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SII · C13 — Actions internes de structures fermées

C13 — Déterminer les actions internes de structures fermées en équilibre

Utiliser le principe fondamental de la statique pour obtenir la loi entrée-sortie en effort d'un transmetteur en chaîne fermée : torseur des actions transmissibles des liaisons parfaites, actions usuelles (ressort, amortisseur, pression, contact), problème plan, ensembles soumis à 2 forces, bielles et vérins, structures « pieuvre » et stratégie d'isolement.

Sommaire du chapitre
📌 Fiche mémo — C13 Actions internes de structures fermées
Torseur d'actions transmissibles\(\{\mathcal T_{1\to2}\}=\{\vec R_{1\to2};\vec M_{A,1\to2}\}\) : 6 paramètres, 6 actions élémentaires (3 forces + 3 couples)
Liaison parfaite1 DDL ⟹ 1 composante nulle ; 1 blocage ⟹ 1 paramètre statique ; \(n_{DDL}+n_{blocages}=6\)
Liaison à 3 rotations libres(sphérique en 3D, pivot en plan) : l'action est une force (\(\vec M=\vec0\) au centre)
Hélicoïdale\(\vec M\cdot\vec y=\mp\dfrac p{2\pi}\vec R\cdot\vec y\) (« − » pas à droite, « + » pas à gauche)
Ressort\(\vec F_{1\to2}=-k(L-L_0)\vec u\) ; amortisseur \(\vec F_{1\to2}=-\lambda\dot L\vec u\)
Ressortsparallèle : \(k=k_1+k_2\) ; série : \(\tfrac1k=\tfrac1{k_1}+\tfrac1{k_2}\) (les souplesses s'ajoutent)
Pression uniformesur une surface plane \(S\), normale sortante \(\vec n\) : \(\vec F=-p\,S\,\vec n\) passant par le centre géométrique
Contact ponctuel sans frottementforce de droite d'action \((I,\vec n_{12})\), intensité \(>0\) (≡ sphère-plan)
Problème plan2 composantes de résultante dans le plan + 1 moment ⟂ plan ⟹ 3 équations de PFS au maximum
Ensemble soumis à 2 forcesrésultantes opposées, droites d'action confondues (\((AB)\)) ; 1 seule inconnue : l'intensité
Vérinpoids négligé ⟹ poussée de droite d'action \((BD)\) ; \(F_p=p_1S_1-p_2S_2\)
Structure « pieuvre »isoler les ensembles à 2 forces (bielles, vérins), puis chaque pièce principale ; choisir l'équation d'après le DDL de la liaison avec le bâti
Stratégie d'isolement1) s'appuyer sur les DDL ; 2) au moins un isolement avec entrée/sortie extérieures ; 3) ne jamais isoler le bâti ; 4) suivre la chaîne depuis l'entrée

1. Résumé de cours détaillé

1.1 Objectif et modèle de comportement statique

On veut déterminer les actions transmises entre les composants d'un mécanisme modélisé par une structure fermée, en utilisant le principe fondamental de la statique (PFS).

Modèle de comportement statique C'est un modèle cinématique complété pour caractériser les interactions en effort entre les ensembles indéformables et entre ces ensembles et l'environnement. Il précise :
• les actions mécaniques transmissibles par les liaisons ;
• les actions mécaniques d'entrée et de sortie associées aux chaînes fonctionnelles (couple d'un moteur, effort d'un vérin…) ;
• des actions mécaniques internes ou externes sollicitant le modèle : poids, ressort, amortisseur…
Il est représenté par un graphe de structure associé aux modèles des actions d'E/S et des sollicitations, et par un schéma cinématique complété de la représentation des actions.

Utilisations : relation d'entrée/sortie d'un transmetteur linéaire ou non linéaire ; actions transmises par une liaison ; conditions d'équilibre (en particulier de non-basculement). Exemple du cours (échelle EPAS) : 3 paramètres de position pilotés \(x,\alpha,\theta\), une sollicitation (poids des parties mobiles en \(D\)) et 3 actions d'E/S \(C_m\), \(F_v\), \(F_{2-3}\) correspondant aux 3 chaînes fonctionnelles.

1.2 Actions transmissibles par des liaisons parfaites

Torseur des actions mécaniques transmissibles (« torseur statique ») \[\{\mathcal T_{1\to2}^{liaison}\}=\Big\{\begin{array}{l}\vec R_{1\to2}=X_{12}\vec x+Y_{12}\vec y+Z_{12}\vec z\\ \vec M_{A,1\to2}=L_{12}\vec x+M_{12}\vec y+N_{12}\vec z\end{array}\Big\}_{A}\] 6 paramètres statiques indépendants = 6 actions élémentaires : 3 forces \(F_X,F_Y,F_Z\) (droites d'action \((A,\vec x),(A,\vec y),(A,\vec z)\), paramétrées par \(X_{12},Y_{12},Z_{12}\)) et 3 couples \(C_X,C_Y,C_Z\) (directions \(\vec x,\vec y,\vec z\), paramétrés par \(L_{12},M_{12},N_{12}\)).
Liaison parfaite : correspondance cinématique ↔ statique Une liaison parfaite (sans frottement, sans jeu) ne dissipe pas d'énergie quels que soient les efforts transmis et les mouvements relatifs. Conséquence : si la liaison accepte un DDL, aucune action s'opposant à ce mouvement n'est transmissible.
• pour chaque blocage, il existe un paramètre statique ; • pour chaque DDL, il existe une composante nulle dans le torseur des actions transmissibles.
\[n_{DDL}+n_{blocages}=6\quad\Longrightarrow\quad n_{paramètres\ cinématiques}+n_{paramètres\ statiques}=6.\] Le domaine de validité du torseur d'actions transmissibles est le même que celui du torseur cinématique.

