Atomistique
De l'atome à la molécule : quantification de l'énergie (Planck-Einstein, Bohr), nombres quantiques et orbitales, configuration électronique et classification périodique, charge nucléaire effective (Slater) et propriétés périodiques ; puis liaison chimique (Lewis, VSEPR, mésomérie, polarité, orbitales moléculaires) et enfin forces intermoléculaires (London, Keesom, liaison hydrogène) et proticité des solvants.
1. Résumé de cours détaillé
1.1 Énergie de la lumière
1.2 Dualité et incertitude
1.3 Niveaux d'énergie de l'atome d'hydrogène
1.4 Nombres quantiques et orbitales
1.5 Configuration électronique
- Klechkowski : remplissage par \((n+l)\) croissant, puis \(n\) croissant (1s, 2s, 2p, 3s, 3p, 4s, 3d, 4p…).
- Pauli : 2 électrons max par OA (spins opposés).
- Hund : à énergie égale, on maximise le nombre d'électrons célibataires (spins parallèles).
1.6 Charge nucléaire effective (Slater)
- même groupe : \(0{,}35\) par électron (\(0{,}30\) dans 1s) ;
- groupe \(n-1\) (pour s,p) : \(0{,}85\) ; groupes \(\leq n-2\) : \(1{,}00\) ;
- un électron ne s'écrante pas lui-même.
1.7 Propriétés périodiques
| Grandeur | Ligne (→ droite) | Colonne (↓ bas) |
|---|---|---|
| Rayon atomique | diminue (\(Z^*\uparrow\)) | augmente (nouvelle couche) |
| Potentiel d'ionisation | augmente | diminue |
| Électronégativité \(\chi\) | augmente | diminue |
Anomalies du PI (Be→B, N→O) : dues au surcroît de stabilité des sous-couches pleines/demi-pleines. Cations plus petits que l'atome (\(Z^*\uparrow\)), anions plus gros.
1.8 Liaison chimique — Lewis & VSEPR
| \(n+m\) | Géométrie électronique | Exemples de forme |
|---|---|---|
| 2 | linéaire | AX₂ linéaire (CO₂) |
| 3 | trigonale plane | AX₃ plan, AX₂E coudée |
| 4 | tétraédrique | AX₄ Td, AX₃E pyramide, AX₂E₂ coudée |
| 5 | bipyramide trigonale | AX₂E₃ linéaire (I₃⁻) |
| 6 | octaédrique | AX₆, AX₅E… |
1.9 Mésomérie et polarité
1.10 Orbitales moléculaires
1.11 Forces intermoléculaires
- London (dispersion) : entre dipôles instantanés, d'autant plus fortes que l'atome/molécule est gros (polarisable) ou nombreux en atomes.
- Keesom : entre dipôles permanents (molécules polaires).
- Liaison hydrogène (\(\approx60\) kJ/mol) : H lié à N, O ou F, attiré par un doublet d'un autre N/O/F. Bien plus faible que la liaison covalente (\(\approx1500\) kJ/mol).
- Ion-dipôle / ionique : les plus fortes.
1.12 Proticité des solvants
2. Exercices d'entraînement (créés) avec corrections
Trois exercices originaux : transition de l'hydrogène, configuration & \(Z^*\), et polarité d'une molécule.
Calculer la longueur d'onde émise lors de la transition \(n=3\to n=2\) de l'atome d'hydrogène (\(R_y=13{,}6\) eV).
\(\Delta E=R_y\big(\frac{1}{9}-\frac{1}{4}\big)=13{,}6\times(-0{,}139)=-1{,}89\) eV (émission).
\(|\Delta E|=1{,}89\times1{,}6\cdot10^{-19}=3{,}02\cdot10^{-19}\) J, \(\lambda=\frac{hc}{|\Delta E|}=\frac{6{,}62\cdot10^{-34}\times3\cdot10^{8}}{3{,}02\cdot10^{-19}}=6{,}6\cdot10^{-7}\) m.
