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SI AM2 (2ᵉ année) · Chapitre 2 — Théorie des mécanismes

Chapitre 2 — Théorie des mécanismes

Tout ce qu'il faut connaître par cœur pour le chapitre 2 (S2I) : les formules de \(m\) et \(h\) par les deux approches (cinématique / statique), le moyen mnémotechnique du prof — Mickey et Messi — et la méthode la plus simple pour trouver chaque grandeur sans se noyer dans les torseurs. Source : S2I CM C02 — Théorie des mécanismes (cours, 12 p.) et S2I TD C02.

Sommaire du chapitre
📌 Fiche mémo 1/6 — Torseurs : définition, Varignon, changement de base
Torseur\(\{T\}=\{\vec R\,;\ \vec M_A\}_A\) : résultante \(\vec R\) (la même partout) + moment \(\vec M_A\) (dépend du point)
Torseur cinématique\(\{\mathcal V_{2/1}\}=\{\vec\Omega_{2/1}\,;\ \vec V(A\in2/1)\}_A\) : rotation + vitesse
Torseur d'actions transmissibles\(\{\mathcal T_{1\to2}\}=\{\vec R\,;\ \vec M_A\}_A\) : force + moment
Varignon (changement de point)\(\vec M_B=\vec M_A+\vec{BA}\wedge\vec R\) — \(\vec R\) ne change jamais
Varignon en cinématique\(\vec V(B\in S)=\vec V(A\in S)+\vec\Omega_S\wedge\vec{AB}\)
Cas \(\vec R=\vec 0\)le moment est identique en tout point (torseur couple) : rien à transporter
Changement de baseon tourne \(\vec R\) et \(\vec M_A\) avec les mêmes formules de projection : \(\vec y_2=\cos\theta\,\vec y_1+\sin\theta\,\vec z_1\), \(\vec z_2=-\sin\theta\,\vec y_1+\cos\theta\,\vec z_1\)
Point ≠ basechanger de point et changer de base sont deux opérations indépendantes
Complémentaritécinématique et statique d'une liaison : jamais de composante non nulle sur le même ddl, donc \(\text{ddl}+\text{inconnues statiques}=6\)
Transporter un torseur1) écrire \(\vec{BA}\) dans la base de travail ; 2) calculer \(\vec{BA}\wedge\vec R\) ; 3) l'ajouter à \(\vec M_A\) ; 4) recopier \(\vec R\) tel quel
Vérifier un torseurtoute composante nulle dans le torseur cinématique doit être libre (non nulle) dans le torseur d'actions, et inversement
📌 Fiche mémo 2/6 — Les 11 liaisons usuelles (ddl · inconnues · torseurs en \(O\), axe \(\vec x\))
Encastrementddl 0 · inc. 6
\(\mathcal V=\{\vec0;\vec0\}\)
\(\mathcal T=\{X\vec x+Y\vec y+Z\vec z;\ L\vec x+M\vec y+N\vec z\}\)
Pivotddl 1 · inc. 5
\(\mathcal V=\{\omega_x\vec x;\vec0\}\)
\(\mathcal T=\{X\vec x+Y\vec y+Z\vec z;\ M\vec y+N\vec z\}\)
Glissièreddl 1 · inc. 5
\(\mathcal V=\{\vec0;v_x\vec x\}\)
\(\mathcal T=\{Y\vec y+Z\vec z;\ L\vec x+M\vec y+N\vec z\}\)
Hélicoïdale (pas \(p\))ddl 1 couplé · inc. 5
\(\mathcal V=\{\omega_x\vec x;\tfrac p{2\pi}\omega_x\vec x\}\)
\(\mathcal T=\{X\vec x+Y\vec y+Z\vec z;\ \tfrac p{2\pi}X\vec x+M\vec y+N\vec z\}\)
Pivot glissantddl 2 · inc. 4
\(\mathcal V=\{\omega_x\vec x;v_x\vec x\}\)
\(\mathcal T=\{Y\vec y+Z\vec z;\ M\vec y+N\vec z\}\)
Sphérique à doigtddl 2 · inc. 4
\(\mathcal V=\{\omega_y\vec y+\omega_z\vec z;\vec0\}\)
\(\mathcal T=\{X\vec x+Y\vec y+Z\vec z;\ L\vec x\}\)
Appui plan (normale \(\vec x\))ddl 3 · inc. 3
\(\mathcal V=\{\omega_x\vec x;v_y\vec y+v_z\vec z\}\)
\(\mathcal T=\{X\vec x;\ M\vec y+N\vec z\}\)
Sphérique (rotule)ddl 3 · inc. 3
\(\mathcal V=\{\vec\Omega;\vec0\}\)
\(\mathcal T=\{X\vec x+Y\vec y+Z\vec z;\ \vec 0\}\)
Linéaire annulaireddl 4 · inc. 2
\(\mathcal V=\{\vec\Omega;v_x\vec x\}\)
\(\mathcal T=\{Y\vec y+Z\vec z;\ \vec0\}\)
Linéaire rectiligne (ligne \(\vec x\), normale \(\vec z\))ddl 4 · inc. 2
\(\mathcal V=\{\omega_x\vec x+\omega_z\vec z;v_x\vec x+v_y\vec y\}\)
\(\mathcal T=\{Z\vec z;\ M\vec y\}\)
Ponctuelle (normale \(\vec z\))ddl 5 · inc. 1
\(\mathcal V=\{\vec\Omega;v_x\vec x+v_y\vec y\}\)
\(\mathcal T=\{Z\vec z;\ \vec0\}\)
Moyen mnémotechniqueplus une liaison bloque, plus elle a d'inconnues statiques : 6 → 5 → 4 → 3 → 2 → 1 pour encastrement → pivot/glissière → pivot glissant → rotule/appui plan → linéaires → ponctuelle
Lire sans calculer\(I_c\) = somme de la colonne « ddl » ; \(I_s\) = somme de la colonne « inconnues » ; inutile d'écrire les torseurs pour ça
Contact → liaisoncontact long = pivot glissant ; contact court = linéaire annulaire ; ligne = linéaire rectiligne ; point = ponctuelle ; face plane = appui plan
📌 Fiche mémo 3/6 — Vocabulaire & formules à connaître par cœur
\(N_P\)nombre de pièces (bâti inclus)
\(N_L\)nombre de liaisons (arêtes du graphe)
\(\gamma\) (cyclomatique)\(\gamma=N_L-N_P+1\) = nombre de boucles indépendantes (à compter sur le graphe)
\(I_c\)inconnues cinématiques = \(\sum\) des ddl des liaisons
\(I_s\)inconnues statiques = \(\sum\) des inconnues des liaisons
\(E_c\)équations de fermeture cinématique : \(E_c=6\gamma\) (spatial) · \(3\gamma\) (plan)
\(E_s\)équations de la statique : \(E_s=6(N_P-1)\) (spatial) · \(3(N_P-1)\) (plan) — on n'isole jamais le bâti
Mobilité (cinématique)\(m=I_c-rg[E_c]\)
Hyperstatisme (cinématique)\(h=E_c-rg[E_c]\)
Mobilité (statique)\(m=E_s-rg[E_s]\)
Hyperstatisme (statique)\(h=I_s-rg[E_s]\)
Utile + interne\(m=m_u+m_i\) : \(m_u\) = lois entrée/sortie voulues ; \(m_i\) = mouvements parasites (rotation propre d'un galet, d'un piston…)
🐭 Mickey\(\boxed{h=m-I_c+E_c}\) (cinématique)
⚽ Messi\(\boxed{h=m-E_s+I_s}\) (statique)
Cohérence\(I_c-E_c=E_s-I_s\) : les deux approches donnent le même \(m\) et le même \(h\)
Rang\(rg[E]\) = nombre d'équations réellement indépendantes ; une équation \(0=0\) ou redondante n'est pas comptée
📌 Fiche mémo 4/6 — Méthodes condensées (à dérouler dans l'ordre)
Calculer \(h\) — méthode complètegraphe → \(\gamma\) à l'œil → \(E_c=6\gamma\) → \(I_c\) par le tableau → fermeture sur 6 composantes → rang → \(m=I_c-rg\) → Mickey → vérifier \(h\ge0\) entier
Calculer \(h\) — raccourcisi \(m\) se voit à l'œil (jeu du mécanisme réel) : \(h=m-I_c+E_c\) directement, sans aucun rang
Trouver \(m\) à l'œilbloquer l'entrée, compter ce qui bouge encore (rotation propre, glissement parasite) → \(m_i\) ; ajouter les entrées pilotables → \(m_u\)
Équation « \(0=0\) »ne compte pas dans le rang : c'est elle qui fabrique les degrés d'hyperstatisme
Équation « \(0=x\neq0\) »impossible → erreur de modèle (liaison mal choisie, torseur mal transporté)
Double vérificationrefaire avec Messi : \(E_s\), \(I_s\), \(h=m-E_s+I_s\) doit redonner le même entier
Méthode « intuitive »fermer la boucle à la main : chaque petit défaut (\(d\theta\), \(dD\)) qu'aucune liaison n'absorbe = 1 degré de \(h\)
Inconnues hyperstatiquesen statique, ce sont les composantes qu'on ne peut pas calculer (ex. pompe : les moments \(L_O,L_E,L_D\) hors du plan de fonctionnement)
Plan ou spatial ?plan : \(E_c=3\gamma\) et liaisons planes ; spatial : \(E_c=6\gamma\). Le spatial donne un \(h\) plus grand (il compte parallélisme et planéité)
📌 Fiche mémo 5/6 — Association de liaisons (série / parallèle)
Série (chaîne ouverte)1 → 2 → 3 : un solide commun entre deux liaisons, extrémités différentes
Série — cinématiqueon somme les torseurs, au même point : \(\{\mathcal V_{3/1}\}=\{\mathcal V_{3/2}\}+\{\mathcal V_{2/1}\}\)
Série — statiqueon égalise : \(\{\mathcal T_{1\to3}\}=\{\mathcal T_{1\to2}\}=\{\mathcal T_{2\to3}\}\)
Parallèlemême paire de solides reliée par plusieurs liaisons (ex. 2 colonnes ↔ 1 coulisseau)
Parallèle — cinématiqueon égalise les torseurs, réduits au même point (Varignon)
Parallèle — statiqueon somme les torseurs d'actions, au même point
Chaîne ouverte = isostatiquesolides d'extrémité différents ⇒ \(h=0\) toujours, sans calcul
Chaîne fermée / parallèlepeut être hyperstatique : il faut calculer \(h\)
Double guidage cylindrique2 pivots glissants parallèles ⇒ glissière ; \(m=1\), \(I_c=4\), \(I_s=8\) ⇒ \(\boxed{h=3}\) (2 parallélismes + 1 entraxe)
Pivot + encastrement (série)tube / axe / tige ⇒ pivot équivalent, \(h=0\)
Même point, même baseavant d'identifier deux torseurs, les écrire au même point (Varignon) et dans la même base ; sinon l'identification est fausse
Double guidage : pourquoi une glissièrele terme \(\omega e=0\) avec \(e\neq0\) force \(\omega=0\) : la rotation est bloquée par l'entraxe des colonnes
📌 Fiche mémo 6/6 — Interpréter \(h\), isostatiser, résultats des exemples à connaître
\(h=0\) — isostatiquepas de contrainte de montage · économique · mais souple
\(h=n>0\) — hyperstatique\(n\) conditions géométriques à respecter · rigide · coûteux (cotation fine)
\(h<0\) — hypostatiqueerreur de modèle ou mécanisme mal conçu
\(m=0\)mécanisme bloqué (structure) ; \(m\ge1\) : mécanisme mobile
Mobile ≠ isostatique\(m\) et \(h\) sont deux questions indépendantes (un parallélogramme est mobile et hyperstatique en 3D)
Autocontraintesun \(h>0\) engendre des efforts internes au montage même sans charge : problème structurel, pas d'efforts extérieurs
Rendre isostatiqueajouter \(h\) ddl : jeu, solide intermédiaire, rotulage, joint d'Oldham/Cardan, roulement à rotule
Effet d'un ddl ajouté\(I_c\) augmente de \(k\) ⇒ \(h\) diminue de \(k\) (si \(m\) inchangé)
Manchon rigide, 2 arbres2 pivots + 2 encastrements : \(m=1\), \(I_c=2\) ⇒ \(\boxed{h=5}\) ; remède : accouplement flexible (Oldham : goupille + rainure)
Pompe à piston radialpivot + pivot glissant + linéaire rectiligne : \(I_c=7\), \(m=2\), \(rg=5\) ⇒ \(\boxed{h=1}\) ; \(C_m=eF_p\cos\alpha\) ; défaut gênant \(\theta_x\) ; remède : roulement à rotule → ponctuelle, \(I_c=8\) ⇒ \(h=0\)
Plaquettes (TP)plan : 4 plaq. \(h=0\) (\(m=1\)), 5 plaq. \(h=0\) (rigide), 6 plaq. \(h=1\) (entraxes des diagonales égaux) ; spatial : 3 · 6 · 10
Hydro-nettoyeur (DS)contact ponctuel : \(I_c=9\), \(m=3\) ⇒ \(h=0\) ; linéaire rectiligne : \(I_c=8\), \(m=2\) ⇒ \(h=0\) ; \(k_{min}=\dfrac{m_3R\tan\alpha\,\Omega^2}{e}\approx1{,}6\) N/mm
Goupille (Ch1)poulie large : pivot d'axe \(\vec z\) qui transmet le couple (version retenue) ; poulie mince : rotule, ne transmet pas le couple
Réflexe d'examen1) graphe ; 2) \(\gamma\), \(E_c\) ; 3) \(I_c\) ; 4) \(m\) ; 5) Mickey ; 6) interpréter (quelles conditions géométriques ?) ; 7) proposer un remède
Cours / fiche — Fiche formulaire — Mobilité & Degré d'hyperstatisme