Exemple 1 — glissière de direction \(\vec x\) entre 1 et 2 : 1 DDL (\(T_X\)) ⟹ la liaison ne peut pas transmettre la force élémentaire \(F_X\), donc \(X_{12}=0\). En tout point \(A\) : \[\{\mathcal T_{1\to2}\}=\Big\{\begin{array}{l}Y_{12}\vec y+Z_{12}\vec z\\ L_{12}\vec x+M_{12}\vec y+N_{12}\vec z\end{array}\Big\}_A\ \Leftrightarrow\ \vec R_{1\to2}\cdot\vec x=0\] 5 paramètres statiques ↔ 5 blocages. Torseur cinématique correspondant : \(\{\mathcal V_{2/1}\}=\{\vec 0;\,V_{12}\vec x\}\).
Exemple 2 — liaison sphérique de centre \(A\) : 3 rotations libres, 3 translations bloquées ⟹ elle ne peut pas transmettre les couples \(C_X,C_Y,C_Z\) mais peut transmettre \(F_X,F_Y,F_Z\) : \(\{\mathcal T_{1\to2}\}=\{\vec R_{1\to2};\vec0\}_A\) (valable uniquement au centre \(A\)). 3 paramètres statiques.

Torseurs d'actions transmissibles des liaisons usuelles

Forme du torseur dans le repère de la liaison, au point \(A\) du domaine de validité (axe, centre, plan…), pour les liaisons parfaites. On obtient chaque ligne en annulant les composantes associées aux DDL :

LiaisonDDLRésultante \(\vec R_{1\to2}\)Moment \(\vec M_{A,1\to2}\)Nb param. statiques
Encastrement0\(X,Y,Z\)\(L,M,N\)6
Pivot d'axe \((A,\vec x)\)\(R_x\)\(X,Y,Z\)\(0,M,N\) (\(\vec M\cdot\vec x=0\))5
Glissière de direction \(\vec x\)\(T_x\)\(0,Y,Z\) (\(\vec R\cdot\vec x=0\))\(L,M,N\)5
Hélicoïdale d'axe \((A,\vec y)\), pas \(p\)\(R_y\equiv T_y\)\(X,Y,Z\)\(L,M,N\) avec \(M=\mp\dfrac p{2\pi}Y\)5
Pivot glissant d'axe \((A,\vec x)\)\(R_x,T_x\)\(0,Y,Z\)\(0,M,N\)4
Appui plan de normale \(\vec z\)\(T_x,T_y,R_z\)\(0,0,Z\)\(L,M,0\)3
Sphérique de centre \(A\)\(R_x,R_y,R_z\)\(X,Y,Z\)\(\vec0\) (au centre)3
Sphère-cylindre d'axe \((A,\vec x)\)\(R_x,R_y,R_z,T_x\)\(0,Y,Z\)\(\vec0\)2
Sphère-plan de normale \((A,\vec y)\)\(R_x,R_y,R_z,T_x,T_z\)\(0,Y,0\) (\(\vec R_{1\to2}=Y_{12}\vec y\))\(\vec0\)1
Cas particulier de la liaison hélicoïdale Une seule DDL qui combine translation et rotation de même direction, liées par le pas \(p\). On impose une puissance nulle dans la liaison parfaite : \(P(1\leftrightarrow2)=\vec R_{1\to2}\cdot\vec V_{J\in2/1}+\vec M_{J,1\to2}\cdot\vec\Omega_{2/1}=0\). Avec l'axe \((A,\vec y)\) : \(\vec V_{J\in 2/1}=\pm\dfrac{p}{2\pi}\omega_{21}\vec y\) et \(\vec\Omega_{2/1}=\omega_{21}\vec y\), donc \(\pm Y_{12}\dfrac p{2\pi}\omega_{21}+M_{12}\omega_{21}=0\), d'où \(\boxed{M_{12}=\mp\dfrac p{2\pi}Y_{12}}\) : « \(-\) » si pas à droite, « \(+\) » si pas à gauche.
Notation des torseurs Pour une propriété écrite en vecteur : 3 composantes ⟹ vecteur laissé tel quel ; 2 composantes ⟹ la composante nulle est indiquée (ex. \(\vec R_{1\to2}\cdot\vec x=0\)) ; 1 composante ⟹ on la paramètre (ex. \(Z_{12}\vec z\)). Pour définir les paramètres scalaires ou écrire dans une base, on met à zéro les termes associés à un DDL.

