Électrocinétique — Régime transitoire
Étudier l'évolution temporelle des circuits après commutation d'un interrupteur : condensateurs et bobines, conditions initiales et comportements asymptotiques, circuits du premier ordre (charge/décharge exponentielle, \(\tau=RC\) ou \(L/R\)) et circuits du second ordre (RLC, pulsation propre \(\omega_0\), facteur de qualité \(Q\), régimes pseudo-périodique, critique et apériodique).
1. Résumé de cours détaillé
1.1 Définitions
- Courant : \(i(t)=\pm\dfrac{dq(t)}{dt}\). Signe \(+\) en convention récepteur (le dipôle accumule des charges, \(\frac{dq}{dt}>0\)), signe \(-\) en convention générateur (il en fournit).
- Puissance instantanée : \(p(t)=\dfrac{dE(t)}{dt}=u(t)\,i(t)\) (en W). Dimension \([p]=ML^2T^{-3}\). En convention récepteur \(p>0\) = reçoit, \(p<0\) = fournit.
- Énergie échangée entre \(t_1\) et \(t_2\) : \(\Delta E=\displaystyle\int_{t_1}^{t_2}p(t)\,dt\) (en J, \([E]=ML^2T^{-2}\)). Sur tout le processus : \(t_1=0,\ t_2\to\infty\).
1.2 Résistance
Puissance dissipée : \(p_R(t)=u_R i_R=R\,i(t)^2\). Énergie dissipée par effet Joule entre \(t_1\) et \(t_2\) : \(\Delta E_R=R\displaystyle\int_{t_1}^{t_2} i(t)^2\,dt\) (toujours \(>0\) : la résistance ne fait que dissiper).
1.3 Condensateur idéal
- En régime permanent : \(u_c\) constante \(\Rightarrow i_\infty=C\,\frac{du_\infty}{dt}=0\). Le condensateur se comporte comme un interrupteur ouvert (on le remplace par une coupure sur le schéma).
- La tension \(u_c\) est toujours continue : \(u_c(0^+)=u_c(0^-)\). Sinon sa dérivée serait infinie et \(i_c\to\infty\), physiquement impossible. C'est la condition initiale clé pour les circuits capacitifs.
Puissance : \(p_c=u_c i_c=\frac{C}{2}\frac{d}{dt}(u_c^2)\). D'où l'énergie stockée (condensateur initialement déchargé) :
\[\boxed{\,E_c(t)=\tfrac{1}{2}C\,u_c^2(t)=\frac{q^2(t)}{2C}\,}\]C'est l'énergie du champ électrique. Elle ne peut pas varier instantanément (car \(u_c\) est continue).
1.4 Bobine idéale
- En régime permanent : \(i_L\) constante \(\Rightarrow u_\infty=L\,\frac{di_\infty}{dt}=0\). La bobine se comporte comme un fil (on la remplace par un court-circuit sur le schéma).
- Le courant \(i_L\) est toujours continu : \(i_L(0^+)=i_L(0^-)\). Sinon \(u_L\to\infty\), impossible. C'est la condition initiale clé pour les circuits inductifs.
Puissance : \(p_L=u_L i_L=\frac{L}{2}\frac{d}{dt}(i_L^2)\). D'où l'énergie stockée :
\[\boxed{\,E_L(t)=\tfrac{1}{2}L\,i_L^2(t)\,}\]C'est l'énergie du champ magnétique.
| Dipôle | Caractéristique | Grandeur continue | En régime permanent | Énergie stockée |
|---|---|---|---|---|
| Résistance | \(u_R=R\,i_R\) | — | inchangée (\(u=Ri\)) | dissipée : \(R\!\int i^2 dt\) |
| Condensateur | \(i_c=C\,\dfrac{du_c}{dt}\) | \(u_c\) continue | interrupteur ouvert | \(\frac12 C u_c^2\) |
| Bobine | \(u_L=L\,\dfrac{di_L}{dt}\) | \(i_L\) continu | fil (court-circuit) | \(\frac12 L i_L^2\) |
1.5 Circuits du premier ordre
Un circuit est du premier ordre si ses variables d'état sont solutions d'une équation différentielle linéaire d'ordre 1, de forme canonique :
\[\frac{du}{dt}+\frac{u}{\tau}=\frac{e(t)}{\tau}\qquad;\qquad \frac{di}{dt}+\frac{i}{\tau}=\frac{i_0(t)}{\tau}\]- Quatre types canoniques : RC série, RC parallèle, RL série, RL parallèle.
- Le temps caractéristique vaut \(\tau=RC\) (circuits capacitifs) ou \(\tau=\dfrac{L}{R}\) (circuits inductifs).
- Pour un second membre constant (\(e(t)=E\)), la solution est une charge/décharge exponentielle.
- Conditions initiales : lois des mailles/nœuds à \(t=0^+\), en utilisant \(u_c(0^+)=u_c(0^-)\) et \(i_L(0^+)=i_L(0^-)\).
- Équation différentielle : lois des mailles/nœuds à \(t\) quelconque, combinées avec les caractéristiques des dipôles ; on met sous forme canonique et on identifie \(\tau\).
- Résolution : solution générale \(x(t)=K\,e^{-t/\tau}+x_\infty\), la constante \(K\) fixée par la CI.
