-1&0\\0&1&-2\\0&0&2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0&0&0\\0&-1&0\\0&1&-2\\0&0&2\end{pmatrix}.\]

2ᵉ façon : directement. \(h(1)=g(0)=0\) ; \(h(X)=g(X-1)=X^2-X\) → \((0,-1,1,0)\) ; \(h(X^2)=g(2X^2-2X)=2X^3-2X^2\) → \((0,0,-2,2)\). Mêmes colonnes ✓.

\(\mathrm{Mat}(g\circ f)=\begin{pmatrix}0&0&0\\0&-1&0\\0&1&-2\\0&0&2\end{pmatrix}\) ; \(\mathrm{rg}(g\circ f)=2\).
PiègeOrdre du produit : \(\mathrm{Mat}(g\circ f)=\mathrm{Mat}(g)\times\mathrm{Mat}(f)\), pas l'inverse (d'ailleurs \(A\times\mathrm{Mat}(g)\) n'a même pas de sens ici : tailles \(3\times3\) et \(4\times3\)). Le test des tailles protège de l'erreur.
⚡ Méthode déduite (Ex 5)
  • Montrer qu'on a un endomorphisme : linéarité (une ligne) + stabilité (degré).
  • Matrice dans une base : images des vecteurs de base, coordonnées en colonnes ; rang = rang de la matrice (colonnes libres) ; théorème du rang ⇒ \(\dim\ker\) sans résoudre ; \(\ker\) = on devine un vecteur et on conclut par la dimension ; \(\mathrm{Im}\) = Vect des images, caractérisée si possible par une équation.
  • Base adaptée : tester des vecteurs bien choisis (\(1,X-1,(X-1)^2\), adaptés à \((X-1)P'\)) : si \(f(b_i)=\lambda_ib_i\), la matrice est diagonale. Résoudre \(f(P)=Q\) devient alors lecture directe sur les coordonnées.
  • Composition : \(\mathrm{Mat}(g\circ f)=\mathrm{Mat}(g)\,\mathrm{Mat}(f)\) ; taille (arrivée × départ) ; double vérification en calculant directement les images.
  • \(E=\ker f\oplus\mathrm{Im}\,f\) : intersection nulle + somme des dimensions (pas automatique).
⚡ Fiche méthodes finale — une méthode déduite de chaque exercice du DS blanc
QCM 1 · Différence de deux termes qui tendent vers la même limiteDL des deux termes au même ordre, soustraire les DL, lire le 1er terme non nul. Jamais « équivalent − équivalent ». \(e^{1/n}-\cos\frac1{\sqrt n}=\frac3{2n}+o(\frac1n)\).
QCM 2 · Quotient dont le premier ordre s'annuleDL du numérateur et du dénominateur jusqu'au 1er terme non nul, équivalents, division. \(\frac{\ln(1+x)-\sin x}{x\tan x}\to-\frac12\).
QCM 3 · Supplémentaires dans \(\mathbb R^3\)Tester si le générateur de la droite vérifie l'équation du plan. Si oui : \(G\subset F\), pas supplémentaires. Sinon \(F\oplus G=\mathbb R^3\).
QCM 4 · Matrice à paramètre, bijectivitéGauss sans diviser par le paramètre ; bijectif \(\Leftrightarrow\) rang \(=\dim\) \(\Leftrightarrow\) dernier pivot \(\neq0\) (ici \(a-5\)). Th. du rang pour \(\dim\ker\).
Cours · \(E=F\oplus G\)Deux volets : (i) tout \(x\) se décompose (\(x=(x-p(x))+p(x)\)), (ii) \(F\cap G=\{0\}\) en partant de \(y\in F\cap G\). Projecteur : \(\mathrm{Im}\,p=\ker(p-\mathrm{id})\).
Ex 1 · Étude locale / asymptoteFactoriser (\(\frac{\ln(1+x)}x\), \(x\sqrt{1+2/x}\)) pour avoir \(1+u\), \(u\to0\), DL usuel, composer ; DL ordre 1 : prolongement, dérivabilité, tangente ; terme suivant : position. En l'infini : \(ax+b+\frac cx\), position = signe de \(c\).
Ex 2 · Suite définie par une équationBijection (continue, strictement monotone, limites) ⇒ \(x_n=h^{-1}(n)\) ; limite par monotonie de \(h^{-1}\) ; \(x_n\sim n\) par croissances comparées ; DA par ré-injection \(x_n=n-\ln x_n\), \(\ln x_n=\ln n+\ln\frac{x_n}n\).
Ex 3 · Sous-espaces de \(\mathbb R^n\)Équations ⇒ paramétrer ⇒ base ; intersection en injectant le vecteur général dans les équations ; Grassmann \(\dim(F+G)=\dim F+\dim G-\dim F\cap G\) ; supplémentaire = compléter une base (intersection nulle + dimensions).
Ex 4 · Projection sur \(F\) // \(G\)\(u=v+\lambda w\), impose \(v\in F\) pour trouver \(\lambda\), \(p(u)=u-\lambda w\) ; matrice : colonnes = \(p(e_j)\) ; contrôles \(p(w)=0\), \(p(v)=v\), \(A^2=A\), \(\mathrm{tr}=\mathrm{rg}\).
Ex 5 · Rang, noyau, image d'un endomorphismeMatrice des images en colonnes ; rang = colonnes libres ; \(\dim\ker=\dim E-\mathrm{rg}\) (th. du rang) ; \(\mathrm{Im}=\mathrm{Vect}(\text{images})\), caractérisée si possible par une équation ; \(\ker\) : deviner + dimension.
Ex 5 · Base adaptéeChercher des vecteurs avec \(f(b)=\lambda b\) (ici \(1,X-1,(X-1)^2\)) ⇒ matrice diagonale ; résoudre \(f(P)=Q\) par les coordonnées dans cette base.
Ex 5 · Composition\(\mathrm{Mat}(g\circ f)=\mathrm{Mat}(g)\,\mathrm{Mat}(f)\) ; taille = (arrivée × départ) ; vérifier en recalculant directement.
Pièges à ne pas fairesoustraire des équivalents · position lue sur le terme en \(x\) au lieu du premier terme non nul · oublier \(F\cap G=\{0\}\) et \(F+G=E\) · colonnes écrites en lignes · inverser \(g\circ f\) et \(f\circ g\) · confondre \(\ker\) (polynômes) et \(\ker A\) (coordonnées).
Hors programme du DS (§4 du Ch3)changement de base, \(P^{-1}AP\), matrices semblables, diagonalisation : non traité ici (ne tombe pas au DS d'après toi). À voir ensuite : Ch3 §4 et TD3 exercices 6 → 9.

📂 Documents donnés

Le DS blanc est construit à partir du cours et des TD de AM2 Maths (Ch1 à Ch3). Voici les documents d'origine.

Ch3 — Matrices et applications linéaires