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Chimie · Cristallographie

Cristallographie

La matière solide ordonnée : réseau, maille et motif, comptage des atomes par maille et compacité, masse volumique théorique. Les trois grandes structures métalliques (cubique simple, cubique centré, cubique faces centrées) et l'empilement compact (cfc / hexagonale compacte). Les sites interstitiels (tétraédriques, octaédriques) et leur dimension, enfin les composés ioniques (CsCl, NaCl, blende ZnS, fluorine CaF₂) et les alliages.

Sommaire du chapitre
📌 Fiche mémo — Cristallographie
Comptage des atomessommet \(\tfrac18\), arête \(\tfrac14\), face \(\tfrac12\), centre \(1\)
Diagonales du cubeface \(d_1=a\sqrt2\), grande diagonale \(d_2=a\sqrt3\)
Multiplicité \(Z\)cubique simple \(Z=1\), cubique centré \(Z=2\), cfc \(Z=4\)
Compacité\(C=\dfrac{Z\cdot\frac43\pi R^3}{V_{maille}}\)
Masse volumique\(\rho=\dfrac{ZM}{N_AV_{maille}}\)
Relations \(R\)-\(a\)cs : \(a=2R\) ; cc : \(a\sqrt3=4R\) ; cfc : \(a\sqrt2=4R\)
Compacités usuellescs \(0{,}52\), cc \(0{,}68\), cfc = hc \(0{,}74\) (maximum, théorème de Kepler)
cfc vs hexagonale compactehc : empilement ABAB… ; cfc : empilement ABCABC…
Sites interstitiels cfc8 sites tétraédriques, 4 sites octaédriques par maille
Dimension des sites (cfc)\(r_O/R=\sqrt2-1\approx0{,}414\) ; \(r_T/R=\sqrt{3/2}-1\approx0{,}225\)
Composés ioniquesCsCl 8–8 (grande diagonale) ; NaCl 6–6 (arête) ; blende ZnS 4–4 ; fluorine CaF₂ 8–4
Fractions massique / molaire\(w_i=\dfrac{n_iM_i}{\sum n_jM_j}\) ; \(x_i=\dfrac{n_i}{\sum n_j}\)
Astuce cfctout décompte (atomes, sites…) doit tomber sur un multiple de 4, sinon il y a une erreur
Trouver la condition de contactidentifier la direction où les atomes se touchent (arête, diagonale de face ou grande diagonale) pour relier \(R\) et \(a\)

1. Résumé de cours détaillé

Constantes & unités \(N_A=6{,}022\cdot10^{23}\) mol⁻¹ ; \(1\ \text{Å}=10^{-10}\) m \(=10^{-1}\) nm \(=100\) pm ; \(1\ \text{Å}^3=10^{-24}\) cm³ ; \(1\ \text{nm}^3=10^{-21}\) cm³. Les rayons atomiques/ioniques sont de l'ordre de \(10^{2}\) pm \(\approx1\) Å.

1.1 Réseau, maille, motif

Vocabulaire Un cristal est un empilement périodique tridimensionnel d'un motif. Le réseau est l'ensemble (abstrait) des nœuds, points équivalents obtenus par translation. Le motif est l'entité chimique (atome, ion, molécule) placée sur chaque nœud. La maille est le plus petit parallélépipède qui, répété par translation selon \(\vec a,\vec b,\vec c\), reconstruit tout le cristal. Une maille est toujours un parallélépipède (défini par 3 vecteurs non coplanaires) — jamais un hexagone ou un autre volume.

Une maille est décrite par 6 paramètres : trois longueurs \(a,b,c\) (les arêtes) et trois angles \(\alpha\) (entre \(\vec b,\vec c\)), \(\beta\) (entre \(\vec a,\vec c\)), \(\gamma\) (entre \(\vec a,\vec b\)). Ces valeurs définissent les 7 systèmes cristallins. Le plus symétrique est le système cubique : \(a=b=c\) et \(\alpha=\beta=\gamma=90°\).

Volume d'une maille quelconque \[V=abc\sqrt{1-\cos^2\alpha-\cos^2\beta-\cos^2\gamma+2\cos\alpha\cos\beta\cos\gamma}\] Cas cubique (\(\alpha=\beta=\gamma=90°\)) : \(\boxed{V=a^3}\). Cas hexagonal / prisme droit à base losange (\(a=b\), \(\alpha=\beta=90°\), \(\gamma=120°\)) : \(\boxed{V=\dfrac{a^2c\sqrt3}{2}}\) — c'est l'aire du losange (deux triangles équilatéraux, \(A=\frac{a^2\sqrt3}{2}\)) multipliée par la hauteur \(c\).

1.2 Diagonales du cube (à connaître par cœur)

Pythagore Pour un cube d'arête \(a\) : diagonale d'une face \(d_1=\sqrt{a^2+a^2}=a\sqrt2\) ; grande diagonale (entre les deux sommets opposés) \(d_2=\sqrt{(a\sqrt2)^2+a^2}=a\sqrt3\). Ces deux résultats servent en permanence pour trouver où se touchent les atomes.

1.3 Nombre d'atomes par maille (multiplicité \(Z\))

Règles de comptage Un atome n'appartient à une maille qu'à hauteur de la fraction de son volume située à l'intérieur :
  • atome sur un sommet : partagé entre 8 mailles \(\Rightarrow\ \tfrac18\) ;
  • atome sur une arête : partagé entre 4 mailles \(\Rightarrow\ \tfrac14\) ;
  • atome sur une face : partagé entre 2 mailles \(\Rightarrow\ \tfrac12\) ;
  • atome au centre (ou pleinement intérieur) : \(1\).
Structure cubiquePositions occupéesCompte\(Z\) (atomes/maille)
Cubique simple (cs / P)8 sommets\(8\times\frac18\)\(1\)
Cubique centré (cc / I)8 sommets + 1 centre\(8\times\frac18+1\)\(2\)
Cubique faces centrées (cfc / F)8 sommets + 6 faces\(8\times\frac18+6\times\frac12\)\(4\)
Astuce cfc Dans une structure cfc, tout élément géométrique ou atomique (atomes, sites…) est multiple de 4. Un décompte cfc qui ne tombe pas sur un multiple de 4 contient une erreur.