Soufre (\(Z=16\)). Donner sa configuration et le \(Z^*\) d'un électron de valence (3p).
Config (Klechkowski) : \(1s^2\,2s^2\,2p^6\,3s^2\,3p^4\). Groupes de Slater : [1s²][2s²2p⁶][3s²3p⁴].
Écran sur un 3p : \(5\times0{,}35\) (autres électrons du groupe 3) \(+8\times0{,}85\) (couche 2) \(+2\times1{,}00\) (couche 1) \(=1{,}75+6{,}8+2=10{,}55\).
Déterminer la géométrie VSEPR de l'ammoniac et dire si la molécule est polaire.
N (5 e⁻ de valence) forme 3 liaisons N–H + 1 doublet non liant : type \(\text{AX}_3\text E\).
Géométrie : pyramide à base triangulaire (les 4 doublets pointent vers un tétraèdre, un sommet occupé par le doublet libre).
3a. Correction TD — Atomes (24 exercices)
TD atomistique « atomes » (VG, exos JFLM). Chaque question traitée.
Ex 1 — Relation \(E=h\nu\)
\([h]=M L^2 T^{-1}\) (J·s). À 400 nm : \(E=\frac{hc}{\lambda}=5{,}0\cdot10^{-19}\) J. À 800 nm (\(\lambda\) ×2) : \(E\) ÷2 \(=2{,}5\cdot10^{-19}\) J. \(E\propto\nu\propto1/\lambda\). En nombre d'onde \(E=hc\sigma\).
Ex 2 — Électronvolt
\(E=QU\Rightarrow1\) eV \(=1{,}6\cdot10^{-19}\) J. Photon 400 nm : \(5{,}0\cdot10^{-19}/1{,}6\cdot10^{-19}=3{,}1\) eV. Fondamental de H : \(-13{,}6\) eV. \(1\) Ry en nombre d'onde : \(\sigma=\frac{E}{hc}\approx1{,}1\cdot10^{7}\) m⁻¹ \(=1{,}1\cdot10^{5}\) cm⁻¹.
Ex 3 — Grandeurs molaires
1 mol de photons 400 nm : \(E_m=N_AE\approx300\) kJ/mol, comparable à la combustion de CH₄ (−891 kJ/mol) : quelques photons UV ≈ une liaison. \(Q_m=N_Ae=96500\) C/mol = le Faraday. Charger 47 nF avec 1 mol d'e⁻ demanderait \(U=Q/C\approx2\cdot10^{12}\) V : irréaliste (d'où la quasi-neutralité de la matière).
Électron à \(c/10\) : \(\lambda=\frac{h}{mv}=\frac{6{,}62\cdot10^{-34}}{9{,}1\cdot10^{-31}\times3\cdot10^{7}} =2{,}4\cdot10^{-11}\) m (rayons X). Voiture 1 t à 36 km/h (10 m/s) : \(\lambda=6{,}6\cdot10^{-38}\) m (indétectable).
Incertitude sur \(v\) de l'électron (\(\Delta x=10^{-10}\)) : \(\Delta v>\frac{h}{4\pi m\Delta x}=5{,}8\cdot10^{5}\) m/s (énorme). Incertitude sur \(x\) de la voiture (\(\Delta v=0{,}5\)) : \(\Delta x>10^{-37}\) m (négligeable). D'où : la mécanique newtonienne suffit à l'échelle macroscopique.
Ex 5 — CP
Métaux : Na, Ti, Cr ; non-métal : P. Sous C = Si. À droite de K = Ca. Colonne 2 = alcalino-terreux, colonne 1 = alcalins, 17 = halogènes, 18 = gaz nobles. Na est dans le bloc s (blocs s, p, d, f).