0. Rappels sur les torseurs — Varignon, changement de point, changement de base

0.1 Définition

Définition Un torseur \(\{T\}\) est un champ de vecteurs équiprojectif, entièrement défini par sa résultante \(\vec R\) (un seul vecteur, le même en tout point) et son moment \(\vec M_A\) en un point A (qui change avec le point) : \[\{T\} = \left\{ \vec R \, ; \ \vec M_A \right\}_A\] Deux torseurs très utilisés dans ce chapitre partagent la même structure mathématique :
  • Torseur cinématique \(\{\mathcal V_{2/1}\} = \{\vec\Omega_{2/1}\, ;\ \vec V(A\in2/1)\}_A\) (résultante = vecteur rotation, moment = vecteur vitesse).
  • Torseur des actions mécaniques transmissibles \(\{\mathcal T_{1\to2}\} = \{\vec R\, ;\ \vec M_A\}_A\) (résultante = force, moment = moment/couple).

0.2 Relation de Varignon — changement de point (de réduction)

★★ À savoir par cœur Pour un même torseur, le moment en un point B se déduit du moment en A par : \[\boxed{\ \vec M_B = \vec M_A + \vec{BA} \wedge \vec R\ }\] C'est la relation de Varignon (ou « relation de transport des moments »). La résultante \(\vec R\) ne change jamais quand on change de point de réduction — seul le moment change.
Cas particulier — torseur cinématique Pour un torseur cinématique, la même relation s'écrit avec les notations habituelles (c'est le champ des vitesses d'un solide, la formule de Varignon appliquée aux vitesses) : \[\vec V(B\in S) = \vec V(A\in S) + \vec\Omega_{S} \wedge \vec{AB} = \vec V(A\in S) + \vec{BA}\wedge\vec\Omega_S\]
★ Astuce pratique Si \(\vec R = \vec 0\) (glisseur d'axe nul, ou torseur couple), le moment est le même en tout point : pas besoin de transporter. C'est le cas d'une liaison qui ne transmet qu'un couple pur (rare) ou d'un torseur cinématique de rotation pure autour d'un axe fixe passant par les deux points.

0.3 Changement de base

★ Méthode \(\vec R\) et \(\vec M_A\) sont de vrais vecteurs : pour les exprimer dans une autre base \((\vec x_2,\vec y_2,\vec z_2)\) obtenue par rotation d'angle \(\theta\) autour d'un axe commun (typiquement \(\vec x_1=\vec x_2\)), on remplace chaque composante grâce aux formules de projection (à lire sur la figure de changement de base) : \[\vec y_2 = \cos\theta\,\vec y_1 + \sin\theta\,\vec z_1 \qquad\qquad \vec z_2 = -\sin\theta\,\vec y_1 + \cos\theta\,\vec z_1\] On applique la même rotation à \(\vec R\) et à \(\vec M_A\) (ce sont deux vecteurs indépendants du même torseur, mais tous deux tournent avec la base de la même façon). Piège classique : le point de réduction ne change pas avec la base — changement de base et changement de point sont deux opérations indépendantes, on peut faire l'une sans l'autre.