1.4 Compacité (taux d'occupation)

Définition La compacité \(C\) est la fraction du volume de la maille réellement occupée par les atomes, assimilés à des sphères dures : \[C=\frac{Z\cdot\frac43\pi R^3}{V_{\text{maille}}}\qquad(Z\text{ atomes de rayon }R).\] C'est un nombre sans dimension, \(0pas de \(a\) (le rayon est lié à \(a\) par la condition de contact), seulement du type de structure.

1.5 Masse volumique théorique

Formule maîtresse \[\rho=\frac{m_{\text{maille}}}{V_{\text{maille}}}=\frac{Z\,M}{N_A\,V_{\text{maille}}}\] \(Z\) = nombre de motifs (formules) par maille, \(M\) = masse molaire (g/mol), \(N_A\) le nombre d'Avogadro, \(V\) le volume de la maille. Attention aux unités : pour obtenir des g/cm³, convertir \(V\) en cm³ (\(1\ \text{Å}^3=10^{-24}\) cm³). La densité (par rapport à l'eau) est numériquement égale à \(\rho\) en g/cm³.

1.6 Les structures métalliques

Un métal est un empilement d'atomes identiques (sphères dures) cherchant la compacité maximale. Le point clé est la condition de contact : selon quelle direction les atomes se touchent, ce qui fixe la relation entre le rayon \(R\) et le paramètre \(a\).

StructureContactRelation \(R\)–\(a\)Coordinence\(Z\)Compacité
Cubique simplesur l'arête\(a=2R\)61\(\frac{\pi}{6}=0{,}52\)
Cubique centrésur la grande diagonale\(a\sqrt3=4R\)82\(\frac{\pi\sqrt3}{8}=0{,}68\)
Cubique faces centréessur la diagonale de face\(a\sqrt2=4R\)124\(\frac{\pi\sqrt2}{6}=0{,}74\)
Hexagonale compacteplans compacts\(a=2R\)122\(0{,}74\)
Compacité cfc, dérivée Contact sur la diagonale de face : \(4R=a\sqrt2\Rightarrow R=\frac{a\sqrt2}{4}\). Alors \[C=\frac{4\cdot\frac43\pi R^3}{a^3}=\frac{\frac{16}{3}\pi\left(\frac{a\sqrt2}{4}\right)^3}{a^3} =\frac{16\pi}{3}\cdot\frac{2\sqrt2}{64}=\frac{2\pi\sqrt2}{12}=\frac{\pi\sqrt2}{6}\approx0{,}74.\] C'est la compacité maximale d'un empilement de sphères identiques (théorème de Kepler).

1.7 Empilements compacts : cfc vs hexagonale compacte

ABC… ou AB… Les structures cfc et hexagonale compacte (hc) ont la même compacité (0,74) et la même coordinence (12) : ce sont deux façons d'empiler des plans compacts identiques. La différence est la séquence :
  • hc : empilement ABAB… — le 3ᵉ plan est exactement au-dessus du 1ᵉʳ ;
  • cfc : empilement ABCABC… — il faut aller au 4ᵉ plan pour retrouver la position du 1ᵉʳ ; les plans compacts sont les plans perpendiculaires à la grande diagonale du cube.
Un boulet posé au-dessus d'un autre boulet deux plans plus bas ⇒ hc ; posé au-dessus d'un creux ⇒ cfc.

1.8 Sites interstitiels

Sites tétraédriques (T) et octaédriques (O) Entre les atomes d'un empilement subsistent des cavités (sites) où peuvent se loger de plus petits atomes/ions. Un site tétraédrique est entouré de 4 atomes (coordinence 4) ; un site octaédrique de 6 atomes (coordinence 6). Dans une maille cfc :
  • 8 sites tétraédriques — un dans chacun des 8 « petits cubes » d'arête \(a/2\), tous entièrement internes à la maille ;
  • 4 sites octaédriques — 1 au centre du cube + 12 au milieu des arêtes comptant \(\frac14\) chacun : \(1+12\times\frac14=4\).
(Cohérent avec « tout est multiple de 4 » : 4 atomes, 8 sites T, 4 sites O.)
Dimension d'un site (structure cfc, rayon atomique \(R\)) Le rayon \(r\) de la plus grosse sphère logeable :
  • Octaédrique : contact le long de l'arête, \(a=2R+2r_O\), et comme \(4R=a\sqrt2\) : \[r_O=a\Big(\tfrac12-\tfrac{\sqrt2}{4}\Big)=0{,}146\,a,\qquad \frac{r_O}{R}=\sqrt2-1\approx0{,}414.\]
  • Tétraédrique : \(\dfrac{r_T}{R}=\sqrt{\tfrac32}-1\approx0{,}225\) (site plus petit que l'octaédrique).
Un ion « rentre » sans déformer la structure tant que son rayon \(\le r_{\text{site}}\).

1.9 Composés ioniques

Un cristal ionique est décrit comme un empilement (souvent cfc) d'un des ions, l'autre ion occupant tout ou partie des sites. La condition de contact se fait alors anion–cation, ce qui relie \(a\) aux rayons ioniques. La stœchiométrie impose la fraction de sites occupés.

TypeDescriptionCoordinenceContact
CsClcs de Cl⁻ + Cs⁺ au centre du cube8–8grande diagonale \(a\sqrt3=2(R_++R_-)\)
NaClcfc de Cl⁻ + Na⁺ dans tous les sites O6–6arête \(a=2(R_++R_-)\)
Blende ZnScfc de S²⁻ + Zn²⁺ dans la moitié des sites T4–4¼ grande diag. \(d=\frac{a\sqrt3}{4}\)
Fluorine CaF₂cfc de Ca²⁺ + F⁻ dans tous les sites T8–4¼ grande diag.
Rayons : anion > cation À nombre d'électrons voisin, l'anion (excès d'électrons, déficit de protons) est plus gros que le cation : les électrons y sont moins retenus par le noyau. C'est pourquoi \(R_-\;(\text{Cl}^-,\text{Br}^-,\text F^-)>R_+\;(\text{K}^+,\text{Tl}^+…)\).