1.3 Actions mécaniques usuelles

Ressort et amortisseur de traction/compression

Deux ensembles (1) et (2) reliés par un ressort et un amortisseur en parallèle, attachés en \(A\in1\) et \(B\in2\). \(L\) est leur longueur : \(\vec{AB}=L\,\vec u\).

Actions de 1 sur 2 Ressort (longueur à vide \(L_0\), raideur \(k\) en N/m) : force de droite d'action passant par les points d'attache, proportionnelle à la variation de longueur : \(\vec F_{1\to2}=-k\,(L-L_0)\,\vec u\) ; torseur \(\{\mathcal T^r_{1\to2}\}=\{-k(L-L_0)\vec u;\vec0\}_A=\{-k(L-L_0)\vec u;\vec0\}_B\).
Amortisseur linéaire (coefficient \(\lambda\) en N/(m·s⁻¹)) : force qui s'oppose au mouvement, proportionnelle à la vitesse de variation de longueur : \(\vec F_{1\to2}=-\lambda\,\dot L\,\vec u\) ; torseur \(\{\mathcal T^{am}_{1\to2}\}=\{-\lambda\dot L\vec u;\vec0\}_A\).
Ressorts en parallèle : les raideurs s'ajoutent (\(k=k_1+k_2\)). Ressorts en série : les souplesses (inverse de la raideur) s'ajoutent (\(\tfrac1k=\tfrac1{k_1}+\tfrac1{k_2}\)).
Piège — signes Avec \(\vec{AB}=L\vec u\) et \(\vec F_{1\to2}\) appliquée en \(B\) : si \(L>L_0\) (ressort étiré), \(-k(L-L_0)<0\) : la force sur 2 est dirigée vers \(A\) (le ressort rappelle). Si \(L<L_0\) (comprimé), la force pousse 2 loin de \(A\). Ne pas confondre \(L\) (longueur actuelle) et \(L-L_0\) (allongement).

Action hydraulique sur une surface plane à pression constante

Résultat Un fluide à pression \(p\) uniforme sur une surface plane de dimension \(S\), de normale sortante \(\vec n\), exerce une force de résultante \(-p\,S\,\vec n\) de droite d'action passant par le centre géométrique \(C\) de la surface : \(\{\mathcal F_{f\to1}\}=\{-pS\,\vec n;\vec0\}_C\).

Contact ponctuel sans « frottement »

Définition Deux ensembles (1) et (2) en contact ponctuel en \(I\), de normale \(\vec n_{12}\) (perpendiculaire au plan tangent commun, orientée de 1 vers 2) : l'action transmise de 1 sur 2 est une force de droite d'action \((I,\vec n_{12})\) d'intensité strictement positive. Le contact est modélisé par une liaison sphère-plan de droite normale \((I,\vec n_{12})\) ; le modèle est bilatéral (la positivité de l'intensité est à vérifier a posteriori).

1.4 Cas d'un problème plan

Conditions On admet un problème « plan » si : (i) la géométrie des liaisons présente un plan de symétrie ; (ii) la cinématique est plane (trajectoires dans des plans parallèles) ; (iii) les sollicitations sont symétriques par rapport à ce plan : résultantes parallèles au plan, moments perpendiculaires au plan.
La cinématique plane ne comprend que 3 mouvements élémentaires (2 translations dans le plan, 1 rotation ⟂ plan) et 3 actions élémentaires (2 forces dans le plan, 1 couple ⟂ plan).

Pour un problème plan \((O,\vec x,\vec y)\) : \(\{\mathcal V_{j/i}\}=\{\omega_{z}\vec z;\,u_x\vec x+v_y\vec y\}\) et tous les torseurs d'actions mécaniques ont la forme \(\{\mathcal T_{i\to j}\}=\{X\vec x+Y\vec y;\ N\vec z\}\). De même pour \((O,\vec y,\vec z)\) (composantes \(Y,Z,L\)) et \((O,\vec x,\vec z)\) (composantes \(X,Z,M\)). Il faut être capable de simplifier soi-même les torseurs en annulant les composantes, même si l'énoncé ne dit pas « problème plan ».

À retenir Pour un problème plan, le PFS ne fournit au maximum que 3 équations scalaires : 2 équations du théorème de la résultante statique projeté sur 2 directions du plan et 1 équation du théorème du moment statique projeté sur la direction perpendiculaire au plan.

1.5 Relation entre 2 sollicitations (loi E/S en effort) dans un système fermé

La démarche consiste à définir la stratégie d'isolement : la succession des isolements à réaliser et, pour chacun, la ou les équations du PFS à écrire. Elle demande de connaître quelques cas particuliers (ensemble soumis à 2 forces, bielle, vérin) et de comprendre la cinématique.