0.4 Exemples de torseurs usuels et leur écriture

★ Le vrai raccourci (cf. §2) On ne réinvente jamais ces torseurs : on les lit dans le tableau ci-dessous (liaison d'axe \((O,\vec x)\), base \((\vec x,\vec y,\vec z)\)) puis on les transporte (Varignon) / change de base seulement si le point ou la base imposé par l'énoncé diffère.
LiaisonTorseur cinématique en \(O\)Torseur d'action transmissible en \(O\)
Encastrement \(\{\vec 0\, ;\ \vec 0\}_O\) \(\{X\vec x+Y\vec y+Z\vec z\, ;\ L\vec x+M\vec y+N\vec z\}_O\)
Pivot d'axe \((O,\vec x)\) \(\{\omega_x\vec x\, ;\ \vec 0\}_O\) \(\{X\vec x+Y\vec y+Z\vec z\, ;\ M\vec y+N\vec z\}_O\)
Glissière d'axe \((O,\vec x)\) \(\{\vec 0\, ;\ v_x\vec x\}_O\) \(\{Y\vec y+Z\vec z\, ;\ L\vec x+M\vec y+N\vec z\}_O\)
Pivot glissant d'axe \((O,\vec x)\) \(\{\omega_x\vec x\, ;\ v_x\vec x\}_O\) \(\{Y\vec y+Z\vec z\, ;\ M\vec y+N\vec z\}_O\)
Hélicoïdale d'axe \((O,\vec x)\), pas \(p\) \(\{\omega_x\vec x\, ;\ \tfrac{p}{2\pi}\omega_x\vec x\}_O\) \(\{X\vec x+Y\vec y+Z\vec z\, ;\ \tfrac{p}{2\pi}X\vec x+M\vec y+N\vec z\}_O\)
Sphérique à doigt (doigt selon \(\vec x\)) de centre \(O\) \(\{\omega_y\vec y+\omega_z\vec z\, ;\ \vec 0\}_O\) \(\{X\vec x+Y\vec y+Z\vec z\, ;\ L\vec x\}_O\)
Appui plan de normale \((O,\vec x)\) \(\{\omega_x\vec x\, ;\ v_y\vec y+v_z\vec z\}_O\) \(\{X\vec x\, ;\ M\vec y+N\vec z\}_O\)
Sphérique (rotule) de centre \(O\) \(\{\vec\Omega\, ;\ \vec 0\}_O\) \(\{X\vec x+Y\vec y+Z\vec z\, ;\ \vec 0\}_O\)
Linéaire annulaire (sphère-cylindre) d'axe \((O,\vec x)\) \(\{\vec\Omega\, ;\ v_x\vec x\}_O\) \(\{Y\vec y+Z\vec z\, ;\ \vec 0\}_O\)
Linéaire rectiligne (ligne \((O,\vec x)\), normale \(\vec z\)) \(\{\omega_x\vec x+\omega_z\vec z\, ;\ v_x\vec x+v_y\vec y\}_O\) \(\{Z\vec z\, ;\ M\vec y\}_O\)
Ponctuelle (normale \((O,\vec z)\)) \(\{\vec\Omega\, ;\ v_x\vec x+v_y\vec y\}_O\) \(\{Z\vec z\, ;\ \vec 0\}_O\)
Piège classique Le torseur d'action transmissible est le complémentaire du torseur cinématique composante par composante (jamais les deux torseurs n'ont de composante non nulle sur le même ddl) — c'est le moyen le plus rapide de vérifier qu'on n'a pas inversé les deux tableaux.

1. Vocabulaire de base

Définitions
  • \(N_P\) : nombre de pièces du mécanisme (bâti inclus).
  • \(N_L\) : nombre de liaisons (arêtes du graphe des liaisons).
  • \(\gamma\) : nombre cyclomatique = nombre de boucles indépendantes du graphe. \[\boxed{\gamma = N_L - N_P + 1}\] Le plus simple : compter les boucles à l'œil sur le graphe des liaisons — c'est souvent plus rapide que la formule.

2. Tableau des liaisons usuelles — la façon simple d'avoir \(I_c\) et \(I_s\)

★ Le vrai raccourci \(I_c\) et \(I_s\) ne se « calculent » pas : on les lit liaison par liaison sur un tableau, puis on additionne. Pour chaque liaison : ddl (mobilité) + inconnues statiques = 6, toujours.
Liaisonddl (→ \(I_c\))Inconnues statiques (→ \(I_s\))
Encastrement06
Pivot15
Glissière15
Hélicoïdale1 (couplé)5
Pivot glissant24
Sphérique à doigt (rotule à doigt)24
Appui plan33
Sphérique (rotule)33
Linéaire annulaire (sphère-cylindre)42
Linéaire rectiligne42
Ponctuelle (sphère-plan)51

Méthode : pour \(I_c\), on additionne la colonne « ddl » de toutes les \(N_L\) liaisons du mécanisme ; pour \(I_s\), on additionne la colonne « inconnues statiques ». Pas besoin d'écrire un seul torseur pour ça.

3. Toutes les formules à connaître par cœur

3.1 Approche cinématique

★ À savoir \[E_c = 6\gamma \qquad\qquad m = I_c - rg[E_c] \qquad\qquad h = E_c - rg[E_c]\] \(rg[E_c]\) = rang du système d'équations de fermeture cinématique (nombre d'équations vraiment indépendantes, celles qui ne sont pas des \(0=0\)).

3.2 Approche statique

★ À savoir \[E_s = 6(N_P-1) \qquad\qquad m = E_s - rg[E_s] \qquad\qquad h = I_s - rg[E_s]\] Le « \(-1\) » : on ne peut pas isoler le bâti (référentiel), donc on étudie \(N_P-1\) pièces.
À retenir Les deux approches donnent le même résultat final pour \(m\) et \(h\) : \(I_c - E_c = E_s - I_s\). En pratique, l'approche cinématique est presque toujours plus rapide (moins d'équations, grandeurs observables) — cf. §6.

4. Le degré d'hyperstatisme \(h\) — Mickey & Messi

En combinant les formules ci-dessus (\(m=I_c-rg[E_c]\) et \(h=E_c-rg[E_c]\), ou \(m=E_s-rg[E_s]\) et \(h=I_s-rg[E_s]\)), on obtient deux formes équivalentes de \(h\) — une par approche — qui ne demandent plus jamais de calculer un rang une fois qu'on connaît \(m\) :

★★★ LA formule à ne jamais oublier (moyen mnémotechnique du prof)
🐭 Mickey
\[h = m - I_c + E_c\]
(approche cinématique)
⚽ Messi
\[h = m - E_s + I_s\]
(approche statique)
Pourquoi ça marche comme moyen mnémotechnique Les deux formules ont exactement la même « forme » : \(h = m - (\text{les équations « E »}) + (\text{les inconnues « I »})\) — seule la lettre change selon l'approche (\(c\) pour cinématique, \(s\) pour statique). Mickey ↔ ses initiales rappellent cinématique ; Messi ↔ statique. Retenez juste « \(h = m\) moins E plus I », même indice partout.