1.10 Alliages : fractions massique et molaire

Passer de l'un à l'autre Fraction (pourcentage) massique de l'élément \(i\) : \(w_i=\dfrac{m_i}{\sum m}=\dfrac{n_iM_i}{\sum n_jM_j}\). Fraction molaire : \(x_i=\dfrac{n_i}{\sum n_j}=\dfrac{m_i/M_i}{\sum m_j/M_j}\). Pour convertir un % massique en % molaire, on divise chaque masse par sa masse molaire, puis on normalise. Pour un composé défini \(\text{A}_p\text{B}_q\), la fraction molaire d'A est simplement \(\dfrac{p}{p+q}\).

2. Exercices d'entraînement (créés) avec corrections

Trois exercices d'appropriation avant le TD : une structure cubique centrée (compacité + ρ), un site interstitiel, un cristal ionique de type NaCl.

✏️ Exercice A — Le fer α (cubique centré) ♦♦◊

Le fer α cristallise en cubique centré, paramètre \(a=287\) pm, \(M=55{,}8\) g/mol. Déterminer : (1) le rayon atomique du fer, (2) la compacité, (3) la masse volumique théorique.

Question 1 — Rayon atomique

En cubique centré, les atomes se touchent le long de la grande diagonale du cube, qui traverse l'atome central : \(4R=a\sqrt3\). D'où \[R=\frac{a\sqrt3}{4}=\frac{287\times1{,}732}{4}=124{,}3\ \text{pm}.\]

Question 2 — Compacité

\(Z=2\) atomes par maille. \(V=a^3\), et \(R=\frac{a\sqrt3}{4}\) : \[C=\frac{2\cdot\frac43\pi R^3}{a^3}=\frac{\frac83\pi\left(\frac{a\sqrt3}{4}\right)^3}{a^3} =\frac{8\pi}{3}\cdot\frac{3\sqrt3}{64}=\frac{\pi\sqrt3}{8}=0{,}68.\]

Question 3 — Masse volumique

\(V=a^3=(287\cdot10^{-10}\,\text{cm})^3=2{,}364\cdot10^{-23}\ \text{cm}^3\). Masse de 2 atomes : \[\rho=\frac{Z\,M}{N_A\,V}=\frac{2\times55{,}8}{6{,}022\cdot10^{23}\times2{,}364\cdot10^{-23}} =\frac{111{,}6}{14{,}24}=7{,}84\ \text{g/cm}^3.\]

\(R\approx124\) pm, \(C=0{,}68\), \(\rho\approx7{,}84\) g/cm³ — en excellent accord avec la valeur expérimentale du fer (\(\approx7{,}87\) g/cm³).
✏️ Exercice B — Site octaédrique du cuivre cfc ♦◊◊

Le cuivre est cfc, \(a=361\) pm. Quel est le rayon du plus gros atome logeable dans un site octaédrique ? Un atome d'hydrogène (\(R_H\approx37\) pm) peut-il y entrer sans déformer la maille ?

Rayon du site octaédrique

Rayon du cuivre : \(R_{Cu}=\frac{a\sqrt2}{4}=\frac{361\times1{,}414}{4}=127{,}6\) pm. Le site octaédrique (au milieu d'une arête) satisfait \(a=2R_{Cu}+2r_O\), soit \[r_O=\frac{a-2R_{Cu}}{2}=\frac{361-2\times127{,}6}{2}=52{,}9\ \text{pm}\quad(=0{,}146\,a,\ r_O/R=0{,}414).\]

Habitabilité par l'hydrogène

\(R_H\approx37\) pm \(

\(r_O\approx53\) pm. L'hydrogène (\(37\) pm) s'y insère librement — c'est le principe des solutions solides d'insertion (hydrures métalliques).
✏️ Exercice C — Structure NaCl et rayon ionique ♦♦◊

NaCl cristallise dans le type « chlorure de sodium » : cfc de Cl⁻, Na⁺ dans tous les sites octaédriques ; \(a=564\) pm, \(R_{Cl^-}=181\) pm. (1) Combien de motifs NaCl par maille ? (2) Rayon de Na⁺ ? (3) Masse volumique (\(M_{NaCl}=58{,}5\) g/mol) ?

Question 1 — Motifs par maille

Cl⁻ en cfc : \(4\) ions Cl⁻. Na⁺ dans les \(4\) sites octaédriques : \(4\) ions Na⁺. Donc \(Z=4\) motifs NaCl par maille (multiple de 4 : cohérent).

Question 2 — Rayon de Na⁺

Le contact anion–cation se fait le long de l'arête (Cl⁻–Na⁺–Cl⁻) : \(a=2R_{Cl^-}+2R_{Na^+}\), d'où \[R_{Na^+}=\frac a2-R_{Cl^-}=\frac{564}{2}-181=101\ \text{pm}.\]

Question 3 — Masse volumique

\(V=a^3=(564\cdot10^{-10})^3=1{,}794\cdot10^{-22}\ \text{cm}^3\). \[\rho=\frac{4\times58{,}5}{6{,}022\cdot10^{23}\times1{,}794\cdot10^{-22}}=\frac{234}{108{,}0}=2{,}17\ \text{g/cm}^3.\]

\(Z=4\), \(R_{Na^+}\approx101\) pm (valeur admise ≈ 102 pm), \(\rho\approx2{,}17\) g/cm³ (valeur réelle du sel : 2,16 g/cm³). On vérifie bien \(R_-\!>\!R_+\).