Ensembles soumis à 2 forces

Résultat fondamental Un ensemble \(\Sigma\) à l'équilibre soumis à deux glisseurs \(\{\vec F_1;\vec0\}_A\) et \(\{\vec F_2;\vec0\}_B\) :
• résultante : \(\vec F_1+\vec F_2=\vec0\Rightarrow\vec F_1=-\vec F_2\) (opposées) ;
• moment en \(A\) : \(\vec M_{A,1\to\Sigma}=\vec0\) et \(\vec M_{A,2\to\Sigma}=\vec M_{B,2\to\Sigma}+\vec{AB}\wedge\vec F_2=\vec{AB}\wedge\vec F_2\) (car \(\vec M_B=\vec0\)), donc \(\vec{AB}\wedge\vec F_2=\vec0\) : \(\vec F_2\) est colinéaire à \(\vec{AB}\).
Avec \(\vec u=\vec{AB}/\|\vec{AB}\|\) : \(\vec F_1=F\vec u\), \(\vec F_2=-F\vec u\). Les droites d'action sont confondues avec \((AB)\) et la seule inconnue restante est l'intensité \(F\) (positive en traction ou compression selon le signe).
Exemple de rédaction « Isolons l'ensemble (1+2), soumis aux deux actions extérieures \(\{\mathcal T_{0\to1}\}=\{\vec R_{01};\vec 0\}_A\) et \(\{\mathcal T_{3\to2}\}=\{\vec R_{32};\vec 0\}_B\). À l'équilibre, le théorème de la résultante statique donne \(\vec R_{01}=-\vec R_{32}\). Le théorème du moment statique en \(A\) donne \(\vec0+\vec M_{A,3\to2}=\vec0\), soit \(\vec{AB}\wedge\vec R_{32}=\vec0\) : \(\vec R_{32}\) est colinéaire à \(\vec{AB}\). On pose \(\vec R_{32}=X_{32}\vec x_1\), d'où \(\{\mathcal T_{0\to1}\}=\{-X_{32}\vec x_1;\vec0\}_A\) et \(\{\mathcal T_{3\to2}\}=\{X_{32}\vec x_1;\vec0\}_B\). »

Identifier des actions de type « force » transmissibles par les liaisons

Règle Si une liaison parfaite possède tous les DDL en rotation (3 pour un modèle spatial, 1 pour un modèle plan), son action transmissible est nécessairement une force (moment nul en son centre). Exemple : bielle d'un système bielle-manivelle (liaisons sphériques/pivots à ses deux extrémités) : à l'équilibre, \(\{\mathcal T_{1\to2}\}=\{X_{12}\vec x_2;\vec0\}_A\) et \(\{\mathcal T_{3\to2}\}=\{-X_{12}\vec x_2;\vec0\}_B\) (les notations du cours mélangent \(\vec x_1\) et \(\vec x_2\) ; l'effort sur la bielle est porté par sa propre direction \(\vec x_2\)).

Vérin linéaire articulé de poids négligé : relation poussée / pression

Un vérin linéaire est un composant de longueur variable pouvant imposer une longueur ou un effort de poussée. Il est modélisé par 2 ensembles (corps et tige), articulé à ses deux extrémités.

Stratégie d'isolement du vérin (pneumatique ou hydraulique) — 2 étapes 1. PFS appliqué à l'ensemble du vérin (ensemble à 2 forces, à vérifier : poids négligeable). Cette étape donne l'effort de poussée (force de droite d'action passant par les centres des articulations).
2. Théorème de la résultante statique appliqué à l'un des ensembles du vérin (corps ou tige), projeté sur la direction reliant les articulations, pour relier la poussée aux efforts internes (pression, ressort…).

Structures « pieuvre »

Définition Un graphe de structure « pieuvre » comporte : des ensembles principaux en liaison élémentaire (pivot ou glissière) avec le bâti ; des éléments de couplage des mouvements de ces ensembles (bielle, vérin, liaison sphère-plan, hélicoïdale, engrenage, courroie…). Après avoir exprimé les efforts de poussée des bielles et vérins, on isole tour à tour les pièces principales et on utilise le DDL de la liaison avec le bâti pour choisir l'équation (même logique que les structures ouvertes : moment sur l'axe d'un pivot, résultante sur la direction d'une glissière).

Démarche générale et règles d'isolement

  1. Modéliser / représenter : graphe de structure, figures de changement de base.
  2. Analyser : identifier les paramètres d'E/S ; chercher les ensembles soumis à 2 forces et nommer le paramètre restant sur le graphe ; repérer les ensembles en liaison élémentaire avec le bâti et les éléments de couplage.
  3. Choisir une stratégie d'isolement : isoler tour à tour les ensembles à 2 forces ; choisir les autres ensembles à isoler ; choisir théorème de la résultante ou du moment et la direction de projection à partir des DDL des liaisons.
  4. Recenser les AM extérieures (torseurs en tenant compte du caractère 3D ou plan).
  5. Appliquer le PFS (résultante ou moment selon le choix préalable).
  6. Résoudre si cela répond à la problématique ; applications numériques.
4 règles à ne pas oublier 1) S'appuyer sur les DDL des liaisons parfaites pour déterminer isolements et projections. 2) Pour au moins un isolement, les actions d'entrée ou de sortie doivent être des actions extérieures. 3) Ne jamais isoler le bâti (ses inconnues ne servent à rien). 4) Chercher des isolements successifs à partir de l'entrée, en suivant la chaîne fonctionnelle de transformation de mouvement.

2. Applications du cours corrigées

Questions A1, A2 (vérin pneumatique) et A3 (structure « pieuvre » bielle-manivelle) du CM : le cours laisse les réponses en blanc, on les rédige entièrement.