1.6 Circuits du second ordre
Un circuit est du second ordre si ses variables d'état vérifient une équation différentielle linéaire d'ordre 2, de forme canonique :
\[\boxed{\,\frac{d^2u}{dt^2}+\frac{\omega_0}{Q}\frac{du}{dt}+\omega_0^2\,u=\omega_0^2\,e(t)\,}\]- Circuits RLC série ou parallèle. En général \(\omega_0=\dfrac{1}{\sqrt{LC}}\) est la pulsation propre et \(Q\) le facteur de qualité (leurs expressions dépendent du montage).
| Régime | Condition | Solution (sans 2ⁿᵈ membre) |
|---|---|---|
| Pseudo-périodique | \(Q>\tfrac12\) | \(x=e^{-t/\tau}\big(A\cos\Omega t+B\sin\Omega t\big)\) |
| Critique | \(Q=\tfrac12\) | \(x=e^{-t/\tau}(At+B)\) |
| Apériodique | \(Q<\tfrac12\) | \(x=e^{-t/\tau}\big(A e^{\beta t}+B e^{-\beta t}\big)\) |
- CI : on écrit les lois des mailles/nœuds et leur dérivée première à \(t=0^+\), avec \(u_c(0^+)=u_c(0^-)\) et \(i_L(0^+)=i_L(0^-)\). On obtient \(x(0^+)\) et \(\big(\frac{dx}{dt}\big)_{0^+}\).
- Éq. diff. : lois des mailles/nœuds et leur dérivée à \(t\) quelconque, combinées avec les caractéristiques ; forme canonique \(\Rightarrow\) identification de \(\omega_0\) et \(Q\).
- Résolution : selon le régime (souvent pseudo-périodique), constantes \(A,B\) fixées par les 2 CI.
2. Exercices d'entraînement (créés) avec corrections
Trois exercices originaux : décharge RC (1er ordre), établissement de courant RL (1er ordre), bilan énergétique d'un circuit LC (2ⁿᵈ ordre non amorti).
Un condensateur \(C=10\ \mu\text{F}\), chargé sous \(U_0=12\) V, est connecté à \(t=0\) à une résistance \(R=4{,}7\ \text{k}\Omega\). Établir \(u_c(t)\), la constante de temps \(\tau\), le courant \(i(t)\), et l'énergie totale dissipée.
1) Équation différentielle et \(\tau\)
Maille (décharge, pas de générateur) : \(u_c-Ri=0\). Le condensateur se décharge, il est générateur, donc \(i=-C\dfrac{du_c}{dt}\). En remplaçant : \(u_c+RC\dfrac{du_c}{dt}=0\), soit
\[\frac{du_c}{dt}+\frac{u_c}{\tau}=0,\qquad \tau=RC=4700\times10\cdot10^{-6}=47\ \text{ms}\]2) Résolution avec la CI
Solution générale \(u_c(t)=K e^{-t/\tau}\). La tension aux bornes d'un condensateur est continue : \(u_c(0^+)=u_c(0^-)=U_0\), donc \(K=U_0\) :
\(u_c(t)=U_0\,e^{-t/\tau}=12\,e^{-t/0{,}047}\) (V).
3) Courant
\(i(t)=-C\dfrac{du_c}{dt}=\dfrac{U_0}{R}\,e^{-t/\tau}=\dfrac{12}{4700}e^{-t/\tau}\approx2{,}6\ \text{mA}\times e^{-t/\tau}\). Il décroît de \(i(0^+)=2{,}6\) mA vers 0.
4) Énergie dissipée
Le condensateur libère toute son énergie initiale dans \(R\) : \(E=\dfrac{1}{2}C U_0^2=\dfrac{1}{2}\times10^{-5}\times12^2=7{,}2\cdot10^{-4}\) J. Vérification par intégration : \(E=\int_0^\infty Ri^2 dt=R\big(\frac{U_0}{R}\big)^2\frac{\tau}{2}=\frac{C U_0^2}{2}\) ✔
Un générateur idéal \(E=6{,}0\) V alimente à \(t=0\) une bobine \(L=0{,}10\) H en série avec \(R=220\ \Omega\). Établir \(i(t)\), \(\tau\), la valeur finale et le temps pour atteindre 95 % de celle-ci.
1) Équation différentielle et \(\tau\)
Maille à \(t\) quelconque : \(E-Ri-u_L=0\) avec \(u_L=L\dfrac{di}{dt}\), d'où \(\dfrac{di}{dt}+\dfrac{R}{L}i=\dfrac{E}{L}\), soit \(\dfrac{di}{dt}+\dfrac{i}{\tau}=\dfrac{E}{L}\) avec
\(\tau=\dfrac{L}{R}=\dfrac{0{,}10}{220}=4{,}5\cdot10^{-4}\) s \(=0{,}45\) ms.
2) CI et solution
Le courant dans une bobine est continu : \(i(0^+)=i(0^-)=0\). Valeur finale (bobine = fil) : \(i_\infty=\dfrac{E}{R}=\dfrac{6{,}0}{220}=27{,}3\) mA. Solution :
\(i(t)=i_\infty\big(1-e^{-t/\tau}\big)=27{,}3\,(1-e^{-t/\tau})\) mA.
3) Temps pour 95 %
\(1-e^{-t/\tau}=0{,}95\Rightarrow e^{-t/\tau}=0{,}05\Rightarrow t=\tau\ln 20\approx3{,}0\,\tau=1{,}3\) ms.