3. Correction intégrale du TD (15 exercices)

Source : TD cristallographie — 2025/2026 — VG (exos JFLM), corrigé officiel intégré. Les exercices « (Vesta) » reposent sur l'observation du logiciel : on reconstitue ici le raisonnement et les calculs. Trois thèmes : généralités (1–3), métaux (4–11), composés ioniques (12–15).

Généralités

Exercice 1 — Longueur des diagonales d'un cube ♦◊◊

Exprimer, en fonction de l'arête \(a\), la longueur des deux types de diagonales d'un cube : diagonale de face et grande diagonale.

Une diagonale de face ferme un triangle rectangle isocèle avec deux arêtes (angle droit entre l'arête et la diagonale de face) : \[d_1=\sqrt{a^2+a^2}=a\sqrt2.\] La grande diagonale ferme un triangle rectangle avec une arête et une diagonale de face : \[d_2=\sqrt{(a\sqrt2)^2+a^2}=\sqrt{2a^2+a^2}=a\sqrt3.\]

\(d_{\text{face}}=a\sqrt2\) ; \(d_{\text{grande}}=a\sqrt3\). Résultats à connaître par cœur : ils fixent les conditions de contact des structures cc (diagonale \(a\sqrt3\)) et cfc (diagonale de face \(a\sqrt2\)).
Exercice 2 — Volume d'un prisme droit à base losange ♦♦◊

Maille \(a=b=3\) Å, \(c=6\) Å, \(\alpha=\beta=90°\), \(\gamma=120°\). (1) Volume par la géométrie élémentaire. (2) Vérification par la formule générale.

Question 1 — Géométrie

Le volume d'un prisme droit = aire de la base × hauteur (ici \(c\)). La base est un losange de côté \(a\) avec un angle de 120°, formé de deux triangles équilatéraux de côté \(a\). L'aire d'un triangle équilatéral est \(\frac12\,h\,a\) avec la hauteur \(h=\frac{a\sqrt3}{2}\), donc l'aire du losange : \[A_{\text{base}}=2\times\frac12\times\frac{a\sqrt3}{2}\times a=\frac{a^2\sqrt3}{2}.\] \[V=A_{\text{base}}\cdot c=\frac{a^2c\sqrt3}{2}=\frac{3^2\times6\times\sqrt3}{2}=\frac{54\sqrt3}{2}=46{,}8\ \text{Å}^3.\]

Question 2 — Formule générale

Avec \(\alpha=\beta=90°\Rightarrow\cos\alpha=\cos\beta=0\), \(\gamma=120°\Rightarrow\cos\gamma=-\frac12\) : \[V=abc\sqrt{1-0-0-\left(-\tfrac12\right)^2+0}=a^2c\sqrt{1-\tfrac14}=a^2c\,\frac{\sqrt3}{2}.\]

\(V=\dfrac{a^2c\sqrt3}{2}\approx46{,}8\) Å³. Les deux méthodes concordent : la « grande formule » redonne bien le résultat géométrique. C'est le volume d'une maille hexagonale.
Exercice 3 — The cannonball problem ♦♦◊

Un empilement pyramidal de boulets de canon : est-ce une structure cubique faces centrées (cfc) ou hexagonale compacte (hc) ? Couches numérotées 1 (sommet, un seul boulet) à 5.

Question 1 — Différence des empilements

L'empilement hc est ABAB… : le plan n°3 se superpose parfaitement au plan n°1. L'empilement cfc est ABCABC… : c'est le plan n°4 qui se superpose au plan n°1 (il faut trois plans distincts avant de retrouver la position de départ).

Question 2 — Couche 3 vue de dessus

La couche n°3 contient \(6\) boulets disposés en hexagone (un plan compact partiel de la pyramide).

Question 3 — Position du boulet de la couche 1

Le boulet unique de la couche 1 se projette au centre de l'hexagone de la couche 3, c'est-à-dire au-dessus d'un creux (trou) de la couche 3, et non au-dessus d'un boulet.

Question 4 — Conclusion

Le plan 1 est décalé par rapport au plan 3 (au-dessus d'un trou) : la séquence est donc ABCA, soit une structure cubique faces centrées.

C'est une structure cfc (empilement ABC). Si le boulet du sommet avait été à l'aplomb d'un boulet de la couche 3, on aurait eu ABA = hexagonale compacte.

Métaux

Exercice 4 — (Vesta) Volume de maille et taux d'occupation (Ni hexagonal) ♦♦◊

Nickel hexagonal (VESTA). (1) Volume de la maille (\(a=2{,}6222\) Å, \(c=4{,}321\) Å). (2) Nombre d'atomes. (3) Rayon \(R_{Ni}=1{,}25\) Å (VESTA), compacité. (4) Pourquoi « hexagonale » ?

Question 1 — Volume

Maille hexagonale : \(V=\dfrac{a^2c\sqrt3}{2}=\dfrac{(2{,}6222)^2\times4{,}321\times\sqrt3}{2} =25{,}73\ \text{Å}^3\) (valeur VESTA).

Question 2 — Nombre d'atomes

La maille contient 2 atomes de nickel (structure hexagonale compacte, \(Z=2\)).

Question 3 — Compacité

\[C=\frac{2\times\frac43\pi(1{,}25)^3}{25{,}73}=\frac{2\times8{,}18}{25{,}73}=0{,}636.\]

Piège du rendu VESTA Le dessin des atomes dans VESTA n'utilise pas leur vrai rayon — la maille paraît peu remplie. La compacité se calcule, elle ne se « lit » pas à l'œil. (Ici 0,636 < 0,74 car le rapport \(c/a\) de cette variété n'est pas idéal.)

Question 4 — « Hexagonale »

La maille elle-même est un prisme à base losange (un parallélépipède). Elle est dite « hexagonale » car 3 mailles juxtaposées s'inscrivent dans un hexagone. Attention : l'hexagone n'est pas la maille — une maille est toujours le parallélépipède engendré par 3 vecteurs non coplanaires.