Ex 6 — Atome (échelle, QCM)
Noyau (10⁻¹⁵ m) = ballon 20 cm ⇒ atome (10⁻¹⁰ m) ≈ 20 km : le noyau est minuscule. QCM : (1) faux (le noyau ne contient pas d'électrons) ; (2) vrai (seul H n'a pas de neutron) ; (3) faux (tous ont ≥ 1 proton) ; (4) faux (H n'a pas de neutron).
Ex 7 — Valeurs possibles
\(n=3\Rightarrow l=0,1,2\). \(l=2\Rightarrow m=-2,-1,0,1,2\). \(n=1\) : 1 triplet ; \(n=2\) : 4 ; \(n=3\) : 9 (\(=n^2\)).
Ex 8 — Orbitales
2s : \(n=2,l=0\) ; 3p : \(n=3,l=1\) ; 1s : \(n=1,l=0\). Réciproquement \(n=4,l=2\to\) 4d.
Ex 9 — Énergie des niveaux
\(E=-13{,}6/n^2\) : \(n=3\to-1{,}51\), \(n=2\to-3{,}4\), \(n=1\to-13{,}6\), \(n=\infty\to0\) eV. 3p = niveau \(n=3\) (−1,51), 2s = \(n=2\) (−3,4). « 1d » n'existe pas (pour \(n=1\), \(l=0\) obligatoirement).
Ex 10 — Transition \(n=2\to n=1\)
\(\Delta E=13{,}6(\frac14-1)=-10{,}2\) eV (émission) \(=-1{,}63\cdot10^{-18}\) J, \(\lambda=\frac{hc}{|\Delta E|}=122\) nm (UV, Lyman).
Ex 11 — Formule de Balmer
Niveaux de plus en plus serrés (\(\Delta E(n)\propto\frac{2n+1}{n^2(n+1)^2}\) décroît). Visible 400–800 nm = 25 000–12 500 cm⁻¹. Transition \(n=5\to1\) : \(\Delta E=13{,}6\times\frac{24}{25}\approx13{,}05\) eV (émission) ; \(1\to5\) : même énergie mais absorbée.
Ex 12 — Tableur
Formule \(\frac{1}{\lambda}=R_H\big(\frac{1}{n_1^2}-\frac{1}{n_2^2}\big)\) ; valeurs négatives = émission (désexcitation).
Ex 13 — Nombres quantiques et CP
\(l=2\) possible à partir de \(n=3\), soit à partir de Na (mais bloc d à partir de la 4ᵉ ligne). 2ᵉ ligne : \(n=2\), \(l=0,1\).
Ex 14 — Configurations
C : \(1s^2\,2s^2\,2p^2\) ; O : \(2p^4\) ; halogènes : \(ns^2\,np^5\) ; bloc s : \(ns^1\) ou \(ns^2\). Ti : [Ar]4s²3d² ; Cr : [Ar]4s¹3d⁵ (d⁵ stable). F⁻ = [Ne], Cl⁻ = [Ar], Br⁻ = [Kr]. Fe²⁺ : [Ar]3d⁶ ; Fe³⁺ : [Ar]3d⁵ (on retire les 4s en premier pour les ions).
Ex 15 — Cases quantiques (N, règle de Hund)
Config la plus stable = 3 électrons 2p célibataires à spins parallèles (Hund) : \(S=3/2\), multiplicité 4. Les configurations appariées ont \(S=1/2\), multiplicité 2 (moins stables : répulsion électronique).
Ordre de grandeur ≈ 100 pm. \(R_{Cl}=L_{Cl-Cl}/2=199/2\approx100\) pm. \(R_C=L_{C-Cl}-R_{Cl}=176-100=76\) pm.
Fer (\(\rho=7{,}87\) g/cm³, M=55,8) : \(8{,}49\cdot10^{22}\) atomes/cm³, volume par atome \(1{,}18\cdot10^{7}\) pm³, rayon ≈ demi-racine cubique ≈ 114 pm (exp. 125 pm ; la liaison métallique diffère de la covalente).