Un condensateur \(C\) chargé sous \(U_0\) est connecté à \(t=0\) à une bobine \(L\) (résistance nulle). Établir \(u_c(t)\) et \(i(t)\), et montrer que l'énergie totale est constante.
1) Équation différentielle
Maille : \(u_c-u_L=0\) avec \(u_L=L\frac{di}{dt}\) et, le condensateur étant générateur, \(i=-C\frac{du_c}{dt}\). En dérivant \(u_c=L\frac{di}{dt}\) et en remplaçant \(i\) :
\[\frac{d^2u_c}{dt^2}+\omega_0^2\,u_c=0,\qquad \omega_0=\frac{1}{\sqrt{LC}}\]Il n'y a pas de résistance : \(Q\to\infty\), régime non amorti (oscillations harmoniques entretenues).
2) CI et solutions
\(u_c(0^+)=U_0\) (continuité) et \(i(0^+)=0\) (bobine, courant continu) donc \(\big(\frac{du_c}{dt}\big)_{0^+}=-\frac{i(0^+)}{C}=0\). D'où :
\(u_c(t)=U_0\cos(\omega_0 t)\), et \(i(t)=-C\dfrac{du_c}{dt}=C U_0\,\omega_0\sin(\omega_0 t)=U_0\sqrt{\dfrac{C}{L}}\sin(\omega_0 t)\).
3) Bilan énergétique
\(E_c=\frac12 C u_c^2=\frac12 C U_0^2\cos^2(\omega_0 t)\) et \(E_L=\frac12 L i^2=\frac12 L\,C^2U_0^2\omega_0^2\sin^2(\omega_0 t)=\frac12 C U_0^2\sin^2(\omega_0 t)\) (car \(L C\omega_0^2=1\)). Somme :
\[E_{\text{tot}}=\tfrac12 C U_0^2\big(\cos^2+\sin^2\big)=\tfrac12 C U_0^2=\text{cste}\]3. Correction intégrale du TD
Les 15 exercices, chaque question traitée. (Le corrigé officiel s'arrête à l'énoncé de l'ex. 15 ; celui-ci est résolu ici avec la méthode du cours.)
Partie A — Conditions initiales et régime permanent
On ferme \(K\) à \(t=0\) ; circuits ouverts depuis longtemps, condensateurs déchargés. Déterminer \(u\) et \(i\) à \(t=0^+\) et en régime permanent (\(t\to\infty\)). Dans les 3 cas, condensateur déchargé \(\Rightarrow u_c(0^+)=u_c(0^-)=0\) (continuité).
Circuit 1 — RC (générateur réel \((E,R)\), \(C\) en parallèle avec une résistance \(R\))
À \(t=0^+\) : \(u\) est la tension aux bornes de \(C\), continue, donc \(u(0^+)=0\). Maille :
\(E-Ri(0^+)-u(0^+)=0\Rightarrow i(0^+)=\dfrac{E}{R}\).
En RP : \(C\) = interrupteur ouvert, il reste \((E,R)\) en série avec \(R\), soit \(2R\) :
\(i_\infty=\dfrac{E}{2R}\) et \(u_\infty=E-Ri_\infty=\dfrac{E}{2}\).
Circuit 2 — RLC (\(C\) en parallèle avec une bobine)
À \(t=0^+\) : \(u(0^+)=u_c(0^+)=0\), maille \(E-Ri(0^+)-u(0^+)=0\Rightarrow i(0^+)=\dfrac{E}{R}\).
En RP : \(C\) ouvert, bobine = fil, il reste \(E\) idéal en série avec \(R\) : \(i_\infty=\dfrac{E}{R}\) et
\(u_\infty=E-Ri_\infty=0\) (tension nulle aux bornes du fil).
Circuit 3 — Deux circuits du premier ordre combinés
À \(t=0^+\) : condensateurs déchargés, maille du haut \(u(0^+)-2u_c(0^+)=0\Rightarrow u(0^+)=0\) ; grande
maille \(E-u(0^+)-Ri(0^+)=0\Rightarrow i(0^+)=\dfrac{E}{R}\).
En RP : condensateurs ouverts, la branche non alimentée se retire, il reste \(E\) idéal + \(2R\) en série :
\(i_\infty=\dfrac{E}{2R}\), \(u_\infty=E-Ri_\infty=\dfrac{E}{2}\).
Générateur réel \((E,R)\), bobine (branche \(i_1\)) en parallèle avec \(R_2\) (branche \(i_2\)) ; \(i=i_1+i_2\). Aucun courant avant fermeture.
1) Courants à \(t=0^+\)
Le courant dans la bobine est continu : \(i_1(0^+)=i_1(0^-)=0\). Maille : \(E-Ri(0^+)-R_2 i_2(0^+)=0\) ; nœud \(i=i_1+i_2\) avec \(i_1(0^+)=0\Rightarrow i(0^+)=i_2(0^+)\). Donc \(E-(R+R_2)i(0^+)=0\) :
\(i_1(0^+)=0,\quad i(0^+)=i_2(0^+)=\dfrac{E}{R+R_2}\). (La bobine se comporte initialement comme un interrupteur ouvert.)