\(V=25{,}73\) Å³, \(Z=2\), \(C=0{,}636\). Le mot « hexagonal » décrit la symétrie d'ensemble, pas la forme de la maille.
Exercice 5 — (Vesta) Plans compacts ♦◊◊

Maille du nickel hexagonal, affichée 4×4×2 mailles. Combien de plans compacts ? Selon quelle direction s'empilent-ils ?

En affichant 2 mailles selon \(\vec c\), on distingue 4 plans compacts empilés suivant la direction \(\vec c\) (l'axe vertical de l'hexagone). Ce sont les plans denses ABAB caractéristiques de l'empilement hexagonal compact.

4 plans compacts, empilés selon \(\vec c\). L'alternance AB (un plan sur deux identique) confirme la structure hexagonale compacte.
Exercice 6 — (Vesta) Maille cubique faces centrées (Ni cfc) ♦♦◊

Nickel cfc, \(a=3{,}516\) Å, \(M=58{,}69\) g/mol. (1) Volume. (2) Où sont les contacts, rayon \(R_{Ni}\) ? (3) Compacité. (4) Masse volumique vs \(\rho_{exp}=8{,}9\) g/cm³. (5) Site au centre d'une arête : géométrie, rayon ?

Question 1 — Volume

\(V=a^3=(3{,}516)^3=43{,}47\ \text{Å}^3\).

Question 2 — Contacts et rayon

Dans une maille cfc, les contacts entre atomes se font le long de la diagonale d'une face, de longueur \(a\sqrt2=3{,}516\times1{,}414=4{,}972\) Å. Cette diagonale contient 4 rayons : \[R_{Ni}=\frac{a\sqrt2}{4}=\frac{4{,}972}{4}=1{,}243\ \text{Å}\quad(\text{VESTA : }1{,}25\ \text{Å}).\]

Question 3 — Compacité

Cas général cfc avec \(R=\frac{a\sqrt2}{4}\) et \(Z=4\) : \[C=\frac{4\times\frac43\pi R^3}{a^3}=\frac{2\pi\sqrt2}{12}=0{,}74.\] (Vérification numérique : \(4\times\frac43\pi(1{,}25)^3=32{,}72\) Å³, et \(32{,}72/43{,}47=0{,}75\).)

Question 4 — Masse volumique

Masse de 4 atomes : \(m=\frac{4\times58{,}69}{6{,}022\cdot10^{23}}=3{,}90\cdot10^{-22}\) g. Volume en cm³ : \(43{,}47\cdot10^{-24}\) cm³. \[\rho=\frac{3{,}90\cdot10^{-22}}{43{,}47\cdot10^{-24}}=9{,}0\ \text{g/cm}^3.\]

Interprétation \(\rho_{théo}\approx9{,}0\) g/cm³ vs \(\rho_{exp}=8{,}9\) g/cm³ : accord à ~1 %. Le léger écart vient des défauts réels du cristal (lacunes, joints de grains) qui abaissent la densité par rapport au cristal parfait.

Question 5 — Site au centre d'une arête

Le centre d'une arête est un site octaédrique (entouré de 6 atomes). Son rayon vérifie \(a=2R_{Ni}+2r_O\) : \[r_O=\frac{a-2R_{Ni}}{2}=\frac{3{,}516-2\times1{,}25}{2}=0{,}508\ \text{Å}.\]

\(V=43{,}47\) Å³, \(R_{Ni}\approx1{,}24\) Å, \(C=0{,}74\), \(\rho\approx9{,}0\) g/cm³, site octaédrique \(r_O\approx0{,}51\) Å.
Exercice 7 — Polonium ♦♦◊

Polonium : \(a=b=c=0{,}3354\) nm, \(\alpha=\beta=\gamma=90°\), un atome à chaque sommet. (1) Type de maille, compacité. (2) Rayon du site central en fonction de \(R_{Po}\). (3) Nom si ce site est occupé. (4) Masse volumique (\(M=209\) g/mol).

Question 1 — Type et compacité

Un atome à chaque sommet uniquement : cubique simple (\(Z=1\)). Le contact se fait sur l'arête (atomes voisins alignés), donc \(a=2R\Rightarrow R=a/2\). Volume de la maille \(a^3=(2R)^3=8R^3\) : \[C=\frac{\frac43\pi R^3}{8R^3}=\frac{\pi}{6}=0{,}52.\]

Question 2 — Rayon du site central

Plaçons une sphère de rayon \(R_{site}\) au centre du cube. Elle touche les atomes des sommets le long de la grande diagonale, de longueur \(a\sqrt3\) : \(2R_{Po}+2R_{site}=a\sqrt3\). Avec \(R_{Po}=a/2\) : \[R_{site}=\frac{a\sqrt3-2\cdot\frac a2}{2}=\frac{a(\sqrt3-1)}{2}=0{,}366\,a.\]

Question 3 — Nom si le site est occupé

Si le centre est occupé par un atome de polonium identique, la structure devient cubique centré. S'il est occupé par un autre atome (élément différent), il reste un cubique simple avec un atome étranger en insertion (structure de type CsCl).

Question 4 — Masse volumique

1 atome par maille de volume \(V=(0{,}3354\ \text{nm})^3=0{,}0377\ \text{nm}^3=0{,}0377\cdot10^{-21}\) cm³. Masse d'un atome : \(m=\frac{209}{6{,}022\cdot10^{23}}=3{,}47\cdot10^{-22}\) g. \[\rho=\frac{3{,}47\cdot10^{-22}}{0{,}0377\cdot10^{-21}}=9{,}2\ \text{g/cm}^3.\]

Cubique simple, \(C=0{,}52\), \(R_{site}=0{,}366\,a\), \(\rho\approx9{,}2\) g/cm³ (valeur expérimentale 9,20 g/cm³ — parfait). Le polonium est le seul métal cubique simple à température ambiante.
Exercice 8 — Alliage (Fe₃C, aciers) ♦♦◊

(1) Pourcentage massique de carbone dans Fe₃C. (2) Fraction molaire du carbone dans un alliage contenant 4,30 % en masse de carbone. Données \(M_C=12{,}0\), \(M_{Fe}=55{,}8\) g/mol.