Ex 17 — Aluminium (\(Z=13\), [1s²][2s²2p⁶][3s²3p¹])
1s : \(Z^*=13-0{,}3=12{,}7\). 2s/2p : \(13-2\times0{,}85-7\times0{,}35=8{,}85\). 3s/3p : \(13-2-8\times0{,}85-2\times0{,}35=3{,}5\).
Ex 18–19 — Évolution de \(Z^*\)
Dans une ligne (2ᵉ période) : \(Z^*=Z-2\times0{,}85-(Z-3)\times0{,}35\) croît de Li (1,3) à Ne (5,83) → l'OA 2p est de plus en plus stable (basse énergie). Dans une colonne (halogènes) : \(Z^*\) croît de F (5,2) à Cl (6,1) puis Br (7,6)…
Ex 20 — Divers
O : électron 2p, \(Z^*=8-3{,}45=4{,}55\). Cl (6,1) vs Cl⁻ (5,75) : \(Z^*\) plus faible pour Cl⁻ ⇒ Cl⁻ plus gros. Mg (4,85) vs Mg²⁺ (7,85) : \(Z^*\) plus grand pour Mg²⁺ ⇒ Mg²⁺ plus petit. Li (1,3) vs F (5,2) ⇒ F plus petit que Li.
Ex 21 — Densité électronique
Densité \(=\frac{\text{charge}}{\frac43\pi R^3}\). Li (R=134 pm, 3 e⁻) vs F (R=68 pm, 9 e⁻) : F est beaucoup plus dense (plus d'électrons dans un volume ≈ 8× plus petit).
Ex 22 — Potentiel d'ionisation
PI(H) \(=R_y=13{,}6\) eV (\(E(\infty)-E(1)\)). Dans une ligne, PI croît (\(Z^*\uparrow\)). Anomalies : Mg→Al et N→O (une sous-couche pleine/demi-pleine stabilise l'atome ou son cation). Les gaz nobles ont le PI le plus grand (cations rares), les alcalins le plus petit (cations faciles).
Ex 23 — Électronégativité
\(\chi\) croît vers la droite et vers le haut. H placé au-dessus de C (selon \(\chi\), pas sa structure). \(\chi(B)>\chi(Al)\), \(\chi(Si)>\chi(Al)\), \(\chi(Br)>\chi(K)\), \(\chi(F)>\chi(Br)\). C–Br se rompt en C⁺/Br⁻ (\(\chi_{Br}>\chi_C\)) ; C–Mg en C⁻/Mg⁺ (réactif de Grignard). Liaison C=O polarisée \(\text C^+\text O^-\). Pour H–X : H⁺–X⁻ pour C, N, O, F ; H⁻–X⁺ pour Li, Be, B.
Ex 24 — Périodicité (ions, oxydes, hydrures)
Ions (config du gaz noble le plus proche) : F⁻, Sc³⁺, Ba²⁺, S²⁻. Oxydes : BaO, Sc₂O₃, P₂O₅. Hydrures : BeH₂, BH₃, AlH₃ (H à l'état −I, soit H⁻).
3b. Correction TD — Molécules (24 exercices)
Théorie de Lewis, VSEPR, mésomérie, polarité, orbitales moléculaires.
Ex 1 — Électrons liants / non liants
Total = somme des électrons de valence. Ex. CH₄ : 8 liants, 0 non liant ; H₂O₂ : 6 liants, 8 non liants (14) ; NO₃⁻ : 8 liants, 16 non liants (24) ; HCO₃⁻ : 10 liants, 14 non liants (24).
Ex 2 — Électrons « en propre » et charge formelle
En propre = (doublets liants ×1) + (doublets non liants ×2). Charge formelle = (e⁻ de valence de l'atome libre) − (en propre). Ex : C dans CH₄ : 0 ; Cl⁻ : \(8-7=+1\)… en excès ⇒ charge \(-1\) ; O dans H₃O⁺ : \(5-6=-1\)… manque ⇒ charge \(+1\).