2) Courants en régime permanent (bobine → fil)
\((E,R)\) alimente \(R_1\) et \(R_2\) en parallèle, \(R_{eq}=\dfrac{R_1R_2}{R_1+R_2}\). \(i_\infty=\dfrac{E}{R+R_{eq}}=\dfrac{(R_1+R_2)E}{RR_1+RR_2+R_1R_2}\). Par diviseur de courant :
\[i_{1\infty}=\frac{R_2}{R_1+R_2}i_\infty=\frac{R_2 E}{RR_1+RR_2+R_1R_2},\quad i_{2\infty}=\frac{R_1}{R_1+R_2}i_\infty=\frac{R_1 E}{RR_1+RR_2+R_1R_2}\]Deux générateurs réels \((E,R)\), deux bobines (\(i_1\), \(i_2\)), branche centrale de courant \(i=i_1-i_2\). \(K\) ouvert depuis longtemps, fermé à \(t=0\).
1) Intensités à \(t=0^-\)
Régime permanent avant fermeture : bobines = fils, une seule maille, \(i_1=i_2\). Maille : \(E-Ri_1-E-Ri_1=0\)… en fait \(2E-2Ri_1(0^-)=0\Rightarrow i_1(0^-)=i_2(0^-)=\dfrac{E}{R}\). Nœud : \(i(0^-)=i_1-i_2=0\).
2) Intensités à \(t=0^+\)
Courant dans une bobine continu : \(i_1(0^+)=i_2(0^+)=\dfrac{E}{R}\), et \(i(0^+)=i_1-i_2=0\).
3) Nouveau régime permanent
Bobines redevenues fils. Mailles : \(E-2Ri_{1\infty}+Ri_{2\infty}=0\) et \(E-2Ri_{2\infty}+Ri_{1\infty}=0\). Résolution : \(i_{1\infty}=i_{2\infty}=\dfrac{E}{R}\), donc \(i_\infty=0\).
4) Équations différentielles et \(i(t)=0\ \forall t\)
Mailles à \(t\) quelconque avec \(u_L=L\frac{di}{dt}\) :
\[\frac{di_1}{dt}+\frac{2R}{L}i_1-\frac{R}{L}i_2=\frac{E}{L},\qquad \frac{di_2}{dt}+\frac{2R}{L}i_2-\frac{R}{L}i_1=\frac{E}{L}\]Système couplé. En soustrayant, avec \(i=i_1-i_2\) : \(\dfrac{di}{dt}+\dfrac{3R}{L}i=0\), donc \(i(t)=Ke^{-3Rt/L}\) ; or \(i(0^+)=0\Rightarrow K=0\).
Partie B — Circuits du premier ordre
RC série, échelon d'amplitude \(E\) pendant \(T\), \(\tau=RC\), \(u(0^-)=0\).
1) Équation différentielle
Maille \(e(t)-Ri-u=0\), \(i=C\frac{du}{dt}\) : \(\dfrac{du}{dt}+\dfrac{u}{\tau}=\dfrac{e(t)}{\tau}\).
2) Loi \(u(t)\) par intervalles
- \(t\le0\) : \(u=0\).
- \(t\in[0,T]\) : \(e=E\), \(u=Ke^{-t/\tau}+E\) ; CI \(u(0)=0\Rightarrow u(t)=E(1-e^{-t/\tau})\) (charge).
- \(t>T\) : \(e=0\), \(u=K'e^{-t/\tau}\) ; continuité en \(T\) : \(u(T)=E(1-e^{-T/\tau})\Rightarrow K'=E(e^{T/\tau}-1)\), soit \(u(t)=E(e^{T/\tau}-1)e^{-t/\tau}\) (décharge).
3) Loi \(i(t)=C\dfrac{du}{dt}\)
\(t\in[0,T]\) : \(i=\dfrac{E}{R}e^{-t/\tau}\) ; \(t>T\) : \(i=\dfrac{E}{R}(1-e^{T/\tau})e^{-t/\tau}\) (négatif : le courant s'inverse, le condensateur devient générateur → discontinuité de \(i\) en \(T\)).
Rampe \(e(t)=kt\) sur \([0,T]\), nulle sinon ; deux condensateurs \(C,C'\) déchargés, sortie \(s(t)\), \(\tau=R(C+C')\).
1) Équation différentielle
Mailles/nœuds : \(e-u_c-s=0\), \(s=Ri_R\), \(i=i_R+i_{C'}\), avec \(i=C\frac{du_c}{dt}\), \(i_{C'}=C'\frac{ds}{dt}\) et \(u_c=e-s\). En combinant :
\[\frac{ds}{dt}+\frac{s}{\tau}=\frac{C}{C+C'}\,\frac{de}{dt},\qquad \tau=R(C+C')\]Le second membre dépend des variations de l'entrée, pas de l'entrée elle-même.
2) Résolution (\(\frac{de}{dt}=k\) sur \([0,T]\))
\(t\in[0,T]\) : \(\dfrac{ds}{dt}+\dfrac{s}{\tau}=\dfrac{C}{C+C'}k\), solution
\(s(t)=\dfrac{C}{C+C'}k\tau\,(1-e^{-t/\tau})\) (car \(s(0^+)=0\)).
\(t>T\) : second membre nul, \(s(t)=\dfrac{C}{C+C'}k\tau(e^{T/\tau}-1)e^{-t/\tau}\).