Application 1 — Vérin pneumatique : poussée et pressions (A1, A2)♦♦◊
Le vérin pneumatique est constitué de la tige (2) et du corps (3) de poids négligés. La tige est articulée en \(B\) sur l'ensemble (1) (sphérique de centre \(B\)), le corps est articulé en \(D\) sur le bâti 0 (sphérique de centre \(D\)) ; liaison pivot glissant d'axe \((B,D)=(B,\vec x_2)\) entre 2 et 3. L'ensemble (1) (masse \(m\), centre de gravité \(G\)) est en pivot d'axe \((A,\vec y_0)\) avec le bâti. Le vérin est alimenté par les pressions \(p_1\) (chambre 1, côté corps, section \(S_1\)) et \(p_2\) (chambre 2, côté tige, section \(S_2\)). On cherche le lien entre pressions et poids.

Cadre. Problème traité à l'équilibre. Notation : \(F_p\) = intensité de la poussée du vérin sur (1) ; \(\vec x_2\) dirigé de \(D\) vers \(B\) (de sorte que \(F_p>0\) correspond à une poussée).

A1 — Isoler le vérin et définir l'action de poussée \(F_p\) sur (1)

Système isolé : le vérin \(\{2+3\}\). Actions extérieures :

• action de (1) sur la tige (2) en \(B\) : liaison sphérique de centre \(B\) ⟹ torseur de la forme \(\{\vec R_{1\to2};\vec0\}_B\) (force en \(B\)) ;
• action du bâti (0) sur le corps (3) en \(D\) : liaison sphérique de centre \(D\) ⟹ \(\{\vec R_{0\to3};\vec0\}_D\) (force en \(D\)) ;
• poids de (2) et (3) : négligés ; pressions et pivot glissant (2/3) : actions intérieures à l'ensemble isolé.

L'ensemble est donc soumis à 2 forces aux points \(B\) et \(D\) : à l'équilibre, les résultantes sont opposées et de droite d'action \((BD)\). On pose \(\vec R_{2\to1}=F_p\,\vec x_2\) (poussée sur (1)), d'où : \[\{\mathcal T_{1\to2}\}=\{-F_p\,\vec x_2;\vec0\}_B,\qquad \{\mathcal T_{0\to3}\}=\{+F_p\,\vec x_2;\vec0\}_D\ \ (\text{et }\{\mathcal T_{3\to0}\}=\{-F_p\vec x_2;\vec0\}_D).\]

L'action de poussée du vérin sur (1) est une force de droite d'action \((B,\vec x_2)=(BD)\) : \(\{\mathcal T_{vérin\to1}\}=\{F_p\vec x_2;\vec0\}_B\). On l'obtient sans connaître la pression.

A2 — Relation entre la poussée et les pressions

Étape 2 de la stratégie : on isole un seul des deux ensembles du vérin, ici la tige (2) avec son piston, et on projette le théorème de la résultante sur \(\vec x_2\).

Actions sur (2) projetées sur \(\vec x_2\) :

• de (1) sur (2) en \(B\) : \(-F_p\,\vec x_2\) (résultat de A1) → \(-F_p\) ;
• de la pression \(p_1\) (chambre 1) sur la face du piston de section \(S_1\) : elle pousse le piston vers \(B\), donc dans le sens \(+\vec x_2\) : \(+p_1S_1\) (force \(-pS\vec n\) avec \(\vec n=-\vec x_2\) normale sortante du piston) ;
• de la pression \(p_2\) (chambre 2) sur la face de section \(S_2=S_1-S_{tige}\) : elle pousse le piston vers \(D\), donc \(-p_2S_2\) ;
• du corps (3) sur la tige (2) par le pivot glissant parfait d'axe \(\vec x_2\) : aucune composante sur \(\vec x_2\) (liaison parfaite, la glissière ne transmet pas d'effort suivant sa direction).

Équation de résultante sur \(\vec x_2\) : \[-F_p+p_1S_1-p_2S_2=0.\]

\[\boxed{F_p=p_1\,S_1-p_2\,S_2}\] La poussée est la différence des forces pressantes sur les deux faces du piston. Pour un vérin à tige : \(S_2<S_1\) (la tige occupe une partie de la chambre 2), donc à \(p_1=p_2\) le vérin pousse (\(F_p>0\)) mais moins qu'à \(p_2=0\).

Lien avec le poids (complément)

On isole (1) : actions extérieures : poids \(\{m\vec g;\vec0\}_G\), poussée \(\{F_p\vec x_2;\vec0\}_B\) et liaison pivot d'axe \((A,\vec y_0)\) (dont le moment sur \(\vec y_0\) est nul). Le théorème du moment statique en \(A\), projeté sur \(\vec y_0\) (qui élimine la liaison inconnue) : \[\vec y_0\cdot(\vec{AG}\wedge m\vec g)+\vec y_0\cdot(\vec{AB}\wedge F_p\vec x_2)=0.\] En notant \(d_G\) le bras de levier du poids et \(d_B\) celui de la poussée par rapport à l'axe \((A,\vec y_0)\), avec le poids et la poussée en sens contraires de rotation : \(F_p\,d_B=m\,g\,d_G\). D'où, avec A2 : \(\ p_1S_1-p_2S_2=m\,g\,\dfrac{d_G}{d_B}\ \). (Application numérique : exercice D.)