Ex 3 — Soufre
Nombre d'e⁻ autour de S : 8 (H₂S), 10 (SO₂), 12 (SO₃ et H₂SO₄). Seul H₂S respecte l'octet ; les autres sont hypervalents (une double liaison = 4 e⁻).
Ex 4 — Hydrures
H⁻ : \(1s^2\) (duet). Parmi LiH, BH₃, CH₄, NH₃, H₂O, HF : Li n'a que 2 e⁻, B en a 6 (hypovalent) ; C, N, O, F respectent l'octet.
Ex 5 — Phosphore
PH₃ (analogue de NH₃) : P avec un doublet non liant, octet respecté. H₃PO₄, H₂PO₄⁻, PO₄³⁻ : P entouré de 10 e⁻ ⇒ hypervalent.
Ex 6 — Molécules en C₁
Td (tétraédrique) : CH₃Cl, CHFClBr, SiH₃Cl, GeHFClBr, SiOCl₂. TP (trigonal plan) : CH₂S, COCl₂, SnH₂S. Lin (linéaire) : HCN, CS₂.
Ex 7 — Molécules en C₂ (chaque C localement central)
C₂H₆ (Td), C₂H₄ (TP), C₂H₂ (Lin). Isomères de C₂H₆O : éthanol CH₃CH₂OH et éther CH₃–O–CH₃. C₂H₄O₂ : acide éthanoïque CH₃COOH, etc.
Ex 8 — Halogènes/N/peroxo/soufre centraux
Ex : ClO₄⁻ tétraédrique, ClF₃ (AX₃E₂) en T, BrF₅ (AX₅E) pyramide carrée, SF₆ octaédrique, SF₄ (AX₄E) bascule, O₃ coudée, H₂O₂ liaison peroxyde O–O. NO / NO₂ : électron célibataire (nombre d'e⁻ impair).
Ex 9 — Formes mésomères
On ramène les 2 électrons d'une double liaison vers l'atome le plus électronégatif (O, N) : la double liaison devient simple, O prend une charge \(-\), C une charge \(+\). Ex. CO₂, COCl₂, CH₃COOH, H₂CO₃, acétone, H₂SO₄, H₃PO₄. Aucun atome ne bouge, seuls les électrons sont délocalisés.
Ex 10 — Longueurs
Cl–Cl \(=2R_{Cl}=200\) pm (pas le rayon de l'ion). Liaison plus courte si multiple : O–O (148 pm) > O=O (121 pm). Benzène : formes de résonance ⇒ liaisons intermédiaires (140 pm entre 154 et 134).
Ex 11 — HCl (\(\mu=1{,}05\) D)
Cl plus électronégatif. \(q=\frac{\mu}{d}=\frac{1{,}05\times3{,}33\cdot10^{-30}}{127{,}4\cdot10^{-12}}=2{,}74\cdot10^{-20}\) C, \(\delta=q/e=0{,}17\) : \(\text H^{+0{,}17}\text{–Cl}^{-0{,}17}\).
Ex 12 — BF₃ (\(\delta_B=+2{,}58\))
Trigonal plan, B hypovalent (6 e⁻). \(\delta_F=-2{,}58/3=-0{,}86\). \(\mu_{B-F}=qd=(0{,}86e)\times131{,}3\) pm \(=5{,}43\) D. Molécule apolaire (symétrie).
Ex 13 — Formule empirique (CO₂)
\(\delta_A=n_{V_A}-\big(n_{NL_A}+n_{L_A}\frac{\chi_A}{\chi_A+\chi_B}\big)\). O : \(\delta_O=6-(4+4\times\frac{3{,}44}{5{,}99})=-0{,}30\), donc C : \(+0{,}60\). \(\mu_{C=O}=0{,}30e\times143\) pm \(=2{,}06\) D. CO₂ apolaire (linéaire).