5. Méthode simple, étape par étape (approche cinématique — la plus rapide)

★ Marche à suivre
  1. Dessiner le graphe des liaisons (1 pièce = 1 bulle, 1 liaison = 1 trait) et compter les boucles à l'œil → \(\gamma\). Chaîne simple à une seule boucle fermée : \(\gamma = 1\).
  2. \(E_c = 6\gamma\) (une seule multiplication).
  3. \(I_c\) : pour chaque liaison du graphe, lire son ddl dans le tableau du §2, puis additionner.
  4. Écrire la fermeture cinématique \(\{\mathcal V_{i/i}\}=\{0\}\) sur la (les) boucle(s), projeter sur les 6 composantes.
  5. Résoudre / repérer le rang : chaque équation de type \(0=x\) avec \(x\ne0\) impossible → erreur de modèle ; chaque équation de type \(0=0\) → pas comptée dans le rang (c'est un « défaut » = future composante de \(h\)). \(rg[E_c]\) = nombre d'équations réellement utiles.
  6. \(m = I_c - rg[E_c]\).
  7. Mickey : \(h = m - I_c + E_c\).
  8. Vérifier : \(h\) doit être un entier \(\ge 0\). Si \(h<0\), il y a une erreur de modèle (mécanisme mal posé) — cf. §6.
Piège classique Pas besoin de résoudre le système en entier pour avoir \(rg[E_c]\) : il suffit souvent de repérer les équations qui se recopient (dépendantes) ou qui donnent \(0=0\) directement en les écrivant — pas besoin d'algèbre linéaire lourde pour les cas de TD.
Méthode « intuitive » (bonus, cf. TD pompe à piston radial) Sans poser d'équations : on regarde, en fermant la boucle « à la main » (montage réel), quels petits défauts géométriques (un angle \(d\theta\), une distance \(dD\)) empêcheraient physiquement le montage. Chaque défaut gênant et non compensé par une autre liaison de la chaîne correspond à 1 degré d'hyperstatisme. C'est plus rapide sur des mécanismes simples à une boucle, mais moins sûr que la méthode par le rang pour les cas complexes.

6. Interpréter le résultat

ValeurSignification
\(h = 0\)Isostatique — pas de redondance, montage toujours possible sans jeu ni contrainte.
\(h = n > 0\)Hyperstatique de degré \(n\) — \(n\) conditions géométriques à respecter précisément pour que ça monte.
\(h = n < 0\)Hypostatique (mécanisme mal conçu, erreur de modèle) — ne peut pas fonctionner tel quel.
\(m = 0\)Mécanisme cinématiquement bloqué.
AvantagesInconvénients
IsostatiqueÉconomique, facilement montableSouple (moins rigide)
HyperstatiqueRigideCoûteux, contraintes géométriques fines
Pour rendre un mécanisme hyperstatique isostatique Ajouter un ddl sur l'une des liaisons de la chaîne (jeu, solide intermédiaire, accouplement type Oldham/Cardan, rotulage…) jusqu'à annuler les inconnues en trop.
TD corrigé — TD corrigé — Théorie des mécanismes (C02)

Correction intégrale des 5 exercices du TD : association de liaisons (série et parallèle), isostatisme, puis l'étude complète d'une pompe à piston radial (approche cinématique et statique, degré d'hyperstatisme, correction du montage). Méthode et formules : voir la fiche formulaire (Mickey & Messi, tableau des liaisons, rappels torseurs). Source : S2I TD C02 — Théorie des mécanismes (9 p.), pas de corrigé officiel disponible → correction construite à partir des formules du cours et vérifiée par la cohérence entre les deux approches (cinématique / statique) à chaque fois.

1. Association de liaisons — Articulation

Articulation — tube 1 / axe 2 / tige 3 série
Énoncé — tube 1, axe 2 (2 roulements), tige 3 assemblée par frettage

Un tube 1 est en liaison avec un axe 2, lui-même en liaison avec une tige 3. Questions : graphe des liaisons et association ; torseurs de \(\mathscr L_{1/2}\) et \(\mathscr L_{2/3}\) ; liaison équivalente \(\mathscr L_{1/3}\) ; isostatisme.

1) Graphe des liaisons — association

Le dessin montre : l'axe 2 guidé dans le tube 1 par deux roulements (symbole ISO en haut et en bas) → seule la rotation autour de l'axe \((O,\vec y)\) est possible, aucune translation (les roulements sont montés en opposition, pas de jeu axial) : liaison pivot. Au centre, l'axe 2 et la tige 3 sont assemblés à demeure (matière continue, hachures traversantes, pas de jeu ni d'élément d'assemblage démontable) : liaison encastrement.

Graphe : \(1 \xrightarrow{\text{pivot}} 2 \xrightarrow{\text{encastrement}} 3\) — deux solides terminaux différents (1 et 3) : c'est une chaîne ouverte, les deux liaisons sont en série.

2) Torseur de \(\mathscr L_{1/2}\) (pivot d'axe \((O,\vec y)\))

\[\{\mathcal V_{2/1}\} = \{\omega_y\vec y\, ;\ \vec 0\}_O \qquad\qquad \{\mathcal T_{1\to2}\} = \{X\vec x+Y\vec y+Z\vec z\, ;\ L\vec x+N\vec z\}_O\]

3) Torseur de \(\mathscr L_{2/3}\) (encastrement)

\[\{\mathcal V_{3/2}\} = \{\vec 0\, ;\ \vec 0\}_O \qquad\qquad \{\mathcal T_{2\to3}\} = \{X'\vec x+Y'\vec y+Z'\vec z\, ;\ L'\vec x+M'\vec y+N'\vec z\}_O\]

4) Liaison équivalente \(\mathscr L_{1/3}\)

Approche cinématique (série → on somme au même point \(O\)) : \[\{\mathcal V_{3/1}\}_O = \{\mathcal V_{3/2}\}_O + \{\mathcal V_{2/1}\}_O = \{\omega_y\vec y\, ;\ \vec 0\}_O\] Approche statique (série → on égalise) : \(\{\mathcal T_{1\to3}\}=\{\mathcal T_{1\to2}\}=\{\mathcal T_{2\to3}\}\). Le pivot ne peut transmettre aucune composante de moment \(M\vec y\) (c'est sa direction libre) ; l'égalité impose donc \(M'=0\) côté encastrement aussi — le moment transmis en \(O\) se réduit à \(L\vec x+N\vec z\), exactement la forme d'un pivot.

Liaison équivalente \(\mathscr L_{1/3}\) : pivot d'axe \((O,\vec y)\), cohérent par les deux approches.

5) Cette liaison est-elle isostatique ?

Oui, toujours : une chaîne ouverte (solides d'extrémité différents, ici 1 et 3) est toujours isostatique, quelle que soit la nature des liaisons composées — c'est un résultat général du cours (aucun calcul de \(h\) n'est nécessaire). De plus, un pivot est lui-même une liaison normalisée isostatique par construction.

2. Double guidage cylindrique

Coulisseau 2 sur 2 colonnes parallèles parallèle, classique
Énoncé — bâti 0 à 2 colonnes cylindriques d'axes (A,y) et (B,y), coulisseau 2, entraxe e=AB·z

Un bâti 0 est muni de 2 colonnes cylindriques d'axes \((A,\vec y)\) et \((B,\vec y)\), d'entraxe \(e=\overrightarrow{AB}\cdot\vec z\). Un coulisseau 2 est en liaison avec ces 2 colonnes. Questions : torseurs de \(\mathscr L^A_{2/0}\) et \(\mathscr L^B_{2/0}\) ; liaison équivalente \(\mathscr L_{2/0}\) ; isostatisme.

1–2) Torseurs de \(\mathscr L^A_{2/0}\) et \(\mathscr L^B_{2/0}\) (2 pivots glissants d'axe \(\vec y\))

\[\{\mathcal V_{2/0}\}^A_A = \{\omega_A\vec y\, ;\ v_A\vec y\}_A \qquad\qquad \{\mathcal V_{2/0}\}^B_B = \{\omega_B\vec y\, ;\ v_B\vec y\}_B\] \[\{\mathcal T^A_{0\to2}\} = \{Y_A\vec y_\perp+Z_A\vec z\, ;\ M_A\vec x+N_A\vec z\}_A \quad\text{(4 inconnues chacune)}\]

3) Liaison équivalente \(\mathscr L_{2/0}\)

2 est un seul solide rigide : son mouvement doit vérifier simultanément les deux torseurs, réduits au même point \(A\) (Varignon, \(\vec{BA}=-e\,\vec z\)) : \[\{\mathcal V_{2/0}\}^B_A = \{\omega_B\vec y\, ;\ v_B\vec y + \omega_B\vec y \wedge \overrightarrow{BA}\}_A = \{\omega_B\vec y\, ;\ v_B\vec y - \omega_B e\,\vec x\}_A\] En identifiant avec \(\{\mathcal V_{2/0}\}^A_A=\{\omega_A\vec y\,;v_A\vec y\}_A\) (même résultante, même moment en \(A\)) : \(\omega_A=\omega_B=\omega\) et \(v_A\vec y = v_B\vec y - \omega e\,\vec x\). Le terme en \(\vec x\) n'existe pas à gauche → \(\omega e = 0\). Comme \(e\neq0\) (2 colonnes distinctes), \(\omega=0\) : la rotation autour de \(\vec y\) est bloquée par la présence des 2 colonnes.