Application 2 — Structure « pieuvre » : relation entre \(C\) et \(F\) du système bielle-manivelle (A3)♦♦♦
Manivelle (1) en pivot d'axe \((O,\vec z_0)\) avec le bâti, \(\vec{OA}=a\,\vec x_1\), \(\alpha=(\vec x_0,\vec x_1)\). Bielle (2) : \(\vec{AB}=L\,\vec x_2\) avec \(\vec x_2=\cos\beta\,\vec x_0-\sin\beta\,\vec y_0\), liaisons sphériques (pivots en plan) en \(A\) et \(B\). Coulisseau (3) en glissière de direction \(\vec x_0\) avec le bâti. Le moteur exerce sur (1) un couple \(C\,\vec z_0\) ; l'environnement exerce sur (3) la force \(-F\,\vec x_0\) (effort résistant). Poids et frottements négligés. Problème plan \((O,\vec x_0,\vec y_0)\).
OAB123αβx = OBOA = aAB = Lx⃗₀y⃗₀FC
Structure « pieuvre » : les ensembles principaux (1) et (3) sont en liaison élémentaire (pivot, glissière) avec le bâti ; la bielle (2) est l'élément de couplage.

Cadre. Entrée : \(C\) (action sur la liaison pivot 1/0). Sortie : \(F\) (action sur la glissière 3/0). On cherche \(F\) en fonction de \(C\) (ou l'inverse), en un paramètre de position \(\alpha\) donné. Plan : 3 équations de PFS par isolement, mais on n'écrit que celle qui élimine les liaisons inconnues.

Étape 1 — Isoler la bielle (2) : ensemble à 2 forces

La bielle est soumise à 2 actions de liaisons à 3 (resp. 1 en plan) rotations libres en \(A\) et \(B\), donc à deux forces ; son poids est négligé. Elle est à l'équilibre sous 2 glisseurs ⟹ les résultantes sont opposées et portées par \((AB)\), direction \(\vec x_2\). On pose : \[\{\mathcal T_{1\to2}\}=\{-X_{12}\vec x_2;\vec0\}_A,\qquad \{\mathcal T_{3\to2}\}=\{+X_{12}\vec x_2;\vec0\}_B,\] donc (principe des actions réciproques) \(\{\mathcal T_{2\to1}\}=\{+X_{12}\vec x_2;\vec0\}_A\) et \(\{\mathcal T_{2\to3}\}=\{-X_{12}\vec x_2;\vec0\}_B\). L'unique inconnue de la bielle est \(X_{12}\).

Étape 2 — Isoler le coulisseau (3) : relier \(X_{12}\) à \(F\)

Choix de l'équation. Liaison avec le bâti = glissière de direction \(\vec x_0\) : elle transmet des efforts \(\perp\vec x_0\) (inconnus) mais aucun effort suivant \(\vec x_0\). On projette donc le théorème de la résultante sur \(\vec x_0\), qui élimine l'action du bâti.

Actions extérieures sur (3) : de la bielle \(-X_{12}\vec x_2\) ; de l'environnement \(-F\vec x_0\) ; du bâti (glissière) : composante \(Y_{03}\vec y_0\), sans composante sur \(\vec x_0\). Sur \(\vec x_0\) : \[-X_{12}\cos\beta-F=0\ \Longrightarrow\ X_{12}=-\frac{F}{\cos\beta}.\] (\(X_{12}<0\) pour \(F>0\) : la bielle est comprimée.)

Étape 3 — Isoler la manivelle (1) : relier \(C\) à \(X_{12}\)

Choix de l'équation. Liaison avec le bâti = pivot d'axe \((O,\vec z_0)\) : elle transmet une force quelconque mais aucun moment sur \(\vec z_0\). On projette donc le théorème du moment statique en \(O\) sur \(\vec z_0\), qui élimine le bâti.

Moment en \(O\) sur \(\vec z_0\) : du couple moteur \(C\) ; de la bielle \(\vec{OA}\wedge X_{12}\vec x_2=a\,X_{12}\,(\vec x_1\wedge\vec x_2)\) avec \(\vec x_1\wedge\vec x_2=\big(\cos\alpha\cdot(-\sin\beta)-\sin\alpha\cos\beta\big)\vec z_0=-\sin(\alpha+\beta)\,\vec z_0\) ; du bâti : 0 (pivot parfait, et sa force passe par \(O\)). D'où \[C-a\,X_{12}\sin(\alpha+\beta)=0\ \Longrightarrow\ C=a\,X_{12}\sin(\alpha+\beta).\]

Étape 4 — Éliminer \(X_{12}\) (relations de proportionnalité)

En remplaçant \(X_{12}=-F/\cos\beta\) : \[\boxed{C=-\,a\,F\,\frac{\sin(\alpha+\beta)}{\cos\beta}}\qquad\Longleftrightarrow\qquad \frac{F}{|C|}=\frac{1}{a}\,\frac{\cos\beta}{\sin(\alpha+\beta)}.\] Le signe « − » : pour \(F>0\) (force qui repousse le coulisseau vers \(O\)), le moteur doit exercer un couple négatif (sens horaire) qui retient/entraîne l'ensemble, cohérent avec la compression de la bielle.