Question 1 — % massique dans Fe₃C

Une formule Fe₃C contient 3 fer + 1 carbone : \[w_C=\frac{M_C}{3M_{Fe}+M_C}=\frac{12{,}0}{3\times55{,}8+12{,}0}=\frac{12}{179{,}4}=6{,}69\ \%.\]

Question 2 — Fraction molaire (4,30 % massique de C)

Sur 100 g d'alliage : \(m_C=4{,}30\) g, \(m_{Fe}=95{,}7\) g. On convertit en moles puis on normalise : \[x_C=\frac{m_C/M_C}{m_C/M_C+m_{Fe}/M_{Fe}}=\frac{4{,}30/12}{4{,}30/12+95{,}7/55{,}8} =\frac{0{,}358}{0{,}358+1{,}715}=0{,}17=17\ \%.\]

Vérification Pour le composé défini Fe₃C, la fraction molaire de carbone vaut \(\frac14=25\ \%\) (1 atome sur 4). Ici l'alliage à 4,30 % massique est plus pauvre en carbone, d'où \(x_C=17\ \% <25\ \%\), cohérent.
\(w_C=6{,}69\ \%\) massique dans Fe₃C ; l'alliage à 4,30 % massique correspond à \(x_C=17\ \%\) molaire. (Un pourcentage massique et un pourcentage molaire ne sont jamais égaux dès que les masses molaires diffèrent.)
Exercice 9 — Sites cristallographiques d'une cfc ♦♦◊

(1) Combien de sites tétraédriques une structure cfc possède-t-elle ? (2) Combien de sites octaédriques ?

Question 1 — Sites tétraédriques

On découpe la maille cfc en 8 petits cubes d'arête \(a/2\). Le centre de chaque petit cube est un site tétraédrique, entièrement interne à la maille : il y a donc 8 sites tétraédriques par maille.

Question 2 — Sites octaédriques

Les sites octaédriques sont : le centre du cube (1, entièrement interne) et le milieu de chaque arête (12 arêtes). Mais chaque milieu d'arête est partagé entre 4 mailles voisines, il compte pour \(\frac14\) : \[N_O=1+12\times\frac14=1+3=4\ \text{sites octaédriques}.\]

cfc : 8 sites tétraédriques et 4 sites octaédriques par maille (pour 4 atomes). Rappel : dans une cfc tout se compte en multiples de 4.
Exercice 10 — Diamant ♦♦♦

Carbone diamant, maille cubique de volume \(45{,}38\) Å³, \(M_C=12\) g/mol. (1) Nombre d'atomes. (2) Densité. (3) Relation \(R\)–\(a\). (4) Compacité.

Question 1 — Nombre d'atomes

La structure diamant = cfc de carbone + 4 sites tétraédriques (sur 8) occupés par du carbone. Décompte : 8 sommets \(\times\frac18=1\) ; 6 faces \(\times\frac12=3\) ; 4 atomes internes en site tétraédrique \(=4\). Total \(1+3+4=\boxed{8}\) atomes par maille.

Question 2 — Densité

Masse de 8 atomes : \(m=\frac{8\times12}{6{,}022\cdot10^{23}}=1{,}59\cdot10^{-22}\) g. Volume \(45{,}38\cdot10^{-24}\) cm³ : \[\rho=\frac{1{,}59\cdot10^{-22}}{45{,}38\cdot10^{-24}}=3{,}51\ \text{g/cm}^3.\]

Question 3 — Relation rayon / paramètre

Les atomes se touchent le long de la liaison C–C, orientée selon la grande diagonale d'un petit cube d'arête \(a/2\). Cette petite diagonale vaut \(\frac{a\sqrt3}{2}\) et contient \(4R\) (deux atomes en contact au tiers de la diagonale) : \[4R=\frac{a\sqrt3}{2}\ \Longleftrightarrow\ a=\frac{8R}{\sqrt3}.\]

Question 4 — Compacité

\[C=\frac{8\times\frac43\pi R^3}{a^3}=\frac{8\times\frac43\pi R^3}{\left(\frac{8R}{\sqrt3}\right)^3} =\frac{\frac{32}{3}\pi}{\frac{512}{3\sqrt3}}=\frac{32\pi\sqrt3}{512}=\frac{\pi\sqrt3}{16}=0{,}34.\]

8 atomes/maille, \(\rho=3{,}51\) g/cm³ (réel : 3,515), \(a=\frac{8R}{\sqrt3}\), \(C=0{,}34\). Compacité très faible (bien < 0,74) : le diamant est peu compact car ses liaisons covalentes sont directionnelles (tétraédriques), pas dictées par l'empilement de sphères.
Exercice 11 — Dimension des sites d'une cfc (fer γ) ♦♦♦

Fer γ (cfc). (1) Nom de la propriété d'exister en plusieurs structures ? (2) Rayon d'un site octaédrique en fonction de \(a\). (3) Rapport \(r_O/R_{Fe}\). (4) Rayon d'un site tétraédrique.

Question 1 — Propriété

C'est l'allotropie : le fer α (cc/hexagonal) et le fer γ (cfc) sont deux variétés allotropiques du fer (même élément, structures cristallines différentes selon la température).

Question 2 — Rayon du site octaédrique

Le site octaédrique (milieu d'arête) : sur l'arête on a \(2R_{Fe}+2r_O=a\), donc \(a=2R_{Fe}+2r_O\). Par ailleurs le contact des atomes de fer se fait sur la diagonale de face : \(4R_{Fe}=a\sqrt2\Rightarrow R_{Fe}=\frac{a\sqrt2}{4}\). En substituant : \[r_O=\frac a2-R_{Fe}=a\left(\frac12-\frac{\sqrt2}{4}\right)=0{,}146\,a.\]

Question 3 — Rapport \(r_O/R_{Fe}\)

\[\frac{r_O}{R_{Fe}}=\frac{\frac12-\frac{\sqrt2}{4}}{\frac{\sqrt2}{4}}=\frac{2}{\sqrt2}-1=\sqrt2-1=0{,}414.\]

Question 4 — Rayon du site tétraédrique

Le calcul est identique à celui du diamant (le site tétraédrique est au centre d'un petit cube d'arête \(a/2\)) : le rapport vaut \(\frac{r_T}{R_{Fe}}=\sqrt{\frac32}-1\approx0{,}225\), soit \(r_T=0{,}225\,R_{Fe}\approx0{,}080\,a\) — plus petit que le site octaédrique.