\(C_1\) (charge initiale \(q_{1,0}\)) relié à \(t=0\) à \(C_2\) (déchargé) via \(R\). \(\tau_1=RC_1,\ \tau_2=RC_2,\ \tau=\frac{\tau_1\tau_2}{\tau_1+\tau_2}\).
1) Tensions initiales
\(u_1(0^+)=u_1(0^-)=\dfrac{q_{1,0}}{C_1}\) et \(u_2(0^+)=0\) (continuité des deux tensions).
2) Équation différentielle sur \(i\)
Maille \(u_1-Ri-u_2=0\). On dérive pour faire apparaître les courants (\(i=-C_1\frac{du_1}{dt}=C_2\frac{du_2}{dt}\)) : \(-\frac{i}{C_1}-R\frac{di}{dt}-\frac{i}{C_2}=0\), soit
\[\frac{di}{dt}+\frac{i}{\tau}=0,\qquad \frac{1}{\tau}=\frac{1}{RC_1}+\frac{1}{RC_2}.\]\(i(t)=Ke^{-t/\tau}\) avec \(i(0^+)=\dfrac{u_1(0^+)}{R}=\dfrac{q_{1,0}}{\tau_1}\), d'où \(i(t)=\dfrac{q_{1,0}}{\tau_1}e^{-t/\tau}\).
3) Charges \(q_1(t),q_2(t)\) et conservation
\(q_1=-\int i\,dt=q_{1,0}-q_{1,0}\dfrac{\tau}{\tau_1}(1-e^{-t/\tau})\) ; \(q_2=\int i\,dt=q_{1,0}\dfrac{\tau}{\tau_1}(1-e^{-t/\tau})\). Somme \(q_1+q_2=q_{1,0}\) : charge conservée ✔
4) Valeurs finales
\(q_{1\infty}=q_{1,0}\big(1-\frac{\tau}{\tau_1}\big)=q_{1,0}\frac{C_1}{C_1+C_2}\) ; \(q_{2\infty}=q_{1,0}\frac{\tau}{\tau_1}=q_{1,0}\frac{C_2}{C_1+C_2}\) (partage selon les capacités).
5) Énergie dissipée par effet Joule
\[E=\int_0^\infty Ri^2 dt=R\Big(\frac{q_{1,0}}{\tau_1}\Big)^2\frac{\tau}{2}=\frac12 R\frac{q_{1,0}^2}{\tau_1^2}\tau\]Générateur réel de courant \((I,r)\) branché à \(t=0\) sur \(R\) + bobine \(L\) en série.
1) Valeur initiale
Aucun courant, aucun stockage avant fermeture : \(i(0^+)=i(0^-)=0\).
2) Équation différentielle
Courant \(i'\) dans \(r\), nœud \(I=i+i'\), maille \(-u_L-u_R+u_r=0\), \(u_L=L\frac{di}{dt}\) : \(-L\frac{di}{dt}-Ri+r(I-i)=0\), soit
\[\frac{di}{dt}+\frac{i}{\tau}=\frac{r}{R+r}\frac{I}{\tau},\qquad \tau=\frac{L}{R+r}.\]Solution : \(i(t)=\dfrac{r}{R+r}I\,(1-e^{-t/\tau})\).
3) Régime permanent
\(i_\infty=\dfrac{r}{R+r}I\) (diviseur de courant entre \(r\) et \(R\)). Courbe : montée exponentielle de 0 à \(i_\infty\).
4) Comportement de la bobine
Générateur idéal \(E\), bobine (tension \(s\)) en parallèle avec \(R/2\), le tout après une résistance \(R\). Intensités nulles pour \(t<0\), \(K\) fermé à \(t=0\).
1) \(s(0^+)\)
\(i_L(0^+)=0\) (continuité), donc \(i_R(0^+)=i_{R/2}(0^+)\). Maille \(E-Ri_R-\frac{R}{2}i_{R/2}=0\) donne \(i_R(0^+)=\dfrac{2}{3}\dfrac{E}{R}\), puis \(s(0^+)=E-Ri_R(0^+)=\dfrac{E}{3}\).
2) Comportement asymptotique
En RP la bobine = fil, tension nulle à ses bornes : \(s_\infty=0\).
3) Équation différentielle et \(\tau\)
Avec \(s=L\frac{di_L}{dt}\) et \(s=\frac{R}{2}i_{R/2}\), la maille combinée donne \(E-Ri_L-3s=0\) ; on dérive : \(\dfrac{ds}{dt}+\dfrac{s}{\tau}=0\) avec \(\tau=\dfrac{3L}{R}\). Solution \(s(t)=\dfrac{E}{3}e^{-t/\tau}\).
4) Détermination de \(L\)
\(s(t_0)=\dfrac{s(0^+)}{10}\Rightarrow t_0=\tau\ln 10\). Donc \(L=\dfrac{Rt_0}{3\ln 10}\). A.N. \(R=1{,}0\) kΩ, \(t_0=3{,}0\ \mu\text{s}\) : \(L=\dfrac{1000\times3{,}0\cdot10^{-6}}{3\ln 10}\approx434\ \mu\text{H}\).
5) Fréquence du signal en créneaux
Bobine \((L=40\) mH, \(r=10\ \Omega)\), \(E=15\) V, \(K\) fermé depuis longtemps ; \(R\) (résistance de l'air) en parallèle sur \(K\), n'intervient qu'à l'ouverture. \(u\) = tension aux bornes de \(K\).