Contrôle par la cinématique (C11). La loi E/S en vitesse est \(\dot x=-a\,\dot\alpha\,\dfrac{\sin(\alpha+\beta)}{\cos\beta}=\dot\alpha\,f'(\alpha)\). La loi statique avec liaisons parfaites doit être \(\dfrac{F}{C}=\dfrac{1}{|f'|}\) (conservation de la puissance \(C\dot\alpha+(-F\vec x_0)\cdot\dot x\vec x_0=0\)) : \(C\dot\alpha-F\dot x=0\Rightarrow C=F\,\dfrac{\dot x}{\dot\alpha}=F\,f'(\alpha)=-aF\dfrac{\sin(\alpha+\beta)}{\cos\beta}\). ✔ Les deux méthodes (PFS par isolements successifs et énergétique) donnent le même résultat.

Représentation du coefficient \(|C|/(aF)\) pour \(a=50\) mm, \(L=200\) mm

030609012015018000.20.40.60.811.21.4α (°)|C| / (a·F)point mort : C = 0point mort : C = 0α = 90° : |C| = a·F
\(\dfrac{|C|}{aF}=\dfrac{\sin(\alpha+\beta)}{\cos\beta}\) : maximum \(\approx1{,}03\) (atteint vers \(\alpha\approx77^\circ\)), égal à 1 en \(\alpha=90^\circ\), nul aux points morts (\(\alpha=0^\circ\) et \(180^\circ\)) : une force sur le coulisseau n'engendre aucun couple sur la manivelle.
Pourquoi cette stratégie ? Chaque isolement a été choisi pour que la liaison avec le bâti (jamais isolé) soit éliminée : résultante sur la direction de la glissière, moment sur l'axe du pivot. Il reste à chaque étape une seule inconnue, et la dernière étape consiste simplement à éliminer \(X_{12}\) par proportionnalité.

3. Exercices d'entraînement (créés) avec corrections

Seul le CM de C13 a été fourni (pas de TD) : exercices créés à partir du cours.

Exercice A — Torseurs d'actions transmissibles♦◊◊

Écrire la forme du torseur d'actions transmissibles (parfait) de 1 sur 2 pour :

1) pivot d'axe \((A,\vec z)\) : 1 DDL (\(R_z\)) ⟹ \(N_{12}=0\). \(\{\mathcal T_{1\to2}\}=\{X\vec x+Y\vec y+Z\vec z;\ L\vec x+M\vec y\}_A\) (5 paramètres).

2) glissière de direction \(\vec y\) : \(Y_{12}=0\). \(\{\mathcal T\}=\{X\vec x+Z\vec z;\ L\vec x+M\vec y+N\vec z\}\) (5 paramètres).

3) sphérique de centre \(B\) : \(\{X\vec x+Y\vec y+Z\vec z;\ \vec0\}_B\) (3 paramètres, valable au seul point \(B\)).

4) appui plan de normale \(\vec x\) : DDL \(T_y,T_z,R_x\) ⟹ \(Y=Z=0\), \(L=0\). \(\{\mathcal T\}=\{X\vec x;\ M\vec y+N\vec z\}\) (3 paramètres).

5) hélicoïdale d'axe \((A,\vec z)\), pas à droite \(p=8\) mm : \(N_{12}=-\dfrac p{2\pi}Z_{12}=-1{,}27\cdot10^{-3}\,Z_{12}\) (m). Si \(Z_{12}=500\) N : \(N_{12}=-0{,}637\) N·m.

Vérification : DDL + paramètres statiques = 6 pour chaque liaison (1+5, 1+5, 3+3, 3+3, 1+5).

Exercice B — Ressort et amortisseur♦◊◊
Ressort \(k=2000\) N/m, \(L_0=0{,}300\) m, monté en parallèle avec un amortisseur \(\lambda=150\) N·s/m. À l'instant considéré \(L=0{,}260\) m et \(\dot L=+0{,}2\) m/s (le montage s'allonge).

Q1 — Action du ressort

\(L-L_0=-0{,}040\) m (comprimé) ⟹ \(\vec F^r_{1\to2}=-2000\times(-0{,}040)\vec u=+80\,\vec u\) N : le ressort pousse (2) loin de \(A\).

Q2 — Action de l'amortisseur

\(\vec F^{am}_{1\to2}=-150\times0{,}2\,\vec u=-30\,\vec u\) N : il freine l'allongement.

Q3 — Action totale et ressorts équivalents

\(\vec F_{1\to2}=(80-30)\vec u=+50\,\vec u\) N.

Deux ressorts \(k_1=3000\) N/m et \(k_2=6000\) N/m : en parallèle \(k=9000\) N/m ; en série \(\dfrac1k=\dfrac1{3000}+\dfrac1{6000}=\dfrac{3}{6000}\Rightarrow k=2000\) N/m. La série est plus souple que chaque ressort pris seul.