Allotropie ; \(r_O=0{,}146\,a\), \(r_O/R=\sqrt2-1=0{,}414\) ; \(r_T/R\approx0{,}225\). Le site octaédrique est nettement plus grand que le tétraédrique — d'où l'insertion préférentielle du carbone en site octaédrique dans l'acier austénitique (fer γ).

Composés ioniques

Exercice 12 — (Vesta) Sels de potassium (KCl, KF) ♦♦◊

KCl (VESTA). (1) Type de structure. (2) Confirmer cubique (paramètres, angles). (3) Où est le contact ? (4) \(R_{Cl^-}=181\) pm, \(a=628{,}79\) pm : rayon de K⁺. (5) Normal que \(R_-\!>\!R_+\) ? (6) KF cfc, \(a'=534{,}7\) pm : rayon de F⁻.

Questions 1–2 — Structure

On reconnaît la structure type NaCl : cfc d'ions K⁺ avec les ions Cl⁻ dans tous les sites octaédriques (ou inversement — les deux réseaux cfc sont équivalents). Les paramètres \(a=b=c=6{,}2879\) Å et \(\alpha=\beta=\gamma=90°\) confirment le système cubique.

Question 3 — Contact

Quand les sites octaédriques sont occupés, le contact cation–anion se fait le long d'une arête du cube (et non le long de la diagonale de face, qui est le contact des sites tétraédriques).

Question 4 — Rayon de K⁺

Sur l'arête : \(a=2(R_++R_-)\), donc \(R_++R_-=\frac a2\) : \[R_+=\frac a2-R_-=\frac{628{,}79}{2}-181=314{,}4-181=133\ \text{pm}\quad(\text{valeur admise }138\ \text{pm}).\]

Question 5 — Pourquoi \(R_-\!>\!R_+\) ?

Oui, c'est normal. Un anion possède plus d'électrons que de protons : la charge nucléaire retient moins bien le nuage électronique, qui « gonfle ». Un cation, au contraire, a perdu des électrons et son noyau attire plus fortement les restants. À couche voisine, l'anion est donc plus gros.

Question 6 — Rayon de F⁻ (via KF)

KF est aussi de type NaCl (contact sur l'arête), avec K⁺ = 133 pm : \[R_{F^-}=\frac{a'}2-R_{K^+}=\frac{534{,}7}{2}-133=267{,}4-133=134\ \text{pm}\quad(\text{valeur admise }133\ \text{pm}).\]

Type NaCl (cubique) ; contact sur l'arête ; \(R_{K^+}\approx133\) pm, \(R_{F^-}\approx134\) pm. On vérifie \(R_-\!>\!R_+\) et l'additivité des rayons ioniques d'un sel à l'autre.
Exercice 13 — Bromure de thallium (TlBr) ♦♦◊

TlBr. (1) Charge de Br⁻ ? (2) Charge de Tl ? (3) Affecter 150 et 196 pm. (4) Positions Tl⁺ (0;0;0), Br⁻ (0,5;0,5;0,5) : type de maille. (5) Paramètre \(a\). (6) Interpréter la vue VESTA (2 ions Br⁻ voisins). (7) Distance entre les deux ions les plus éloignés du schéma.

Questions 1–2 — Charges

Le brome est un halogène (colonne 17) : l'ion bromure est Br⁻ (−1). Pour la neutralité de TlBr, le thallium est donc Tl⁺ (+1).

Question 3 — Affectation des rayons

L'anion étant plus gros que le cation : Tl⁺ = 150 pm et Br⁻ = 196 pm.

Question 4 — Type de maille

Un seul cation en (0;0;0) (donc aux 8 sommets par translation) et un seul anion au centre (0,5;0,5;0,5) : c'est une structure type CsCl — cubique simple de Tl⁺ avec Br⁻ au centre du cube (coordinence 8–8). Ce n'est pas un cubique centré au sens strict (les deux ions sont différents).

Question 5 — Paramètre de maille

Le contact cation–anion se fait le long de la grande diagonale du cube (Tl⁺ au sommet, Br⁻ au centre) : \(a\sqrt3=2(R_++R_-)\), donc \[a=\frac{2(R_++R_-)}{\sqrt3}=\frac{2(150+196)}{1{,}732}=\frac{692}{1{,}732}=692\ \text{pm}.\] (Numériquement \(2\times346=692\), et \(692/\sqrt3\approx399{,}5\) pm pour l'arête ; le corrigé note \(a\) via la relation ci-dessus.)

Attention à la lecture La grande diagonale vaut \(a\sqrt3=2(R_++R_-)=692\) pm, ce qui donne l'arête \(a=692/\sqrt3\approx400\) pm. Bien distinguer « longueur de la diagonale » (692 pm) et « paramètre de maille \(a\) » (≈400 pm).

Question 6 — Vue VESTA

La représentation montre une maille de TlBr accompagnée de deux ions Br⁻ appartenant aux mailles voisines (à gauche et à droite), qui prolongent le motif périodique.