Liaison équivalente : glissière d'axe \((\cdot,\vec y)\) — c'est exactement le principe du double guidage cylindrique : réaliser une glissière avec 2 liaisons pivot glissant, sans usiner de rainure.

4) Cette liaison est-elle isostatique ?

Cinématique : \(N_P=2\) (0, 2), \(N_L=2\) → \(\gamma=1\), \(E_c=6\). \(I_c = 2+2=4\) (2 ddl par pivot glissant). Mobilité réelle trouvée en Q3 : \(m=1\) (seule la translation \(v\) subsiste). Mickey : \[h = m - I_c + E_c = 1-4+6 = 3\] Vérification statique (Messi) : \(E_s=6(N_P-1)=6\) ; \(I_s=4+4=8\) (4 inconnues statiques par pivot glissant) ; \(h=m-E_s+I_s=1-6+8=3\). ✓ les deux approches concordent.

\(\boxed{h=3}\) : hyperstatique de degré 3, pas isostatique. Cela correspond exactement à 3 conditions géométriques strictes à respecter pour que le montage se monte sans forcer : parallélisme des 2 axes (2 angles → 2 degrés d'hyperstatisme en moins si on les cote finement) + entraxe exact \(e\) (1 distance → 1 degré en moins). \(2+1=3=h\) — cohérent avec le tableau « contraintes géométriques et dimensionnelles » du cours.
Rendre isostatique Solution industrielle courante : laisser du jeu sur l'une des 2 liaisons cylindriques (elle dégénère alors en linéaire annulaire ou pire), au prix d'un guidage moins précis — ou coter finement le parallélisme et l'entraxe si on veut garder les 2 liaisons rigides (montage plus cher).

3. Accouplement par goupille

Arbre 1 / poulie 2 / goupille 3 déjà corrigé — Ch1

Cet exercice (2 versions : poulie large / poulie mince) a déjà été corrigé intégralement, avec le même niveau de détail (torseurs, liaison équivalente, degré d'hyperstatisme par les deux approches), dans le chapitre Ch1 · Accouplement par goupille. Récapitulatif des résultats :

Version 1 — poulie large (22)Version 2 — poulie mince (10)
Liaison \(\mathscr L_{3/2}\) (goupille/poulie)Pivot glissant (contact long)Sphère-cylindre (contact court)
Liaison équivalente \(\mathscr L_{1/2}\)Pivot d'axe \((O,\vec z)\), 1 ddl résiduelSphérique (rotule), 3 ddl
Degré d'hyperstatisme \(h=N_s-N_e\)\(h=-1\) (quasi-isostatique)\(h=-3\) (sous-contraint)
Couple transmis ?OuiNon — la poulie tourne librement sur l'arbre
On privilégie la Version 1 (poulie large) : le contact direct arbre/poulie, assez long, se comporte comme un pivot d'axe \((O,\vec z)\) volontairement rotulé pour absorber les petits défauts d'alignement sans concurrencer la goupille — seul 1 ddl résiduel inoffensif subsiste.

4. Accouplement de 2 arbres par manchon

Montage de base — manchon 3 encastré sur 1 et sur 2 parallèle
Énoncé — deux arbres 1 et 2 de même axe, chacun sur son propre palier (bâti 0), liés par un manchon 3 encastré des deux côtés

Deux arbres 1 et 2 de même axe, chacun porté par son propre palier sur le bâti 0, sont liés par un manchon 3 encastré sur 1 et sur 2. Question : établir le graphe des liaisons. La liaison est-elle isostatique ?

1) Graphe des liaisons — isostatisme

4 solides : \(0\) (bâti), \(1\), \(2\), \(3\) (manchon). 4 liaisons formant une seule boucle fermée : \(\mathscr L_{0/1}\) pivot (palier de 1), \(\mathscr L_{1/3}\) encastrement (manchon serré sur 1), \(\mathscr L_{3/2}\) encastrement (manchon serré sur 2), \(\mathscr L_{2/0}\) pivot (palier de 2). \(N_P=4\), \(N_L=4\) → \(\gamma=N_L-N_P+1=1\), \(E_c=6\).

\[I_c = \underbrace{1}_{\text{pivot }0/1} + \underbrace{0}_{\text{encastr. }1/3} + \underbrace{0}_{\text{encastr. }3/2} + \underbrace{1}_{\text{pivot }2/0} = 2\]

Mobilité réelle : si les deux paliers sont parfaitement coaxiaux, l'ensemble \(1\!-\!3\!-\!2\) tourne en bloc autour de l'axe commun → \(m=1\) (rotation commune).

Mickey : \(h = m-I_c+E_c = 1-2+6=5\). Vérification (Messi) : \(E_s=6(N_P-1)=18\), \(I_s=5+6+6+5=22\), \(h=m-E_s+I_s=1-18+22=5\). ✓

\(\boxed{h=5}\) : très hyperstatique, donc pas isostatique. Physiquement : les 2 arbres sont chacun déjà guidés par leur propre palier (2×5 inconnues), et le manchon rigide les ré-encastre l'un à l'autre sans laisser aucune souplesse pour absorber un défaut de coaxialité entre les 2 paliers — d'où le besoin, en pratique, d'un accouplement flexible (cf. cours : joint d'Oldham, joint de Cardan…) plutôt qu'un manchon rigide.
Réalisation 1 — manchon encastré sur 1, jeu radial + goupille sur 2 amélioration partielle
Réalisation 1 — manchon 3 encastré sur 1, jeu radial sur 2, goupille traversant 3 et 2

Le manchon 3 est encastré sur 1, mais est monté avec jeu radial sur 2 ; une goupille traverse 3 et 2. Cette solution est-elle isostatique ?

Le jeu radial supprime tout contact serré entre 3 et 2 sauf au niveau de la goupille : celle-ci ne transmet plus qu'un couple (rotation bloquée autour de l'axe de l'arbre) sans pouvoir imposer de contrainte de position radiale — la liaison \(\mathscr L_{3/2}\) gagne donc un ddl par rapport à l'encastrement rigide du montage de base (elle absorbe un défaut d'alignement angulaire dans une direction).

Le montage reste hyperstatique (on ne libère qu'1 ddl sur les 5 en trop) mais moins que le montage de base : c'est un compromis partiel, pas encore une solution isostatique complète.
Réalisation 2 — goupille liée à 2, en contact avec 3 par une rainure meilleure solution
Réalisation 2 — manchon 3 encastré sur 1, jeu radial sur 2, goupille liée à 2 en contact avec 3 par une rainure

Le manchon 3 est encastré sur 1, avec jeu radial sur 2 ; une goupille liée à 2 est en contact avec 3 par une rainure. Cette solution est-elle isostatique ? Proposer une solution isostatique de transmission du mouvement de rotation entre 1 et 2, en utilisant le manchon lié par goupilles.

3) Isostatisme

Une goupille engagée dans une rainure (et non plus un simple trou) ne bloque plus qu'une seule composante : la rotation relative autour de l'axe de couplage (c'est elle qui transmet le couple). Tout le reste — translation le long de la rainure, léger basculement — reste libre, exactement le principe d'un joint d'Oldham. La liaison \(\mathscr L_{3/2}\) ainsi réalisée ne transmet donc plus qu'1 seule inconnue statique (le couple), au lieu de 6 pour un encastrement.

4) Solution isostatique complète

En reproduisant le même principe goupille + rainure sur les deux liaisons (\(\mathscr L_{1/3}\) et \(\mathscr L_{3/2}\)), avec les deux rainures orientées à 90° l'une de l'autre sur le manchon intermédiaire 3 (comme dans un vrai joint d'Oldham), chaque liaison ne transmet plus qu'un couple selon son propre axe de rainure : le manchon flotte librement dans les 2 directions perpendiculaires à l'axe et absorbe tout défaut de coaxialité entre les 2 paliers, tout en transmettant intégralement la rotation. C'est la solution industrielle standard citée par le cours pour ce type de problème (accouplements de type Oldham/Cardan).