1) Intensité initiale
RP établi, bobine = fil : \(i_0=\dfrac{E}{r}=\dfrac{15}{10}=1{,}5\) A.
2) Loi \(i(t)\) après ouverture (\(t=0\))
\(i(0^+)=i_0\) (continuité). Maille \(E-Ri-L\frac{di}{dt}-ri=0\) : \(\dfrac{di}{dt}+\dfrac{i}{\tau}=\dfrac{E}{L}\) avec \(\tau=\dfrac{L}{R+r}\). Solution :
\[i(t)=\frac{E}{R+r}\Big(1+\frac{R}{r}e^{-t/\tau}\Big).\]Si \(R\gg r\) : \(i(t)\approx\dfrac{E}{R}+\dfrac{E}{r}e^{-t/\tau}\), l'intensité tend vers une valeur faible devant \(i_0\).
3) Tension \(u(t)\) aux bornes de \(K\)
Loi d'Ohm sur \(R\) : \(u(t)=\dfrac{R}{R+r}E\Big(1+\dfrac{R}{r}e^{-t/\tau}\Big)\), d'où \(u(0^+)=\dfrac{R}{r}E\) et \(u_\infty=\dfrac{R}{R+r}E\). Quand \(R\to\infty\) : \(u(0^+)\to\infty\) et \(u_\infty\to E\). A.N. \(R=30\) kΩ : \(u(0^+)=45\) kV, \(u_\infty\approx15\) V.
Partie C — Circuits du second ordre
\(C\) déchargé, courants nuls avant \(t=0\), \(\tau=2RC\). Tension \(u\) aux bornes du parallèle \(R\|L\).
1) Conditions initiales
\(u_c(0^+)=0\Rightarrow u(0^+)=E\) (maille \(E-u_c-u=0\)). Courant bobine nul : \(i_L(0^+)=0\), nœud \(i_c(0^+)=i_R(0^+)\) avec \(i_c=-C\frac{du}{dt}\) et \(i_R=\frac{u}{R}\) :
\[u(0^+)=E,\qquad \Big(\frac{du}{dt}\Big)_{0^+}=-\frac{E}{RC}.\]2) Équation différentielle canonique
En dérivant le nœud et en combinant les caractéristiques : \(\dfrac{d^2u}{dt^2}+\dfrac{1}{RC}\dfrac{du}{dt}+\dfrac{u}{LC}=0\), soit
\[\frac{d^2u}{dt^2}+\frac{\omega_0}{Q}\frac{du}{dt}+\omega_0^2 u=0,\quad \omega_0=\frac{1}{\sqrt{LC}},\quad Q=R\sqrt{\frac{C}{L}}.\]3) Solution (régime pseudo-périodique, \(\omega_0>\frac1\tau\Leftrightarrow Q>\frac12\))
\(u=e^{-t/\tau}(A\cos\Omega t+B\sin\Omega t)\), \(\Omega=\omega_0\sqrt{1-\frac{1}{4Q^2}}\). CI : \(A=E\), \(\Omega B-\frac{A}{\tau}=-\frac{E}{RC}\Rightarrow B=-\frac{E}{\Omega\tau}\). D'où :
\(C\) déchargé, courants nuls avant \(t=0\), \(\tau_1=2RC,\ \tau_2=\frac{2L}{R}\). \(i\) = courant de la bobine.
1) Conditions initiales
\(i(0^+)=0\) (bobine). Petite maille \(E-u_L(0^+)-u_c(0^+)=0\) avec \(u_c(0^+)=0\) donne \(u_L(0^+)=L\big(\frac{di}{dt}\big)_{0^+}=E\), soit \(\big(\frac{di}{dt}\big)_{0^+}=\dfrac{E}{L}\).
2) Équation différentielle canonique
Second ordre. En dérivant la maille et via \(u_L=L\frac{di}{dt}\), \(i_c=C\frac{du_c}{dt}\), \(i=i_c+i_R\), \(i_R=\frac{E-u_L}{R}\) :
\[\frac{d^2i}{dt^2}+\frac{1}{RC}\frac{di}{dt}+\frac{i}{LC}=\frac{E}{RLC}\Rightarrow \frac{d^2i}{dt^2}+\frac{\omega_0}{Q}\frac{di}{dt}+\omega_0^2 i=\omega_0^2\frac{E}{R},\]avec \(\omega_0=\frac{1}{\sqrt{LC}}\), \(Q=\omega_0 RC=R\sqrt{\frac{C}{L}}\).
3) Solution et maximum
Régime pseudo-périodique (\(Q>\frac12\)) : \(i=e^{-t/\tau_1}(A\cos\Omega t+B\sin\Omega t)+\frac{E}{R}\). CI : \(A=\frac{E}{R}\), \(\Omega B-\frac{A}{\tau_1}=\frac{E}{L}\Rightarrow B=\frac{E}{L\Omega}+\frac{E}{R\tau_1\Omega}\). D'où :
\[i(t)=\frac{E}{R}\left[1+e^{-t/\tau_1}\Big(\cos\Omega t+\frac{1}{\Omega}\Big(\frac{2}{\tau_2}+\frac{1}{\tau_1}\Big)\sin\Omega t\Big)\right]\]Maximum : \(\frac{di}{dt}=0\) donne \(\tan(\Omega t_m)=\dfrac{\Omega B-A/\tau_1}{B/\tau_1+A\Omega}\), soit
RLC série (\(L\) sans résistance), \(u_c(0^-)=u_0\), aucun courant initial, \(\tau=\frac{2L}{R}\), \(\omega_0=\frac{1}{\sqrt{LC}}\), \(\omega_0\tau\gg1\).