Ex 14 — Polarité (bilan)
H₂O polaire ; CO₂, BF₃, CCl₄ apolaires (moments compensés) ; CHCl₃ polaire. H₂O (\(\mu=1{,}85\) D, angle 104,45°) : loi des cosinus \(\mu_{OH}^2=\frac{\mu^2}{2-2\cos75{,}6°}\Rightarrow\mu_{OH}=1{,}51\) D, d'où \(\delta_H=0{,}33\).
Ex 15 — Bases conjuguées (retirer H⁺)
HNO₃ → NO₃⁻ ; HClO → ClO⁻ ; H₂S → HS⁻ puis S²⁻ ; HClO₄ → ClO₄⁻ ; HCl → Cl⁻. Le H part en laissant son électron ⇒ apparition d'une charge \(-\).
Ex 16 — Acides conjugués (ajouter H⁺ sur un doublet non liant)
NH₃ → NH₄⁺ ; H₂O → H₃O⁺ (O garde un doublet non liant malgré la charge +) ; F⁻ → HF.
Ex 17 — Dibore B₂ (10 e⁻)
Diagramme incomplet : il manque l'OM antiliante \(\sigma_{2s}^*\). B₂ a 2 électrons célibataires (les 2 plus hauts) ⇒ \(S=1\), multiplicité 3. Somme des énergies : atome B = −16,69 Eh, molécule B₂ = −33,67 Eh, à comparer à 2 atomes (−33,38 Eh) : B₂ plus stable de \(\Delta E=-0{,}29\) Eh. Le recouvrement des OA 1s n'apporte que \(-0{,}033\) Eh : la liaison vient surtout des OA de valence.
Ex 18 — Dioxygène O₂ (config 1s²2s²2p⁴)
2 électrons célibataires dans les \(\pi^*\) ⇒ \(S=1\), multiplicité 3 (paramagnétique !). Stabilisation \(\Delta E=-0{,}82\) Eh ≈ 2× celle de B₂ (double liaison O=O).
Ex 19 — Difluor F₂ (config 2p⁵)
3 OM liantes et 2 antiliantes occupées ⇒ indice de liaison \(i=1\) (une liaison, conforme à Lewis). \(\Delta E=-0{,}35\) Eh, proche de B₂ (simple liaison).
Ex 20 — Diazote N₂
10 e⁻ de valence. Indice de liaison \(i=\frac12(8-2)=3\) (triple liaison). \(\Delta E=-1{,}05\) Eh ≈ 3× celle de F₂.
Ex 21 — HF
H (1s¹) + F (1s²2s²2p⁵). Indice de liaison \(i=\frac12(2-0)=1\) (une liaison H–F, 3 doublets non liants sur F correspondant aux OM à l'énergie des OA). \(S=0\).
Ex 22–23 — Électrons de valence
Colonne H₂ « incomplète » car H n'a qu'un électron (niveau \(n=1\)). Électrons de valence : lignes 2s/2p (OA) et OM correspondantes ; grand saut d'énergie avec le cœur (1s).
Ex 24 — Diagrammes du web (N₂, O₂)
Limités aux OM de valence. Le diagramme « standard » de N₂ inverse \(3\sigma_g\) et \(1\pi_u\) par rapport au calcul simplifié du tableau (les deux conventions existent). N₂ stable : énergie des e⁻ de la molécule (−8,23 Eh) < celle des 2 atomes (−7,19 Eh).
3c. Correction TD — Solvants (15 exercices)
Forces intermoléculaires et proticité des solvants.
Ex 1 — Chauffage de l'eau
On rompt les liaisons intermoléculaires (liaisons H, ≈ 60 kJ/mol), pas les liaisons covalentes O–H (≈ 1500 kJ/mol) : l'eau reste H₂O à l'état vapeur.