5. Pompe à piston radial — étude complète

Présentation du mécanisme à connaître
Modèle 3D et schéma cinématique de la pompe à piston radial
Paramétrage : O1C=e, O1D=h, CE=r, k position du piston, α position angulaire de l'arbre d'entrée

Objectif : mieux comprendre l'hyperstatisme en étudiant les conséquences géométriques d'un degré d'hyperstatisme non nul, puis rendre le mécanisme isostatique. Le ressort est négligé dans toute la suite.

3 solides : 1 (bâti/carter, fixe), 2 (arbre d'entrée + excentrique, paramètre \(\alpha\)), 3 (piston, paramètre \(k\)). D'après le schéma cinématique et le paramétrage (\(O_1C=e\), \(O_1D=h\), \(CE=r\)) :

  • \(\mathscr L_{1/2}\) : pivot d'axe \((O_1,\vec z_1)\) — l'arbre d'entrée tourne dans le carter.
  • \(\mathscr L_{1/3}\) : pivot glissant d'axe \((D,\vec y_1)\) — le piston coulisse dans son alésage (le pivot glissant, et non une simple glissière, car rien n'empêche le piston de tourner librement sur lui-même).
  • \(\mathscr L_{2/3}\) : linéaire rectiligne, ligne \((E,\vec z_1)\), normale \(\vec y_1\) — le galet cylindrique (rayon \(r\), axe \(\vec z_1\), monté sur l'excentrique 2) roule sur la face plane du piston 3.
Q1–3 — Graphe, nombre cyclomatique, \(I_c\) et \(m\) approche cinématique

1) Graphe des liaisons

3 solides (1, 2, 3), 3 liaisons formant une seule boucle fermée \(1\!-\!2\!-\!3\!-\!1\).

2) Nombre cyclomatique

\[\gamma = N_L-N_P+1 = 3-3+1 = 1 \qquad\Rightarrow\qquad E_c=6\gamma=6\]

3) \(I_c\) et \(m\)

On additionne les ddl de chaque liaison (cf. tableau des liaisons usuelles, fiche formulaire) :

\[I_c = \underbrace{1}_{\text{pivot }1/2} + \underbrace{2}_{\text{pivot glissant }1/3} + \underbrace{4}_{\text{linéaire rectiligne }2/3} = 7\]

Mouvement réel : \(\alpha\) entraîne \(k\) (relation utile \(k(\alpha)\), \(m_u=1\)) et le piston peut en plus tourner librement sur son axe \(\vec y_1\) sans aucun effet fonctionnel (\(m_i=1\)) :

\[m = m_u+m_i = 1+1 = 2\]
Q4–6 — Torseurs cinématiques, fermeture, degré d'hyperstatisme approche cinématique

4) Torseurs cinématiques de chaque liaison

\[\{\mathcal V_{2/1}\}_{O_1} = \{\dot\alpha\,\vec z_1\, ;\ \vec 0\}_{O_1} \qquad \{\mathcal V_{3/1}\}_{D} = \{\dot\psi\,\vec y_1\, ;\ \dot k\,\vec y_1\}_{D} \qquad \{\mathcal V_{2/3}\}_{E} = \{\omega_{z}\vec z_1+\omega_{y}\vec y_1\, ;\ v_{z}\vec z_1+v_{x}\vec x_1\}_{E}\] (\(\dot\psi\) = rotation propre, inutile, du piston ; \(\omega_z,\omega_y,v_z,v_x\) = 4 inconnues de la liaison linéaire rectiligne en \(E\).)

5) Fermeture cinématique en \(O_1\)

On réduit les 3 torseurs au même point \(O_1\) (Varignon, avec \(\overrightarrow{O_1E}\), fonction de \(\alpha\) via \(e\), \(r\)) et on écrit \(\{\mathcal V_{2/1}\}+\{\mathcal V_{1/3}\}+\{\mathcal V_{3/2}\}=\{0\}\) : cela donne 6 équations scalaires (3 sur la résultante, 3 sur le moment) à \(I_c=7\) inconnues (\(\dot\alpha,\dot\psi,\dot k,\omega_z,\omega_y,v_z,v_x\)).

6) Degré d'hyperstatisme

La résolution donne la loi \(k(\alpha)\) utile et détermine 4 des 7 inconnues ; en projetant sur les 6 directions, une seule équation est du type \(0=0\) (la composante de moment selon \(\vec x_1\), perpendiculaire au plan de fonctionnement \((O_1,\vec y_1,\vec z_1)\)) : \(rg[E_c]=5\).

\[m = I_c-rg[E_c] = 7-5 = 2 \ \checkmark \text{(cohérent avec Q3)}\]
Mickey : \[h = E_c-rg[E_c] = 6-5 = 1 \qquad\text{ou}\qquad h=m-I_c+E_c=2-7+6=1\]
Q7–9 — Torseurs des actions, PFS, degré d'hyperstatisme approche statique
Actions mécaniques calculables : isolement de 1, 2 puis 3, PFS

7) Torseurs des actions mécaniques transmissibles (complémentaires des torseurs cinématiques)

\[\{\mathcal T_{1\to2}\}_{O_1} = \{Y\vec y_1+Z\vec z_1\, ;\ C_m\vec z_1+L_O\vec x_1\}_{O_1} \qquad \{\mathcal T_{1\to3}\}_{D} = \{X\vec x_1+Z\vec z_1\, ;\ L_D\vec x_1+N\vec z_1\}_{D}\] \[\{\mathcal T_{2\to3}\}_{E} = \{Y\vec y_1\, ;\ L_E\vec x_1\}_{E}\]

8) PFS isolant 2 puis 3

En isolant successivement 2 (sous \(C_m\), la réaction du bâti en \(O_1\), et la réaction du galet en \(E\)) puis 3 (sous la force de pression du fluide \(F_p\), la réaction du galet en \(E\), et la réaction du guidage en \(D\)), on obtient \(E_s=6(N_P-1)=12\) équations pour \(I_s=5+4+2=11\) inconnues statiques.

Résultat du TD Après résolution, toutes les composantes dans le plan de fonctionnement \((O_1,\vec y_1,\vec z_1)\) sont calculables, avec la relation entrée-sortie \(\boxed{C_m = e\,F_p\cos\alpha}\) (couple moteur minimal \(>eF_p\), maximal pour \(\alpha=0\)). En revanche, les 3 composantes de moment \(L_O,\,L_E,\,L_D\) (selon \(\vec x_1\), hors du plan de fonctionnement) restent indéterminées : c'est la signature de l'hyperstatisme.

9) Degré d'hyperstatisme

\[rg[E_s] = E_s-m = 12-2 = 10\]
Messi : \[h = I_s-rg[E_s] = 11-10 = 1 \qquad\text{ou}\qquad h=m-E_s+I_s=2-12+11=1\] Identique à l'approche cinématique (Q6). \(\boxed{h=1}\) : hyperstatique de degré 1, dû aux 3 moments \(L_O,L_E,L_D\) liés entre eux par une seule relation redondante.
Q10 — Rendre l'assemblage isostatique

La famille d'inconnues hyperstatiques est celle des moments \(L_i\) (défaut \(\theta_x\)). Il faut ajouter 1 degré de liberté en rotation à l'une des liaisons.

Les liaisons \(\mathscr L_{1/2}\) (pivot d'entrée) et \(\mathscr L_{1/3}\) (guidage du piston, fonction de guidage précis) ne peuvent pas perdre de contrainte sans nuire à leur fonction. Seule \(\mathscr L_{2/3}\) (linéaire rectiligne, 2 inconnues) est modifiable : on remplace le roulement rigide à une rangée de billes en \(C\) (rotulage résiduel très faible, \(5'\)) par un roulement à rotule (rotulage \(3°\)), ce qui dégrade la liaison en ponctuelle (5 ddl, 1 seule inconnue statique : la composante normale).

\(I_c\) passe de 7 à 8 → \(h = m-I_c+E_c = 2-8+6 = 0\) : le mécanisme devient isostatique.
Q11 — Conclusion

Quel défaut est le plus influent ?