1) Conditions initiales
\(u_c(0^+)=u_0\) (continuité) ; \(i(0^+)=0\) (bobine) \(\Rightarrow \big(\frac{du_c}{dt}\big)_{0^+}=\frac{i(0^+)}{C}=0\).
2) Équation différentielle et résolution
Maille \(E-Ri-L\frac{di}{dt}-u_c=0\) avec \(i=C\frac{du_c}{dt}\) :
\[\frac{d^2u_c}{dt^2}+\frac{\omega_0}{Q}\frac{du_c}{dt}+\omega_0^2 u_c=\omega_0^2 E,\quad \omega_0=\frac{1}{\sqrt{LC}},\quad Q=\frac{1}{R}\sqrt{\frac{L}{C}}.\]\(\omega_0\tau\gg1\Leftrightarrow Q\gg\frac12\) : pseudo-périodique très peu amorti, \(\Omega\approx\omega_0\). CI : \(A=u_0-E\), \(B=\frac{u_0-E}{\Omega\tau}\), d'où \(u_c(t)=E+(u_0-E)e^{-t/\tau}\big(\cos\Omega t+\frac{1}{\Omega\tau}\sin\Omega t\big)\).
3) Représentation
Oscillations lentement amorties autour de la valeur finale \(E\) (l'amplitude décroît en \(e^{-t/\tau}\)).
4) Décrément logarithmique
Avec \(U=u_c-E\) et \(\Omega T=2\pi\) (sinus/cosinus \(2\pi\)-périodiques) :
\[\Lambda=\frac1n\ln\frac{U(t)}{U(t+nT)}=\frac1n\ln\big(e^{nT/\tau}\big)=\frac{T}{\tau}.\]Si \(\tau\) augmente (amortissement plus lent), \(\Lambda\) diminue.
5) Lien avec \(Q\)
\(\tau=\frac{2Q}{\omega_0}\), \(T=\frac{2\pi}{\Omega}\) : \(\Lambda=\dfrac{\pi}{Q\sqrt{1-\frac{1}{4Q^2}}}\), inversé en \(Q=\sqrt{\big(\frac{\pi}{\Lambda}\big)^2+\frac14}\). Pour \(Q\gg\frac12\) :
\(C_1\) (charge \(q_0\)) relié à \(t=0\) à \(L\) + \(C_2\) (déchargé) en série, aucune résistance, aucun courant initial. Puis cas \(C_1=C_2=C\).
1) Équation différentielle sur \(i\)
Maille \(u_1-u_L-u_2=0\), \(u_L=L\frac{di}{dt}\), \(i=C_2\frac{du_2}{dt}=-C_1\frac{du_1}{dt}\). On dérive :
\[\frac{d^2i}{dt^2}+\omega_0^2 i=0,\quad \omega_0^2=\frac{C_1+C_2}{LC_1C_2}=\frac{1}{LC_{eq}},\ C_{eq}=\frac{C_1C_2}{C_1+C_2}.\]Oscillateur harmonique non amorti.
2) \(i(t)\) pour \(C_1=C_2=C\) (\(\omega_0^2=\frac{2}{LC}\))
CI : \(i(0)=0\) ; maille à \(0^+\) : \(u_1(0^+)=\frac{q_0}{C}\), \(u_2(0^+)=0\) donne \(\big(\frac{di}{dt}\big)_{0^+}=\frac{q_0}{LC}=\frac{q_0\omega_0^2}{2}\). Donc \(A=0\), \(B=\frac{q_0\omega_0}{2}\) :
\(i(t)=\dfrac{q_0\omega_0}{2}\sin(\omega_0 t)\) (le courant change périodiquement de sens : les condensateurs s'échangent leurs charges).
3) Tensions \(u_1,u_2\)
\(u_1=-\frac1C\int i\,dt=\dfrac{q_0}{2C}(1+\cos\omega_0 t)\) ; \(u_2=\frac1C\int i\,dt=\dfrac{q_0}{2C}(1-\cos\omega_0 t)\).
4) Bilan énergétique
\(E_{c1}=\frac{q_0^2}{8C}(1+\cos\omega_0 t)^2\), \(E_{c2}=\frac{q_0^2}{8C}(1-\cos\omega_0 t)^2\), \(E_L=\frac{q_0^2}{4C}\sin^2\omega_0 t\). Somme :
Condensateur A-B chargé (\(Q_0\)), condensateur D-E déchargé, \(R\), \(L\). \(K\) fermé à \(t=0\), courant initial nul. \(\omega_0^2=\frac{2}{LC}\), \(2\lambda=\frac{R}{L}\). \(u\) = tension du 1er condensateur.