Ex 2 — Éthane vs méthanol
Masses comparables mais \(T_{eb}\) très différentes : l'éthane n'a que des forces de London/Keesom, le méthanol a des liaisons hydrogène (O–H), plus fortes ⇒ \(T_{eb}\) plus élevée (+65 °C vs −89 °C).
Ex 3 — Dichloroéthylène (Z/E)
Isomère Z (cis) : moments C–Cl ne se compensent pas ⇒ polaire (Keesom) ; E (trans) : compensés ⇒ apolaire (London seul). Donc Z bout plus haut (60 °C) que E (48 °C).
Ex 4–6 — Fusion / ébullition / gaz nobles
Ionique > liaison H > London. Plus une molécule a d'atomes, plus les forces de London sont fortes (\(T_{eb}\uparrow\)). Gaz nobles : plus d'électrons ⇒ plus polarisable ⇒ London plus fortes ⇒ changement d'état à plus haute température.
Ex 7 — Acide but-2-ène-dioïque (Z/E)
Seul Z (cis) fait des liaisons H intramoléculaires ; donc E fait plus de liaisons H intermoléculaires ⇒ \(T_{fus}(E)=287\) °C ≫ \(T_{fus}(Z)=131\) °C.
Ex 8 — Nitrophénols
L'isomère 1,2 (ortho) fait des liaisons H intramoléculaires ⇒ moins de liaisons H avec l'eau ⇒ solubilité plus faible que 1,3 et 1,4.
Ex 9 — Diiode / triiodure
I₃⁻ (AX₂E₃) : linéaire (doublets en équatorial). I₂ apolaire (peu soluble dans l'eau) ; I₃⁻ ionique (liaisons ion-dipôle avec l'eau) ⇒ soluble. Pour dissoudre I₂ seul : solvant apolaire (organique).
Ex 10 — Liaison H en IR
Bande O–H plus grande à forte concentration (Beer-Lambert). En dilué : pas de liaison H, vibration O–H « libre » ; en concentré : liaisons H R–O–H⋯O affaiblissent la liaison covalente ⇒ énergie (nombre d'onde) plus basse et bande plus large (distribution de forces de liaison H).
Ex 11 — Polarisabilité
Sous champ, le nuage électronique se déplace ⇒ \(\vec\mu=\alpha\vec E\), unité de \(\alpha\) : C·m²·V⁻¹. Plus l'atome est gros, plus il est polarisable. La polarisabilité augmente en descendant une colonne et diminue vers la droite d'une ligne.
Ex 12 — Autoprotolyse
CH₂Cl₂ : seul H porté par C ⇒ aprotique. Méthanol : un H sur O ⇒ protique, \(2\,\text{CH}_3\text{OH}=\text{CH}_3\text{OH}_2^++\text{CH}_3\text O^-\). Avec un acide : \(\text{AH}+\text{CH}_3\text{OH}=\text A^-+\text{CH}_3\text{OH}_2^+\).
Ex 13 — Acide éthanoïque solvant
Polaire et protique. Le caractère fort/faible dépend du solvant : dans l'eau HCl est fort (couple H₃O⁺/H₂O), NH₃ base faible ⇒ \(\text H_3\text O^++\text{NH}_3\to\text H_2\text O+\text{NH}_4^+\). Dans l'acide éthanoïque, HCl devient faible (couple HCl/Cl⁻) et NH₃ base forte : \(\text{HCl}+\text{CH}_3\text{COO}^-\to\text{Cl}^-+\text{CH}_3\text{COOH}\). HClO₄ (fort dans ce solvant) + acétate : \(\text{CH}_3\text{COOH}_2^++\text{CH}_3\text{COO}^-\to2\,\text{CH}_3\text{COOH}\).
Ex 14 — Ammoniac solvant
Protique (H sur N, doublet non liant capteur). \(2\,\text{NH}_3=\text{NH}_4^++\text{NH}_2^-\) : prolongement d'une liaison hydrogène (le H pointillé devient covalent en s'arrachant à l'autre molécule).
Ex 15 — Proticité et polarité
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