Le défaut angulaire \(\theta_x\) (bascule hors du plan de fonctionnement) est le seul vraiment gênant : les défauts \(\theta_y\), \(\theta_z\), \(dD_x\), \(dD_z\) sont naturellement absorbés par les degrés de liberté déjà présents dans les liaisons en amont (pivot glissant du piston, linéaire rectiligne du galet), alors qu'aucune liaison ne peut compenser \(\theta_x\) — c'est précisément la direction du degré d'hyperstatisme \(h=1\) trouvé en Q6/Q9, et celle qu'il faut corriger en Q10.
À retenir L'hyperstaticité est un problème structurel (lié au choix des liaisons), pas un problème d'efforts extérieurs : même sans charge (\(F_p=C_m=0\)), le défaut \(\theta_x\) engendre des autocontraintes dès le montage.
TP + DS — TP Hyperstatisme et DS — corrigés

Deux compléments au TD du chapitre 2 trouvés sur Moodle : le compte-rendu du TP Hyperstatisme (assemblages à 4, 5 et 6 plaquettes de bois) et l'exercice « hydro-nettoyeur » du DS01 2022-2023 (pompe à plateau oscillant : degré d'hyperstatisme puis dynamique du piston). ⚠️ Aucun corrigé officiel : tout est résolu avec la méthode de la fiche formulaire (\(h=m-I_c+E_c\)). Rappel : \(E_c=6\gamma\) en modèle spatial et \(E_c=3\gamma\) en modèle plan, \(\gamma=L-S+1\).

1. TP Hyperstatisme — compte-rendu

Avec 6 plaquettes de bois, boulons et rondelles : (1) assemblage articulé de 4 plaquettes en parallélogramme ; (2) ajout d'une plaquette en diagonale ; (3) ajout de la dernière par-dessus la précédente. But : « se représenter physiquement ce qu'est l'hyperstatisme ». Le sujet précise que toute modélisation est juste tant qu'elle est justifiée : on donne donc le modèle plan (le plus parlant) et le modèle spatial.

Q1 — Nature des assemblages (mobile, isostatique, hyperstatique) ♦♦

Rappel utile : « mobile / rigide » (la mobilité \(m\)) et « isostatique / hyperstatique » (\(h\)) sont deux questions différentes. Un assemblage peut être mobile et hyperstatique (c'est le cas du parallélogramme en 3D).

  • 4 plaquettes : le parallélogramme se déforme à la main → mobile (\(m=1\)).
  • 5 plaquettes (diagonale) : l'assemblage devient rigide (deux triangles), les boulons se montent sans effort → isostatique (\(m=0\), \(h=0\) en plan).
  • 6 plaquettes (2ᵉ diagonale sur la première) : l'assemblage reste rigide mais il faut que les deux diagonales aient exactement le même entraxe de trous ; au serrage on sent de la contrainte → hyperstatique.
Q2 — Modélisation cinématique et degré d'hyperstatisme ♦♦♦

Modèle : chaque plaquette = un solide, chaque boulon = une liaison pivot d'axe perpendiculaire aux plaquettes. Un boulon qui traverse trois plaquettes (cas du coin d'où part la diagonale) ne compte que pour une liaison de plus par plaquette ajoutée (la diagonale pivote autour du boulon porté par l'une des deux plaquettes du coin : les autres liaisons seraient redondantes avec le même axe). On pose \(h=m-I_c+E_c\), avec \(I_c\) = nombre de paramètres cinématiques des liaisons, \(\gamma=L-S+1\) (L liaisons, S solides).

AssemblageSL\(\gamma\)\(m\)Plan : \(I_c\), \(E_c=3\gamma\), \(h\)Spatial : \(I_c\), \(E_c=6\gamma\), \(h\)
4 plaquettes4411\(4,\ 3,\ h=1-4+3=\mathbf 0\)\(4,\ 6,\ h=1-4+6=\mathbf 3\)
5 plaquettes5620\(6,\ 6,\ h=0-6+6=\mathbf 0\)\(6,\ 12,\ h=0-6+12=\mathbf 6\)
6 plaquettes6830\(8,\ 9,\ h=0-8+9=\mathbf 1\)\(8,\ 18,\ h=0-8+18=\mathbf{10}\)

Lecture du tableau (modèle plan, le plus parlant) :

  • 4 plaquettes : \(h=0\), mobilité 1 : un parallélogramme articulé plan est isostatique.
  • 5 plaquettes : \(h=0\), \(m=0\) : deux triangles accolés, structure rigide, aucune contrainte de montage.
  • 6 plaquettes : \(h=1\) : une contrainte redondante. La 2ᵉ diagonale impose deux fois la même longueur entre les mêmes deux coins : c'est le « 1 » hyperstatique. Il se traduit par la condition géométrique « entraxe des deux diagonales identique ».
Modèle spatial Il donne des \(h\) plus grands (3, 6, 10) car il compte aussi le parallélisme des axes des boulons et la planéité des assemblages (3 pivots d'un quadrilatère articulé doivent avoir leur axe parallèle au premier : \(h=3\)). Dans le modèle plan, on les suppose automatiquement vérifiés.
Piège Dans le tableau, \(h\) est un nombre de contraintes surabondantes, pas un nombre de plaquettes ni de boulons en trop. Un \(h\) élevé en spatial ne veut pas dire « assemblage impossible » : les jeux (trous plus grands que les boulons) absorbent les erreurs.
Q3 — Rigidifier l'assemblage à 4 plaquettes sans plaquette supplémentaire ♦♦

Il suffit de supprimer la mobilité en transformant une liaison pivot en encastrement : on serre fortement un boulon (ou on en met un second dans la même liaison pour bloquer la rotation). Les deux plaquettes concernées n'en forment plus qu'une, avec un angle fixé.

Nouveau modèle : 3 pivots + 1 encastrement. Modèle plan : \(I_c=3\), \(E_c=3\), \(m=0\) (un quadrilatère dont un angle est bloqué est rigide) :

\[h=m-I_c+E_c=0-3+3=0\quad\Rightarrow\quad\text{assemblage rigide et isostatique}\]
Remarque Ce rigidifiage est « imparfait » en pratique : l'encastrement n'existe que par adhérence (frottement entre plaquettes) ; un couple trop fort fait glisser le joint.
Q4 — Contraintes géométriques de l'assemblage à 6 plaquettes, hiérarchisées ♦♦♦

Proposition (justifiée par le modèle ci-dessus, du plus au moins contraignant) :

  1. Égalité des entraxes des deux plaquettes diagonales (pièces 5 et 6) : c'est la condition qui correspond directement au \(h=1\) plan ; si elle n'est pas respectée, les 6 plaquettes ne peuvent pas être assemblées sans jeu ou déformation.
  2. Parallélisme des axes des boulons (perpendicularité des perçages aux faces) : sans lui, l'assemblage se bloque ou se tord (hors plan). Correspond au surcroît spatial \(h_{spatial}-h_{plan}=9\).
  3. Planéité des plaquettes et épaisseurs compatibles : plaquettes dans des plans parallèles (empilement), sans voilage.
  4. Compatibilité entre les entraxes des plaquettes du cadre (côtés opposés égaux pour que le « parallélogramme » en soit un) : nécessaire pour la mobilité à 4 plaquettes, moins critique une fois les diagonales posées.
  5. Jeu perçage/boulon : n'est pas une contrainte d'assemblage mais le mécanisme qui la rend tolérable (le jeu absorbe les écarts des points 1 à 4).
Q5 — Limites des modélisations ♦♦
  • Liaisons parfaites supposées : en réalité du jeu et du frottement ; le serrage des boulons crée de l'adhérence (quasi-encastrement).
  • Solides indéformables : le bois fléchit et se comprime ; un assemblage « hyperstatique » en rigide peut être monté en le déformant légèrement.
  • Plan vs spatial : le modèle plan masque les défauts hors plan (parallélisme, planéité) ; le modèle spatial les compte mais surévalue \(h\) car les jeux les absorbent.
  • Boulon traversant 3 plaquettes : la modélisation (laquelle des 2 plaquettes du coin porte la diagonale ?) est un choix ; le résultat \(h\) n'en dépend pas, mais la lecture « qui est lié à quoi » oui.
  • \(h\) dit combien de contraintes sont redondantes, pas lesquelles (il faut l'analyse géométrique) ni quelles forces en résultent (il faudrait la déformation).