1) Équation différentielle
Maille \(u-u_R-u_L-u_c=0\) ; 1er condensateur générateur \(i=-C\frac{du}{dt}\), 2ⁿᵈ récepteur \(i=C\frac{du_c}{dt}\), d'où \(u_c=-u+K\) avec \(u(0)=\frac{Q_0}{C},\ u_c(0)=0\Rightarrow K=\frac{Q_0}{C}\). En remplaçant :
\[\frac{d^2u}{dt^2}+\frac{\omega_0}{Q}\frac{du}{dt}+\omega_0^2 u=\omega_0^2\frac{Q_0}{2C},\quad \omega_0^2=\frac{2}{LC},\ Q=\frac1R\sqrt{\frac{2L}{C}}.\]2) Solution pour \(\lambda<\omega_0\) (pseudo-périodique, \(Q>\frac12\))
\(i(0^+)=-C\big(\frac{du}{dt}\big)_{0^+}=0\Rightarrow\big(\frac{du}{dt}\big)_{0^+}=0\). CI : \(A=\frac{Q_0}{2C}\), \(B=\frac{Q_0}{2C}\frac{1}{\Omega\tau}\), d'où
\[u(t)=\frac{Q_0}{2C}\left(1+e^{-t/\tau}\Big(\cos\Omega t+\frac{1}{\Omega\tau}\sin\Omega t\Big)\right),\ u_c(t)=\frac{Q_0}{2C}\left(1-e^{-t/\tau}\Big(\cos\Omega t+\frac{1}{\Omega\tau}\sin\Omega t\Big)\right).\]Courant : \(i=C\frac{du_c}{dt}=\dfrac{Q_0}{2C}\Big(\frac{1}{\Omega\tau}+\Omega\tau\Big)e^{-t/\tau}\sin\Omega t\).
Cellule de Wien : branche série \((R,C)\) et branche parallèle \((R',C')\). À \(t=0\) on ferme \(K\) ; \(C\) chargé (\(u(0^+)=u_0>0\)), \(C'\) déchargé. \(v(t)\) = tension de sortie (aux bornes de \(R'\|C'\)). Cas \(R=R',\ C=C',\ \tau=2RC\).
1) Équation différentielle sur \(v(t)\)
Loi des nœuds : le courant de la branche d'entrée \(i=C\frac{du}{dt}\) (aussi \(=\frac{u}{R}+\dots\)) se partage dans \(R'\) et \(C'\) : \(i=\dfrac{v}{R'}+C'\dfrac{dv}{dt}\). La maille de sortie relie \(u\) et \(v\) via la branche série. En combinant les deux mailles et les caractéristiques (méthode identique aux ex. 5, 10, 11), puis avec \(R=R'\), \(C=C'\), on aboutit à la forme canonique du second ordre :
\[\frac{d^2v}{dt^2}+\frac{3}{RC}\frac{dv}{dt}+\frac{1}{R^2C^2}v=\frac{1}{RC}\frac{dv_e}{dt}\ \xrightarrow{\text{régime libre }(v_e=0)}\ \frac{d^2v}{dt^2}+\frac{3}{RC}\frac{dv}{dt}+\frac{1}{(RC)^2}v=0.\]On identifie \(\omega_0=\dfrac{1}{RC}\) et \(\dfrac{\omega_0}{Q}=\dfrac{3}{RC}\Rightarrow Q=\dfrac13\).
2) Nature du régime et \(v(t)\)
\(Q=\frac13<\frac12\) : régime apériodique (pas d'oscillation). L'équation caractéristique \(r^2+\frac{3}{RC}r+\frac{1}{(RC)^2}=0\) a pour discriminant \(\Delta=\frac{9-4}{(RC)^2}=\frac{5}{(RC)^2}>0\), racines réelles
\[r_\pm=\frac{-3\pm\sqrt5}{2RC}\quad(\text{avec }\tau=2RC:\ r_\pm=\frac{-3\pm\sqrt5}{\tau}).\]Solution \(v(t)=A\,e^{r_+ t}+B\,e^{r_- t}\). Conditions initiales : \(v(0^+)=0\) (\(C'\) déchargé, tension continue) et, par la loi des nœuds/mailles à \(0^+\) avec \(u(0^+)=u_0\), la dérivée initiale \(\big(\frac{dv}{dt}\big)_{0^+}=\dfrac{u_0}{RC}=\omega_0 u_0>0\). D'où \(A+B=0\) et \(A r_+ + B r_-=\omega_0 u_0\), soit \(A=\dfrac{\omega_0 u_0}{r_+-r_-}=\dfrac{\omega_0 u_0\,RC}{\sqrt5}=\dfrac{u_0}{\sqrt5}\) et \(B=-A\) :
\[v(t)=\frac{u_0}{\sqrt5}\Big(e^{r_+ t}-e^{r_- t}\Big),\qquad r_\pm=\frac{-3\pm\sqrt5}{2RC}.\]3) Maximum et interprétation
\(\dfrac{dv}{dt}=0\Rightarrow A r_+ e^{r_+ t}=-Br_- e^{r_- t}=A r_- e^{r_- t}\), donc \(e^{(r_+-r_-)t_m}=\dfrac{r_-}{r_+}\), d'où
\[t_m=\frac{1}{r_+-r_-}\ln\frac{r_-}{r_+}=\frac{RC}{\sqrt5}\ln\frac{3+\sqrt5}{3-\sqrt5}.\](Numériquement \(\frac{3+\sqrt5}{3-\sqrt5}\approx6{,}85\), donc \(t_m\approx\frac{RC}{\sqrt5}\times1{,}92\approx0{,}86\,RC\).)
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