Question 7 — Distance des ions extrêmes

Les deux ions les plus éloignés (le Br⁻ le plus à gauche et celui le plus à droite, séparés par une maille complète) sont distants de deux grandes diagonales, soit \[d=2\times a\sqrt3=2\times692=1384\ \text{pm}.\]

Br⁻ (−1), Tl⁺ (+1) ; Tl⁺ = 150 pm, Br⁻ = 196 pm ; structure type CsCl ; grande diagonale \(a\sqrt3=692\) pm ; distance des ions extrêmes \(2a\sqrt3=1384\) pm.
Exercice 14 — Chlorure d'argent AgCl ♦♦◊

AgCl cubique, \(V=163{,}6\) Å³. (1) Paramètre de maille. (2) Ag⁺ en (0;0;0), (½;½;0), (½;0;½), (0;½;½) : type de structure cubique, dessin. (3) Cl⁻ dans tous les sites octaédriques : combien, neutralité ? (4) Dimension des sites si \(R_{Ag^+}=115\) pm.

Question 1 — Paramètre

\(a=\sqrt[3]{V}=\sqrt[3]{163{,}6}=5{,}47\ \text{Å}\).

Question 2 — Type de structure

Les positions données (un sommet + trois centres de faces) sont exactement celles d'un réseau cubique faces centrées : à partir de ces 4 ions Ag⁺, toutes les autres positions cfc se déduisent par translations entières. La maille dessinée ne contient que les ions argent aux sommets et centres de faces.

Question 3 — Ions chlorure et neutralité

Les sites octaédriques d'une cfc sont au nombre de 4 (centre du cube + 12 milieux d'arêtes comptant ¼) : \(1+12\times\frac14=4\). Il y a donc 4 ions Cl⁻, à comparer aux \(4\) ions Ag⁺ (cfc) : la maille est électriquement neutre (4 charges + et 4 charges −). C'est bien la structure type NaCl.

Question 4 — Dimension des sites (contact sur l'arête)

Cl⁻ occupe l'octaèdre : contact Ag⁺–Cl⁻ le long de l'arête, \(a=2R_{Ag^+}+2R_{Cl^-}\) : \[R_{Cl^-}=\frac a2-R_{Ag^+}=\frac{547}{2}-115=273{,}5-115=158\ \text{pm}.\]

\(a=5{,}47\) Å ; structure cfc (type NaCl) ; 4 Cl⁻ = 4 Ag⁺ ⇒ maille neutre ; le site octaédrique accueille Cl⁻ de rayon \(R_{Cl^-}=158\) pm.
Exercice 15 — (Vesta) Blende (ZnS) ♦♦♦

Blende ZnS, cubique, \(a=540{,}9\) pm, Zn²⁺ aux sommets (cfc). (1) Décrire la structure en sites occupés + vérifier la stœchiométrie. (2) Plus courte distance S²⁻–Zn²⁺. (3) Comparer à CaF₂.

Question 1 — Structure et stœchiométrie

Zn²⁺ forme un réseau cfc ; S²⁻ occupe des sites tétraédriques. Vérifions combien : décompte des Zn²⁺ = 8 sommets \(\times\frac18\) + 6 faces \(\times\frac12=1+3=4\) ions Zn²⁺. Une cfc possède 8 sites tétraédriques ; pour que la formule soit ZnS (autant de S que de Zn), il faut 4 S²⁻, donc seule la moitié des sites tétraédriques est occupée (4 sur 8).

Question 2 — Plus courte distance S²⁻–Zn²⁺

La plus courte distance relie un Zn²⁺ (sommet) au S²⁻ du site tétraédrique voisin. Leurs centres sont distants d'un quart de la grande diagonale de la maille (le centre d'un site tétraédrique est au centre d'un petit cube d'arête \(a/2\)) : \[d=\frac14\times a\sqrt3=\frac{\sqrt3}{4}\times540{,}9=234{,}2\ \text{pm}\quad(\text{confirmé par VESTA}).\]

Question 3 — Comparaison avec CaF₂ (fluorine)

CaF₂ a la même ossature (cfc de Ca²⁺, sites tétraédriques), mais F⁻ occupe tous les 8 sites tétraédriques (contre la moitié pour la blende). Raison stœchiométrique : dans CaF₂ il faut deux fois plus de F⁻ que de Ca²⁺ (4 Ca²⁺ ⇒ 8 F⁻), d'où tous les sites occupés. La blende ZnS (1:1) n'en occupe que la moitié.

Blende = cfc de Zn²⁺ + moitié des sites tétraédriques occupés par S²⁻ (4 Zn²⁺ + 4 S²⁻, coordinence 4–4) ; \(d_{min}=\frac{a\sqrt3}{4}=234{,}2\) pm. CaF₂ : même charpente mais tous les sites tétraédriques occupés (coordinence 8–4), imposé par la stœchiométrie 1:2.
✅ TD cristallographie — correction complète (15 exercices) Généralités : diagonales du cube, volume d'une maille (formule générale + hexagonale), empilements compacts cfc/hc (cannonball). Métaux : volume & compacité (Ni hc et cfc), plans compacts, polonium cubique simple, alliages Fe₃C (% massique ↔ molaire), sites tétraédriques/octaédriques d'une cfc, diamant, dimension des sites du fer γ. Composés ioniques : KCl/KF type NaCl, TlBr type CsCl, AgCl type NaCl, blende ZnS et comparaison à la fluorine CaF₂. Numériques vérifiés : \(V_{hex}=25{,}73\) Å³, \(\rho_{Ni}=9{,}0\), \(\rho_{Po}=9{,}2\), \(\rho_{diamant}=3{,}51\) g/cm³, \(r_O/R=0{,}414\), \(R_{K^+}=133\), \(R_{F^-}=134\), \(R_{Cl^-}=158\) pm, \(a_{TlBr}\sqrt3=692\) pm, \(d_{ZnS}=234{,}2\) pm.
📎 Bonus — TP VESTA Le poly comporte aussi un TP VESTA (manipulation du logiciel : ouverture de fichiers .cif, mesure de distances, visualisation des mailles et des plans compacts). C'est un travail pratique d'observation ; les concepts et calculs qu'il mobilise sont entièrement couverts par le cours et le TD ci-dessus (volume de maille, rayons, sites, compacité). Il pourra être ajouté ultérieurement comme complément « prise en main du logiciel ».

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