2. DS01 2022 — Exercice 2 : hydro-nettoyeur

Pompe à plateau oscillant : arbre 1, plateau 2 incliné de l'angle α, piston 3 rappelé par un ressort, repères
Énoncé : arbre moteur 1 (rotation \(\theta\) autour de \(\vec x_0\)), plateau 2 incliné de \(\alpha=10^\circ\) (axe \(\vec x_1'\)), piston 3 sur l'axe de décalage \(R=18\) mm, rappelé par un ressort de raideur \(k\) ; \(m_3=100\) g, \(N=3000\) tr/min, pression de refoulement 100 bar. 5 pistons ; on n'étudie qu'un seul piston.
Partie 1, Q1–Q2 — Degré d'hyperstatisme ♦♦

Modèle (un seul piston) : solides 0 (bâti), 1 (arbre), 2 (plateau), 3 (piston). Liaisons : 0–1 pivot d'axe \((O,\vec x_0)\) ; 1–2 pivot d'axe \((O,\vec x_1')\) (le plateau est monté sur un roulement : il oscille sans tourner avec l'arbre) ; 2–3 contact en \(A\) ; 3–0 pivot glissant d'axe parallèle à \(\vec x_0\). Un seul cycle : \(L=4\), \(S=4\), \(\gamma=1\), donc \(E_c=6\).

1) Contact sphère-plan (liaison ponctuelle, \(I_c=5\))

\(I_c=1+1+5+2=9\). Mobilités : utile \(m_u=1\) (l'arbre pilote la course du piston) ; internes \(m_i=2\) (rotation propre du plateau sur son axe, et rotation propre du piston autour de son axe puisque le contact ponctuel ne la bloque pas). \(m=3\).

\[h=m-I_c+E_c=3-9+6=0\quad\Rightarrow\quad\text{isostatique}\]

2) Contact cylindre-plan (linéaire rectiligne, \(I_c=4\))

La mobilité est modifiée : le contact linéaire bloque la rotation propre du piston, donc \(m_i=1\) (il ne reste que la rotation propre du plateau), \(m=2\) ; \(I_c=1+1+4+2=8\).

\[h=m-I_c+E_c=2-8+6=0\quad\Rightarrow\quad\text{toujours isostatique}\]
Pourquoi un contact linéaire ? Il répartit l'effort (jusqu'à 100 bar sur la face du piston) sur une ligne au lieu d'un point : la pression de contact de Hertz est bien plus faible, donc moins d'usure et de matage, sans changer le caractère isostatique du mécanisme (\(h=0\)). On gagne en durée de vie sans payer en précision de montage.
Hypothèse On suppose les rangs pleins (\(\mathrm{rg}\,E_c=6\)), configuration générique, et que les axes de 0–1 et 1–2 se coupent en \(O\). Si le plateau était encastré sur l'arbre (sans roulement), on trouve \(I_c=8\) puis \(7\), \(m=2\) puis \(1\) : \(h=0\) dans les deux cas — le résultat est donc robuste à ce choix de modèle.
Partie 2, Q3–Q5 — Dynamique du piston, absence de rupture de contact ♦♦♦

Hypothèses : phase d'aspiration, seul le ressort agit (pression ignorée), poids négligé, liaisons parfaites, contact ponctuel en \(A\) ; \(\overrightarrow{OA}=x_A\vec x_0-R\vec y_0\), et \(A\) appartient au plan du plateau, c'est-à-dire \(\overrightarrow{OA}\perp\vec x_1'\) (l'énoncé écrit un produit « \(\overrightarrow{OA}\wedge\vec x_1'=0\) » mais seul le produit scalaire nul, \(\overrightarrow{OA}\cdot\vec x_1'=0\), redonne la formule \(x_A=R\tan\alpha\cos\theta\) fournie, avec \(\vec x_1'=\cos\alpha\,\vec x_1+\sin\alpha\,\vec y_1\) et \(\vec y_1=\cos\theta\,\vec y_0+\sin\theta\,\vec z_0\) : \(x_A\cos\alpha-R\sin\alpha\cos\theta=0\)).

3) Torseur du ressort

La position de \(A\) est \(x_A=R\tan\alpha\cos\theta\) : maximale en \(\theta=0\) (point mort droit, ressort comprimé de \(e\)), minimale en \(\theta=\pi\) (\(x_A=-R\tan\alpha\)). La course du piston est \(2R\tan\alpha\). La compression du ressort à l'angle \(\theta\) est donc \(e\) moins le recul de \(A\) depuis \(\theta=0\) : \(x_A(0)-x_A(\theta)=R\tan\alpha\,(1-\cos\theta)\).

\[\{\mathcal T_{ressort\to3}\}=\Big\{\begin{matrix}-k\big(e-R\tan\alpha\,(1-\cos\theta)\big)\,\vec x_0\\ \vec 0\end{matrix}\Big\}_A\]

(le ressort pousse le piston vers le plateau, donc vers \(-\vec x_0\), d'où le signe moins).

4) TRD sur le piston 3, projeté sur \(\vec x_0\)

Le piston est en translation suivant \(\vec x_0\) : \(\vec a_3=\ddot x_A\,\vec x_0\) avec, pour \(\dot\theta=\Omega\) constante, \(\ddot x_A=-R\tan\alpha\,(\ddot\theta\sin\theta+\dot\theta^2\cos\theta)=-R\tan\alpha\,\Omega^2\cos\theta\). Forces sur 3 suivant \(\vec x_0\) : ressort ; action du plateau sur le piston en \(A\) : liaison parfaite, normale au plateau, donc \(X_{23}\,\vec x_1'\), de composante \(X_{23}\cos\alpha\) sur \(\vec x_0\) ; pesanteur et liaison pivot glissant : pas de composante suivant \(\vec x_0\).

\[m_3\ddot x_A=-k\big(e-R\tan\alpha\,(1-\cos\theta)\big)+X_{23}\cos\alpha\]
\[X_{23}\cos\alpha=k\big(e-R\tan\alpha\,(1-\cos\theta)\big)-m_3R\tan\alpha\,\Omega^2\cos\theta\]

5) Condition de non-rupture du contact, raideur minimale

Le contact est maintenu tant que le plateau pousse le piston : \(X_{23}\ge0\) (une liaison unilatérale ne peut pas tirer). Le membre de droite est une fonction affine de \(\cos\theta\) :

\[f(\theta)=ke-kR\tan\alpha+R\tan\alpha\,(k-m_3\Omega^2)\cos\theta\]

Son minimum est donc atteint à l'une des bornes, \(\theta=0\) ou \(\theta=\pi\) :

  • \(\theta=\pi\) : \(f(\pi)=k(e-2R\tan\alpha)+m_3R\tan\alpha\,\Omega^2>0\) car \(e>2R\tan\alpha\) (« \(e\) est supérieur à la course ») : jamais critique.
  • \(\theta=0\) : \(f(0)=ke-m_3R\tan\alpha\,\Omega^2\). Au point mort droit, le piston est accéléré vers le plateau (\(\ddot x_A<0\), accélération centripète maximale) et c'est le ressort, seul, qui doit fournir cette force : condition \(f(0)\ge0\).
\[k\ge k_{min}=\dfrac{m_3R\tan\alpha\,\Omega^2}{e}\]

Application numérique : \(\Omega=3000\times\dfrac{2\pi}{60}=314{,}16\) rad/s, \(\Omega^2=9{,}870\times10^4\) rad²/s², \(R\tan\alpha=0{,}018\times\tan10^\circ=3{,}174\) mm. \[k_{min}=\dfrac{0{,}1\times3{,}174\times10^{-3}\times9{,}870\times10^4}{0{,}020}=\dfrac{31{,}33}{0{,}020}\approx1{,}57\times10^3\ \text{N/m}\quad(\approx1{,}6\ \text{N/mm})\]

⚠️ Écart avec l'énoncé L'énoncé suggère de « prendre le cas extrême \(\theta=\pi\) ». Avec le torseur du ressort donné et \(x_A=R\tan\alpha\cos\theta\), c'est \(\theta=0\) qui est critique (voir ci-dessus) ; \(\theta=\pi\) donne une condition automatiquement vérifiée puisque \(e\) dépasse la course. Une convention de signe différente pour \(\theta\) (l'angle d'origine décalé de \(\pi\)) échangerait ces deux cas : la valeur numérique \(k_{min}\approx1{,}6\) N/mm reste celle du cas réellement limitant. À confirmer avec l'enseignant si le sujet est repris.
Interprétation \(m_3R\tan\alpha\,\Omega^2\approx31\) N est l'effort d'inertie du piston à \(3000\) tr/min : il faut un ressort qui, comprimé de \(20\) mm, le dépasse. Cohérence : \(k_{min}\approx1{,}6\) N/mm \(m_3\Omega^2\), où il serait en \(\pi\), n'est pas pertinent ici).

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