Exercice C — Action hydraulique sur un piston♦◊◊
Piston circulaire de diamètre \(D=50\) mm soumis sur une face à la pression relative \(p=6\) bar \(=6\cdot10^5\) Pa.

\(S=\dfrac{\pi D^2}{4}=\dfrac{\pi\times0{,}050^2}{4}=1{,}963\cdot10^{-3}\) m². Force : \(F=pS\) (de norme), de droite d'action passant par le centre du piston, dirigée vers l'extérieur de la chambre (\(\vec F=-pS\vec n\) avec \(\vec n\) normale sortante du piston).

\(F=6\cdot10^5\times1{,}963\cdot10^{-3}\approx1178\) N (≈ 120 kgf)

Exercice D — Vérin : pression nécessaire pour tenir un poids♦♦◊
Mêmes notations que l'application 1. \(m=40\) kg, \(g=9{,}81\) m/s², bras de levier du poids \(d_G=0{,}40\) m et de la poussée \(d_B=0{,}20\) m par rapport à l'axe du pivot ; vérin de diamètre \(D=63\) mm, tige de diamètre \(d=20\) mm. Pressions relatives.

Q1 — Poussée nécessaire

\(F_p\,d_B=m\,g\,d_G\Rightarrow F_p=\dfrac{40\times9{,}81\times0{,}40}{0{,}20}=784{,}8\) N.

Q2 — Sections

\(S_1=\dfrac{\pi D^2}{4}=\dfrac{\pi\times0{,}063^2}{4}=3{,}117\cdot10^{-3}\) m² ; \(S_{tige}=\dfrac{\pi d^2}{4}=3{,}142\cdot10^{-4}\) m² ; \(S_2=S_1-S_{tige}=2{,}803\cdot10^{-3}\) m².

Q3 — Pression \(p_1\)

a) échappement libre (\(p_2=0\)) : \(p_1=\dfrac{F_p}{S_1}=\dfrac{784{,}8}{3{,}117\cdot10^{-3}}=2{,}52\cdot10^5\) Pa.

b) avec une contre-pression \(p_2=1\) bar : \(p_1=\dfrac{F_p+p_2S_2}{S_1}=\dfrac{784{,}8+1\cdot10^5\times2{,}803\cdot10^{-3}}{3{,}117\cdot10^{-3}}=\dfrac{784{,}8+280{,}3}{3{,}117\cdot10^{-3}}=3{,}42\cdot10^5\) Pa.

a) \(p_1\approx2{,}5\) bar ; b) \(p_1\approx3{,}4\) bar (la contre-pression coûte \(\approx0{,}9\) bar)

Exercice E — Application numérique de la bielle-manivelle♦♦◊
\(a=50\) mm, \(L=200\) mm ; l'environnement exerce \(F=1000\) N sur le coulisseau (repoussé vers \(O\)). Calculer le couple moteur à fournir pour \(\alpha=30^\circ,\ 60^\circ,\ 90^\circ,\ 120^\circ\).

On applique \(|C|=aF\dfrac{\sin(\alpha+\beta)}{\cos\beta}\) avec \(\sin\beta=\dfrac aL\sin\alpha\) :

\(\alpha\)\(\sin\beta=\tfrac14\sin\alpha\)\(\beta\)\(\sin(\alpha+\beta)/\cos\beta\)\(|C|=0{,}05\times1000\times(\cdot)\)
30°0,12507,18°0,609130,5 N·m
60°0,216512,50°0,976948,8 N·m
90°0,250014,48°1,000050,0 N·m
120°0,216512,50°0,755137,8 N·m

Le couple varie fortement avec la position (0 aux points morts, ≈ 50 N·m au maximum) : c'est le caractère « non linéaire » du transmetteur. À \(\alpha=60^\circ\), \(\omega=10\) rad/s : \(P=|C|\omega=488\) W \(=F\,|\dot x|=1000\times0{,}488\) ✔.

PiègePour \(\alpha=90^\circ\), \(\sin(\alpha+\beta)=\cos\beta\) donc le rapport vaut exactement 1 (\(|C|=aF\)) : les deux variantes \(\sin(\alpha+\beta)\) et \(\sin\alpha\) ne coïncident pas pour les autres angles.
Exercice F — Reconnaître un ensemble soumis à 2 forces♦◊◊

Pour chaque cas, dire si l'ensemble est soumis à 2 forces et en déduire l'inconnue restante

1) Bielle articulée par 2 sphériques, poids négligé, aucune autre action : oui ; actions = 2 forces opposées portées par la droite joignant les centres ; 1 inconnue : l'intensité.

2) Levier articulé en \(O\) (pivot), chargé en \(A\) et poussé en \(B\) : non (3 actions : pivot + 2 forces) ; il faut écrire les moments.

3) Vérin dont le poids n'est pas négligé : non (3 actions : 2 liaisons + poids) ; la poussée n'est plus portée par \((BD)\).

4) Pièce encastrée au bâti : non (l'encastrement transmet 6 paramètres, dont un couple).

5) Ressort massless entre deux points d'attache : oui ; la force est portée par la droite des points d'attache, d'intensité \(k(L-L_0)\).

Condition clé : exactement deux actions, chacune réductible à une force (liaison à rotations libres ou action de type glisseur).

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